L'Union européenne doit apporter une "aide immédiate" aux ménages et aux entreprises selon Ursula von der Leyen
L'Union européenne doit apporter une "aide immédiate" aux ménages et aux entreprises confrontés à une hausse brutale des prix de l'énergie, a affirmé mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les eurodéputés à Strasbourg.

- Publié le 11-03-2026 à 15h44
- Mis à jour le 11-03-2026 à 16h18

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du gaz ont augmenté de 50% et ceux du pétrole, de 27%, a rappelé Mme Von der Leyen. "Si l'on convertit ces chiffres en euros, dix jours de guerre ont déjà coûté aux contribuables européens 3 milliards d'euros supplémentaires en importations de combustibles fossiles." Les prix des énergies renouvelables et du nucléaire sont restés stables, a-t-elle invoqué.
Pour la présidente de l'exécutif européen, l'UE doit examiner la manière de réduire la facture énergétique en prenant en compte chaque composante de la note: le prix de l'énergie lui-même (56% de la facture); les frais de réseau (18%); les taxes nationales (15%) et les coûts carbone (11%).
En ce qui concerne les taxes et les prélèvements, une compétence nationale, Mme Von der Leyen a relevé que certains États membres taxaient davantage l'électricité que le gaz. "Un État membre applique une taxe de 0% sur l'électricité vendue au détail, tandis que d'autres appliquent une taxe supérieure à 16%. Il y a donc matière à agir", a-t-elle signalé, alors que le débat sur les mesures à prendre retentit un peu partout en Europe.
Elle a une nouvelle fois ouvert la voie à une réforme du système d'échange de quotas de carbone (ETS), réclamé par plusieurs États membres. Sans ce système, l'UE consommerait aujourd'hui 100 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires, "ce qui nous rendrait plus vulnérables et plus dépendants", a-t-elle dit. "Nous avons besoin de l'ETS, mais nous devons le moderniser."
De nombreux députés ont ensuite pris la parole sur le sujet de l'énergie, dont des Belges. "Les problèmes auxquels notre industrie est confrontée s'aggravent en raison de la hausse des prix de l'énergie", a relevé Wouter Beke (CD&V), de la même famille politique qu'Ursula von der Leyen (PPE). "Nous devons donc agir avec détermination pour faire baisser ces prix et accroître la compétitivité de nos entreprises."
Hilde Vautmans (Anders, Renew) a appelé l'UE à être présente pour ses citoyens en faisant baisser la facture de gaz. Elle a rappelé que les entreprises et industries éprouvaient des difficultés en raison des prix de l'énergie déjà avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Johan Van Overtveldt (N-VA, ECR) est revenu sur le "mea culpa" exprimé la veille par la présidente de la Commission européenne au sujet du nucléaire. Réduire la part de cette source d'énergie était une "erreur stratégique", a-t-elle dit lors d'un événement à Paris. "Du temps précieux a été perdu, mais nous devons prendre notre politique énergétique en main. Le renouvelable ne suffira pas à nous rendre indépendants", a relevé M. Van Overtveldt, blâmant les parts de marché majoritaires de la Chine dans les panneaux solaires, les éoliennes ou les métaux rares. "Ne remplaçons pas une dépendance aux énergies fossiles par une autre dépendance."
La députée écologiste Terry Reintke (Allemagne) a pour sa part appelé à taxer les bénéfices exceptionnels engrangés par les sociétés pétrolières et gazières en raison de la soudaine hausse des prix, et à poursuivre les objectifs du Pacte Vert. "Sur le long terme, nous avons besoin d'un plan pour sortir des énergies fossiles. Si je me souviens bien, ce plan s'appelait le Pacte Vert, un plan pour décarboner l'économie et rendre l'Union européenne plus indépendante. Nous devons rester sur cette voie, plutôt que d'attaquer sans cesse le Green Deal."
Les chefs d'Etat et de gouvernement se réuniront en sommet le 19 mars pour discuter de la compétitivité de l'Union européenne, des moyens d'améliorer le fonctionnement du marché unique, ainsi que de la situation géopolitique au Moyen-Orient.