Greta Thunberg, ado suédoise et égérie de la lutte climatique, essuie la critique
Greta Thunberg participe ce jeudi à la marche des élèves et étudiants dans les rues de Bruxelles pour réclamer une politique climatique plus forte.
- Publié le 20-02-2019 à 18h42
- Mis à jour le 21-02-2019 à 12h20

Greta Thunberg participe ce jeudi à la marche des élèves et étudiants dans les rues de Bruxelles pour réclamer une politique climatique plus forte.
À 8 ans, une enfant suédoise est bouleversée par les images montrées par sa maîtresse d'ours polaires affamés sur une banquise qui fond en raison du réchauffement. Greta Thunberg est une écolière comme les autres ou presque, émue par les ravages du changement climatique et se passionne déjà pour ce sujet.
À 11 ans, elle connaît la dépression, ne mange plus et se replie sur elle-même. Atteinte du syndrome d'Asperger, une forme d'autisme sans déficience intellectuelle mais avec des difficultés de communication, elle considère "cette maladie comme un don", lui permettant de "se concentrer entièrement" sur sa passion : le climat, dévorant les livres sur le sujet.
En mai 2018, elle participe à un concours d'exercice de style sur l'environnement organisé par le quotidien Svenska Dagbladet, où elle arrive deuxième, suscitant l'intérêt notamment d'un activiste, Bo Thorén, de "Fossil Free Dalsland" qui lui demande de rejoindre son groupe de jeunes militants à la recherche de nouveaux projets pour attirer l'attention sur l'urgence climatique. "Il pensait à une sorte de grève dans les classes, inspirée par les lycéens de Parkland aux États-Unis qui avaient refusé de retourner à l'école après une fusillade qui a tué 18 de leurs camarades", raconte Greta.
Elle aime cette idée de grève et tente de convaincre les autres jeunes de la développer avec elle, en vain. Et n'y renonce pas, décidant ce l'entreprendre seule, à la rentrée le 20 août dernier, lors de l'été le plus chaud qu'ait connu la Suède.
Munie d'une pancarte "Skolstrejk För Klimatet" ("grève de l'école pour le climat"), elle sèche les cours et s'installe devant le Riksdag (le Parlement) à Stockholm, distribuant des tracts aux députés en les exhortant à respecter l'Accord de Paris sur la limitation de gaz à effet de serre.
Ses parents, Svante Thunberg, un ancien acteur, et sa mère, Malena Ernman, chanteuse d'opéra, n'approuvent pas cette école buissonnière. Et finissent de la persuader de mettre fin à son action après trois semaines de sit-in.
Coqueluche Elle décide néanmoins de continuer à faire grève tous les vendredis, appelant les autres jeunes de par le monde à suivre son exemple. Appel entendu dans plusieurs pays d'Europe et jusqu'en Australie. Un appel à la grève dénoncé par certains dirigeants au Royaume-Uni et en Australie, mais à qui la jeune activiste répond : "La Première ministre britannique dit que les élèves grévistes perdent des heures de cours. Mais les leaders politiques ont gaspillé 30 ans d'inaction".
Greta devient la coqueluche des médias qui s'attroupent autour de cette ado de 15 ans au regard un peu gêné, mais aux convictions fortes et à la parole maîtrisée, qu'elle porte avec des accents de colère comme en décembre à la conférence mondiale pour le climat (COP24) à Katowice, en Pologne.

Critiques haineuses Son engagement suscite cependant des critiques haineuses sur les réseaux sociaux. Les climato-sceptiques la considèrent comme une marionnette, une ado instrumentalisée par des forces politico-économiques. "Contrairement aux rumeurs, réplique-t-elle sur Facebook, personne n'est derrière moi, je ne suis pas payée, je ne suis pas utilisée et je ne fais partie d'aucune organisation." Elle reconnaît qu'elle "soutient et coopère parfois avec des ONG qui travaillent dans les domaines climatiques et de l'environnement" en revendiquant néanmoins sa "totale indépendance".
"Je ne représente que moi-même […] et j'écris mes propres discours. Mais je demande souvent des avis, de l'aide de quelques scientifiques pour exprimer certaines questions complexes afin de ne pas avancer des faits erronés ou mal compris", assure-elle.
Face aux réactions négatives mettant en doute la sincérité de l'engagement de sa fille, sa mère s'indigne. "Personne n'a planifié ni encouragé à faire ce qu'elle fait", écrit-elle sur Facebook, pensant que "beaucoup ne veulent pas que Greta fasse entendre sa voix".
"En Suède, certains ont plus peur de moi que de la menace du climat. Cela en dit long sur le peu de connaissance des gens de l'urgence climatique et c'est la responsabilité de tous de changer cela", renchérit Greta, déterminée plus que jamais à poursuivre sa croisade, gardant "l'espoir d'un changement".
