Icon payantArticle réservé aux abonnés

Les 4 grands défis de l'automne pour contenir l'épidémie, selon Marius Gilbert

"On s'attend à un gros orage." C'est ainsi que l'épidémiologiste Marius Gilbert a décrit les mois à venir, à l'Université libre de Bruxelles, jeudi, où les scientifiques de l'ULB ont dressé bilans et perspectives de la pandémie. Marius Gilbert y a pour sa part abordé "les défis de l'automne". Le scientifique qui oscille entre son laboratoire et les plateaux de télévision est l'Invité du samedi de Lalibre.be.

Quel est le défi majeur de cet automne ?

Je pense que le défi majeur va être de conserver une forme d'adhésion à un certain nombre de mesures de prévention dans la population. C'est le défi numéro un parce qu'il y a vraiment une fatigue très forte des mesures chez tout un chacun. Ce sont des mesures difficiles à tenir dans la longueur. En plus, c'est tout un contexte politico-scientifique qui a donné lieu à ces mesures. Parfois, il y a eu des erreurs de communication et trop peu est sans doute fait pour expliquer les fondements d'un certain nombre de mesures qui ne sont pas forcément parfaitement connus à l'échelle d'une population. Par exemple, sur la bulle de 5, c'est solide au niveau théorique (l'université d'Hasselt l'a calculé dans ses modèles) mais, forcément, personne n'a jamais testé ces scénarios à l'échelle d'une population. Et donc, quand on fait cette recommandation, il y a des inconnues : quelle adhésion, vise-t-on bien les cibles des contaminations… La perte d'adhésion peut être parfois couplée à des réelles difficultés sociales (manque d'espace vert, appartement surpeuplé, donc difficulté d'appliquer les mesures, NdlR), mais parfois elle fait suite à un discours de type antisystème chez des personnes éduquées à haut revenu ; un discours de défiance par rapport aux institutions, par rapport à la cacophonie de la gestion, la multiplicité des interlocuteurs… C'est vrai qu'il y a énormément d'interlocuteurs différents, différents groupes d'experts, que certains experts ont pris beaucoup de place dans l'expression publique du débat autour des questions sanitaires, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. […] L'été a été un avertissement. La recrudescence de juin-juillet, concernant essentiellement les populations jeunes, est liée à une diminution des gestes barrières. La bulle des 5, aussi critiquable qu'elle soit, a servi de rappel général, et l'ensemble des mesures prises ont permis de contenir cette reprise. Cela rediminue à peu près partout. L'ensemble des mesures a fonctionné et on repart avec une situation relativement saine.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...