Le Kremlin multiplie les déclarations niant l'existence de l'Ukraine
De hauts fonctionnaires du Kremlin multiplient les déclarations pour décrédibiliser l'Ukraine en cas de négociations de paix sous l'égide de Donald Trump.

- Publié le 15-01-2025 à 11h05
- Mis à jour le 15-01-2025 à 11h41

Cinq jours : c'est le délai restant avant l'investiture officielle de Donald Trump en tant que 47e président des États-Unis, le lundi 20 janvier. Alors que ce dernier a clairement affiché sa volonté de mettre fin au conflit en Ukraine, sans en préciser les modalités, le conflit se durcit. Au-delà de reprendre – ou de conquérir – des territoires, les deux belligérants tentent le tout pour le tout afin de renforcer au maximum leurs positions avant le retour du Républicain à la Maison Blanche.
Dans cette optique, plusieurs personnalités officielles du Kremlin ont multiplié les déclarations, ces derniers jours, pour décrédibiliser l'Ukraine et sa place à la table des négociations. Sergueï Lavrov n'a pas hésité à évoquer un "pays qui s'appelle maintenant l'Ukraine" lors d'une conférence de presse tenue ce mardi. À travers cette formulation, le ministre russe des Affaires étrangères nie complètement l'existence d'une identité ukrainienne et donc, d'un État souverain et indépendant de la Russie.
Un conflit entre voisins
Le Kremlin persiste en effet à faire passer l'Ukraine comme une nation faisant partie intégrante de la Russie, tant sur le plan culturel et historique, pour justifier l'invasion – qu'il espère faire passer comme un conflit entre voisins. Dimitri Rogozine, sénateur dans l'oblast de Zaporijia (et ancien directeur de l'agence spatiale Roscosmos) a ainsi déclaré dans une interview que la Russie poursuivait la "dénazification" de l'Ukraine, à comprendre comme la "liquidation de ceux qui instillent un esprit russophobe misanthrope" dans la population. Heureusement qu'il précise…
"Le Kremlin reste déterminé à atteindre les objectifs initiaux de son invasion, peut-on lire dans le dernier rapport de l'Institute for the Study of War. À savoir la destruction de l'État ukrainien, la dissolution du gouvernement ukrainien actuel, la démilitarisation de l'Ukraine et l'interdiction permanente pour l'Ukraine d'adhérer à l'Otan à l'avenir."
Des négociations sans l'Ukraine
Donald Trump sera-t-il dupe ? Le futur président américain a promis de résoudre le conflit en Ukraine "en 24 heures", une fois entré en fonction. Et Kiev craint d'être contraint de faire des concessions majeures en échange de la paix.
Nikolaï Patrouchev, ancien secrétaire du Conseil russe de sécurité et actuel assistant présidentiel de Vladimir Poutine, a déclaré dans une interview que seuls la Russie et les États-Unis devraient entamer des négociations. Sous-entendu, en l'absence Volodymyr Zelensky. Il a ensuite affirmé que ce devrait également être "sans la participation d'autres pays occidentaux". Il a également précisé que céder le territoire occupé n'était "même pas une idée discutable". Le ton est donné.