Le nouveau Grand-Duc de Luxembourg, Guillaume, prête serment ce vendredi
Ce 3 octobre 2025, le Luxembourg change de chef d'État. Après 25 ans de règne, le grand-duc Henri va abdiquer en faveur de son fils aîné, le prince héritier Guillaume. Au Grand-Duché, l'abdication est une tradition, le rôle du monarque très protocolaire.

- Publié le 03-10-2025 à 07h36
- Mis à jour le 03-10-2025 à 14h17

C'est une journée historique que les Luxembourgeois s'apprêtent à vivre ce vendredi 3 octobre 2025 : leur Grand-Duc, Henri, âgé de 70 ans, va abdiquer en faveur de son fils aîné, le prince héritier Guillaume. Même si l'annonce de cette abdication est connue depuis la fête nationale luxembourgeoise (le 23 juin) de l'année 2024, cela demeure un moment singulier pour nos voisins du Grand-Duché. Contrairement à ce que nous connaissons en Belgique, l'abdication est une tradition au Luxembourg. Avant Henri, Jean et Charlotte avaient procédé de la même manière : cela participe à la stabilité de l'État.
Durant l'été 2024, Henri – dont La Libre a recueilli les états d'âme – avait dès lors fait savoir publiquement son souhait de passer le flambeau à son fils après 25 ans de règne. Ce dernier avait été officiellement nommé, en octobre 2024, "lieutenant-représentant", une première étape importante vers la succession. Ce vendredi, le nouveau grand-duc Guillaume prêtera serment devant la Chambre des représentants… quelques minutes après que son père, très apprécié de la population pour son dévouement, aura signé son abdication au palais grand-ducal.
Pour rappel, Henri était monté sur le trône en 2000, après l'abdication de son propre père, le grand-duc Jean, qui avait régné 36 ans. En coulisses, les mauvaises langues racontent qu'Henri souhaitait depuis un petit temps remettre son tablier mais que son épouse, la grande-duchesse Maria Térésa, aurait retardé l'échéance autant que possible… au point de lui demander, le jour même de l'annonce de son abdication, de retirer de son discours la phrase suivante : "Et puisque j'évoque ici la jeunesse, j'ai le plaisir de vous annoncer qu'au mois d'octobre, je désignerai le lieutenant représentant". Outre le couple grand-ducal, seuls le Premier ministre Luc Frieden ainsi que le prince héritier Guillaume et son épouse, la princesse Stéphanie, étaient au courant de l'annonce.
Un chef d'État qui ne sanctionne plus les lois
À 43 ans, l'aîné des cinq enfants d'Henri et de Maria-Térésa s'apprête donc à monter sur le trône. Et il est prêt, nous confirme-t-on à bonne source. Ce 3 octobre, il devient le chef de l'État et prend également la tête des forces armées luxembourgeoises. Mais qu'on se le dise, le rôle du Grand-Duc de Luxembourg est encore plus protocolaire que ne l'est celui du Roi des Belges. Et pour cause, le Grand-Duc intervient dans la formation du gouvernement après les élections, il promulgue les lois… mais ne les sanctionne plus ! Une révision constitutionnelle que l'on doit imputer à Henri lui-même qui, très attaché aux valeurs catholiques, avait préféré voir ses pouvoirs se restreindre plutôt que d'avoir à avaliser une loi légalisant l'euthanasie. L'affaire remonte à 2008 et avait fait grand bruit au Grand-Duché, ce petit pays qui aime tant la discrétion.

Elle rappelle également à bien des égards la décision du roi Baudouin, en Belgique, qui avait refusé en 1990 de signer la loi dépénalisant l'avortement, estimant ne pas vouloir agir contre sa conscience. Ce n'est donc peut-être pas un hasard : le grand-duc Henri, par ailleurs filleul d'Albert II, a toujours voué une admiration pour le roi Baudouin. Un point qu'il partage avec le roi Philippe de Belgique, lui aussi grand admirateur de son oncle. Henri et Philippe, cousins germains, se considèrent d'ailleurs tous les deux comme les héritiers spirituels de Baudouin.
Retour à la tradition : une épouse aristocrate
Ainsi, parmi les questions que suscite l'intronisation de Guillaume de Luxembourg, figure celle des relations que ce dernier entretiendra avec notre Roi. Pour tenter d'y répondre, il faut tenir compte du rôle que peuvent jouer dans ce cadre leurs épouses respectives. La future grande-duchesse est Stéphanie de Lannoy, une comtesse belge originaire de la région hennuyère (propriété familiale d'Anvaing). Son mariage, en 2012, avec le prince héritier de Luxembourg renoue d'une certaine manière avec la tradition puisque tous deux sont aristocrates.
Faut-il le rappeler, ce n'était pas le cas de la grande-duchesse Maria-Térésa, issue d'une famille bourgeoise cubaine, qu'Henri avait dû imposer non sans difficultés à son père et, surtout, à sa mère, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte (née princesse de Belgique, fille du roi Léopold III, sœur des rois Baudouin et Albert II). Il est de notoriété publique que la reine Mathilde et la grande-duchesse Maria Térésa ne se portent pas mutuellement dans leur cœur. Un nouveau chapitre s'ouvrira certainement entre la reine Mathilde et la grande-duchesse Stéphanie, a fortiori accoutumée aux codes du gotha.

Parmi les invités, le couple royal et la princesse Elisabeth de Belgique
Le nouveau couple grand ducal et ses deux jeunes fils, Charles et François, s'installeront non pas au château de Berg, comme le veut la tradition, mais bien dans une maison familiale qu'ils font actuellement construire dans le parc de Berg. Le grand-duc Henri et son épouse Maria Térésa regagneront pour leur part le château de Fischbach.
Trois jours de festivités sont prévus au Luxembourg à partir de ce vendredi. Ils se clôtureront dimanche avec le traditionnel Te Deum. Le roi Philippe, la reine Mathilde et la princesse Élisabeth feront le déplacement pour assister à la cérémonie officielle. La famille royale néerlandaise, de même que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, seront également présents. Le président français Emmanuel Macron et son épouse ainsi que le président de la République fédérale d'Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, participeront quant à eux au dîner de gala.