Des Belges lancent un appel: "Nous sommes très nombreux à être jeunes, sportifs et terrassés par le coronavirus depuis 5 ou 6 mois"
L'association des patients belges souffrant encore aujourd'hui des symptômes du Covid-19 va interpeller le nouveau ministre fédéral de la santé, Frank Vandenbroucke, les ministres régionaux de la santé, le commissaire Corona ainsi que l'ensemble du milieu médical.

- Publié le 06-10-2020 à 13h50
- Mis à jour le 06-10-2020 à 15h13

Si leurs symptômes des patients atteints par un Covid longue durée commencent peu à peu à être connus, l'impact économique l'est beaucoup moins. Alors que l'OMS reconnaît l'existence de la Covid 19 longue durée et demande aux états d'en faire autant, la Belgique n'a toujours pas emboîté le pas.
Selon les recherches les plus récentes, 10% des personnes ayant été infectées par le Covid 19 développent ensuite une forme longue de la maladie. En Belgique, le seuil de 110.000 malades étant dépassé, cela signifierait qu'ils sont approximativement 11.000 personnes, à souffrir de séquelles à long terme, sans aucun soutien, aucune reconnaissance de la part de l'état. Pour rappel, les personnes post-Covid 19 longue durée sont les personnes infectées qui souffrent encore aujourd'hui de symptômes assez lourds (difficulté à respirer, fatigue extrême, etc), et ce après plusieurs mois, ce qui les empêche de vivre un retour à la normalité.
"Dans le groupe, des médecins nous soutiennent. Il est aujourd'hui primordial de faire bouger les lignes. Les frais s'accumulent, certains ont dû arrêter leur travail ou ne peuvent pas travailler à temps plein, les examens et les médicaments ne sont pas remboursés car nous ne sommes pas reconnus, c'est comme si le Covid n'existait plus après quelques mois. Aux yeux de l'INAMI, nous sommes invisibles" , rapporte Anne-Sophie Spiette, cheffe éducatrice à Stoumont, qui n'est toujours pas débarrassée des effets de la maladie six mois après avoir contracté le virus.
Selon les recherches les plus récentes, 10% des personnes ayant été infectées par la Covid 19 développent ensuite une forme longue de la maladie. En Belgique, le seuil de 110.000 malades étant dépassé, cela signifierait qu'ils sont approximativement 11.000 personnes, à souffrir de séquelles à long terme, sans aucun soutien, aucune reconnaissance de la part de l'état. Pour rappel, les personnes post-Covid 19 longue durée sont les personnes infectées qui souffrent encore aujourd'hui de symptômes assez lourds (difficulté à respirer, fatigue extrême, etc), et ce après plusieurs mois, ce qui les empêche de vivre un retour à la normalité. ont dû arrêter leur travail ou ne peuvent pas travailler à temps plein, les examens et les médicaments ne sont pas remboursés car nous ne sommes pas reconnus, c'est comme si le Covid n'existait plus après quelques mois. Aux yeux de l'INAMI, nous sommes invisibles" , rapporte Anne-Sophie Spiette, cheffe éducatrice à Stoumont, qui n'est toujours pas débarrassée des effets de la maladie six mois après avoir contracté le virus.
Invisibles aux yeux de l'INAMI
Les oubliés du Covid long en Belgique forment un groupe rassemblant des milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Le mouvement commence à se structurer pour se faire entendre et prendra bientôt la forme d'un association. Ils ont donc décidé d'interpeller le nouveau ministre et le milieu médical à travers une lettre ouverte.
"Nous demandons que les patients souffrant de Covid 19 longue durée soient entendus et reconnus. Actuellement, le gouvernement ignore l'existence de ces malades, ou passent cette situation sous silence. Ceci entraîne pour nous un manque de reconnaissance du milieu médical, et donc une prise en charge inexistante, voire inadéquate. Or, ce n'est pas parce qu'on connaît encore mal cette maladie, que sa forme longue n'existe pas. Tout comme un jour nous avons appris que la terre était ronde, les observations et les recherches actuelles doivent nous ouvrir les yeux sur l'existence de la forme longue du Covid 19" , peut-on lire.
"Nous avons besoin d'un suivi médical digne de ce nom"
Aujourd'hui, l'association de patients demande une reconnaissance de la part des politiques, et en particulier de la part du ministre de la santé, Frank Vandenbroucke. Mais également de la part des autres politiques concernés et du commissaire Corona, ainsi qu'une reconnaissance durant toute la durée de la maladie de la part des mutuelles et des organismes de reconnaissance des maladies professionnelles. Il s'agirait d'une reconnaissance des besoins spécifiques des patients souffrant de la Covid 19 longue durée qui tienne compte de l'ensemble des problématiques rencontrées, que ce soit sur le plan médical, social, administratif, financier, ou encore psychologique.
Pour Anne-Sophie Spiette, une reconnaissance de la part de tous les médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes, est également primordiale pour améliorer la prise en charge des patients.
"Nous existons, nous souffrons, et nous avons besoin d'un suivi médical digne de ce nom, et d'une reconnaissance de la part de l'Etat ! La plupart des malades ont entre 25 et 60 ans, certains sont plus jeunes encore. Il ne s'agit pas pour la majorité de personnes fragiles, présentant des pathologies chroniques avant la contamination. Au contraire, nous sommes très nombreux à être jeunes et en bonne santé, pour certains sportifs et très actifs, et actuellement terrassés par ce virus depuis 5 ou 6 mois", détaille celle qui est aussi responsable du groupe.