L'opération belge d'évacuation va prendre son envol vendredi, voici comment elle va se dérouler
Sauf contretemps, "Red Kite" (cerf-volant rouge), la mission belge d'évacuation aérienne d'Afghanistan, prendra son envol vendredi.
- Publié le 19-08-2021 à 21h13
- Mis à jour le 20-08-2021 à 14h44

La cellule de crise des Affaires étrangères est en place dans la capitale, Kaboul, tombée la semaine dernière aux mains des talibans. Les deux appareils de transport militaire C-130, arrivés mercredi à Islamabad, devraient effectuer aujourd'hui leurs premières rotations entre la capitale pakistanaise et l'aéroport Hamid Karzaï, à Kaboul. La Défense a demandé quatre slots aux forces américaines, qui contrôlent l'aéroport, pour que chacun des deux appareils puisse effectuer deux allers-retours - le feu vert américain reste à confirmer. La capacité de transport de chaque C-130 étant d'une grosse soixantaine de personnes, l'opération belge s'étendra sur plusieurs jours.
Le nombre de personnes à évacuer est actuellement de 580 - 110 de plus que celui annoncé lundi par la cheffe de la diplomatie belge, Sophie Wilmès - selon la liste établie par les Affaires étrangères. Parmi ces personnes, 344 possèdent un passeport belge. La liste comprend également 222 Afghans qui ont un lien familial (partenaires ou enfants) avec un ressortissant belge ou qui ont travaillé pour la Belgique - ils ont été sélectionnés par l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) qui a vérifié leurs profils et liens avec la Belgique. Les quatorze personnes restantes sont des Néerlandais ou des Luxembourgeois qui ont de la famille belge.
Il est demandé aux personnes en attente d'évacuation de ne prendre qu'un bagage léger et de disposer de nourriture pour dix-huit heures. Elles seront transférées de Kaboul à Islamabad, où attend un A400M de la Défense, qui prendra la direction de la Belgique quand il pourra embarquer une centaine de personnes.
Il n'est pas certain que l'A400M pourra revenir rapidement au Pakistan, aussi est-il question d'affréter des avions de ligne vers Islamabad pour poursuivre les rapatriements.
Un nombre de passagers incertain
Le nombre de personnes qui seront en mesure de monter à bord des C-130 belges lors des rotations de ce vendredi est toujours très incertain. "L'ambition est de ne pas repartir de Kaboul avec des avions vides", affirme une source militaire. Reste que "la situation reste très difficile. Les informations nous arrivent au compte-gouttes et parfois de manière contradictoire", précise une autre source belge.
Si les Américains contrôlent ce qui se passe dans le périmètre de l'aéroport, ce sont désormais les talibans qui en régissent l'accès. Celui-ci pourrait se révéler compliqué pour celles et ceux qui veulent quitter le pays mais ne disposent pas de documents émis par un pays occidental. Il n'est cependant pas question que la Défense déploie des militaires belges sur le terrain pour aider les personnes attendues à rejoindre l'aéroport, avertit une source militaire. Le ministère belge des Affaires étrangères appelle les personnes destinées à embarquer à ne pas se rendre à l'aéroport avant d'avoir reçu le message les invitant à s'y rendre.
Il est également possible que Red Kite embarque des ressortissants d'autres pays membres de l'Union européenne ou de l'Otan, ainsi que l'on fait les Pays-Bas et la France avec des Belges.
Des réfugiés oui, mais combien ?
La Belgique s'est par ailleurs engagée à accueillir un nombre encore indéfini d'Afghans que le retour au pouvoir des talibans met en danger, dont des personnes ayant collaboré avec les pays occidentaux ou actives dans la défense des droits des femmes. Le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Madhi (CD&V), a confirmé que la Belgique participera à la répartition des Afghans ayant travaillé avec la mission diplomatique de l'Union européenne en Afghanistan, qui ont été évacués vers l'Espagne. La Belgique en prendra 42, ainsi qu'une famille de huit personnes. Les autres ressortissants afghans devront suivre la procédure de demande d'asile, sauf ceux qui ont collaboré avec l'armée, pris en charge par la Défense.
