Les principaux points de la "passerelle" de Doha

Bien que maigre sur le fond et médiocre sur la forme, le bilan du sommet de Doha n'est pas nul. Il permet notamment de clôturer une série de forums parallèles, ce qui simplifiera un peu un processus de négociation devenu une véritable usine à gaz.

Gilles Toussaint, envoyé spécial au Qatar (avec AFP)
Les principaux points de la "passerelle" de Doha
©AP

Bilan Bien que maigre sur le fond et médiocre sur la forme, le bilan du sommet de Doha n'est pas nul. Il permet notamment de clôturer une série de forums parallèles, ce qui simplifiera un peu un processus de négociation devenu une véritable usine à gaz.

- La poursuite du protocole de Kyoto. La seconde période d'engagement, après la première qui expire fin décembre 2012, s'étalera du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020. Elle concerne l'UE, la Croatie et l'Islande, et huit autres pays industrialisés dont l'Australie, la Norvège et la Suisse, soit 15 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Chacun de ces pays "réexaminera" ses objectifs chiffrés de réduction d'émissions "au plus tard en 2014". Selon le dernier rapport du Giec, pour avoir une chance de limiter le réchauffement global à 2°C d'ici à la fin de ce siècle, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de CO2 de 25 à 40 % à l'horizon 2020. On en est loin.

- L'aide financière au pays du Sud pour les aider à faire face aux changements climatiques. Le texte de Doha "presse" les pays développés à annoncer de nouvelles aides financières "quand les circonstances financières le permettront" - une mention qui fâche les pays en développement. Ils devront soumettre à la conférence sur le climat qui se tiendra à Varsovie en 2013 "les informations sur leurs stratégies pour mobiliser des fonds afin d'arriver à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020". Les pays du Sud souhaitaient obtenir un engagement de 60 milliards de dollars pour la période 2012-2015 ou au moins la définition d'une "trajectoire" impliquant des étapes à respecter. Ils reviennent du Qatar les poches presque vides.

- La réparation des "pertes et dommages". L'an prochain, des "arrangements institutionnels, comme un mécanisme international", seront décidés pour s'occuper de la question des "pertes et dommages" irréparables causés par le réchauffement dans les pays les plus vulnérables (perte de territoire due à l'érosion des côtes ; salinisation des nappes phréatiques liée à la montée des océans ). Ce point a été très disputé entre les pays du Sud et les Etats-Unis, qui craignent qu'un tel mécanisme ne mène un jour à des actions en justice et ne veulent pas débourser plus que ce qui a déjà été prévu dans les divers accords. Assez floue, la formulation trouvée permet d'envisager tant la mise sur pied d'un vrai système d'assurances que celle d'un simple groupe de travail

- Vers un accord global et ambitieux en 2015 ? L'accord de Doha réaffirme l'ambition d'adopter "un protocole, un autre instrument juridique ou un accord ayant force juridique" à la conférence de l'Onu prévue en 2015 pour une entrée en vigueur en 2020. Il rappelle l'objectif de parvenir à limiter la hausse de la température à +2°C. S'il voit le jour, ce nouvel accord concernera cette fois tous les pays avec des exigences différenciées : "vieilles" nations industrialisées, Etats-Unis, grands pays émergents et en transition, pays en développement. Une ébauche de texte devant servir de base pour les négociations doit être disponible "avant mai 2015" et l'accord de Doha "accueille favorablement" la proposition du secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon de réunir les "dirigeants mondiaux" en 2014 sur cette question.G.T. (avec AFP)

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