Dormir nu ? Prendre une douche froide ? Certains conseils face aux fortes chaleurs ne sont pas judicieux
Les bons conseils qui sont diffusés tant et plus dès que les journées avec températures élevées se multiplient, on les connaît. Ou du moins on devrait. Mais certains ne sont pas forcément judicieux. Le vrai du faux.

- Publié le 01-07-2025 à 09h46
- Mis à jour le 22-06-2026 à 13h52

Ne pas oublier de bien s'hydrater, et boire régulièrement de l'eau même en l'absence de sensation de soif ; privilégier l'eau aux boissons sucrées, alcoolisées ou contenant de la caféine, qui peuvent déshydrater ; éviter les plats lourds et gras qui demandent plus d'énergie pour la digestion ; consommer des aliments riches en eau et en sels minéraux comme les fruits et légumes ; éviter de sortir et a fortiori faire des efforts physiques intenses aux heures les plus chaudes de la journée, et donc privilégier si possible les endroits frais et climatisés ; porter de préférence des vêtements amples et de couleur claire, en matières naturelles comme le coton ou le lin ; se rafraîchir le corps (notamment les avant-bras) et le visage avec de l'eau fraîche ; se protéger la peau du soleil…
Ces bons conseils qui tournent en boucle ces jours-ci – comme à chaque période de fortes chaleurs -, devraient a priori être connus de tous.
Mais il est d'autres suggestions et recommandations qui circulent et qu'il n'est pas forcément toujours judicieux de suivre. Alors, quelles sont ces fausses bonnes idées ?
Et, avant tout, pourquoi l'organisme humain ne supporte-t-il pas les températures trop élevées ? Mais aussi pourquoi certaines personnes sont-elles moins accablées par la chaleur que d'autres ? Voici les réponses.
1. Les mécanismes de thermorégulation en cause
Pourquoi certaines personnes semblent supporter les grosses chaleurs relativement bien alors que d'autres sont totalement abattues, comme au bout de leur vie ? De façon générale, le corps humain maintient une température interne constante grâce à des mécanismes de thermorégulation. Pour libérer la chaleur, il utilise les moyens qui sont les siens : en l'occurrence la transpiration et la dilatation des vaisseaux sanguins (vasodilatation). Et, selon les individus, ces mécanismes s'avèrent plus ou moins efficaces. Par ailleurs, certains facteurs peuvent également intervenir, comme le vieillissement. Avec l'âge, en effet, la sensation de soif diminue et la capacité à transpirer peut être réduite, ce qui rend les personnes âgées plus vulnérables à la chaleur. Ensuite, certaines pathologies, notamment cardiaques ou respiratoires, peuvent altérer la thermorégulation, car elles nécessitent un effort augmenté du cœur pour maintenir la circulation sanguine.
Autre public qui supporte plus difficilement ces conditions climatiques extrêmes : les personnes en surpoids ou ayant une forte masse musculaire peuvent avoir plus de difficulté à réguler leur température, car la graisse agit comme un isolant retenant la chaleur et les muscles génèrent de la chaleur. D'autre part, un métabolisme plus rapide peut entraîner une production de chaleur plus importante, ce qui complique la régulation de la température corporelle.
L'adaptation joue également : ainsi, exposées régulièrement à des températures élevées, les personnes vivant dans des climats chauds sont a priori mieux adaptées. De même, les habitudes de vie ont une influence : les personnes pratiquant une activité physique régulière peuvent être mieux adaptées à la chaleur du fait de l'amélioration de la circulation sanguine et de la capacité à transpirer. Enfin, le patrimoine génétique peut aussi être un élément d'explication, selon que l'on a – ou non – hérité d'un bon système de thermorégulation.
2. Hydratation : boire beaucoup d'un coup, ou pas ?
Oui, il faut boire de l'eau, de la tisane ou une boisson aromatisée non sucrée, idéalement à température ambiante, en grandes quantités et régulièrement mais non, il ne faut surtout pas boire beaucoup en un coup, histoire de vouloir compenser sa transpiration. Pourquoi est-ce une fausse bonne idée ? Parce que, d'une part, cela peut entraîner des troubles digestifs et, d'autre part, une hyponatrémie, à savoir une baisse du sodium dans le sang. Il est préférable de boire régulièrement de petites quantités d'eau tout au long de la journée. Autre fausse bonne idée : consommer des boissons glacées. Non seulement elles peuvent provoquer des crampes d'estomac mais en plus elles obligent l'organisme à dépenser de l'énergie pour le réchauffer.
3. Alimentation : manger le moins possible, ou pas ?
Certes, manger lourd, gras, sucré ou trop salé, n'est pas le bon plan, mais en a-t-on envie par fortes chaleurs ? Pas sûr. Faut-il pour autant manger le moins possible ? Pas sûr non plus. Manger en trop petites quantités sous prétexte de ne pas surcharger le système digestif ne serait pas nécessairement une bonne idée dans la mesure où une alimentation insuffisante pourrait entraîner une perte de force et de vitalité. Et donc, on privilégiera des repas légers et équilibrés, riches en fruits et légumes, qui apportent des nutriments essentiels et de l'eau. On évitera le sucre qui augmente la sensation de soif et peut provoquer des pics glycémiques fatigants. Quant au sel, une transpiration importante fait perdre des minéraux. Et donc, supprimer totalement le sel est une fausse bonne idée car il reste nécessaire, surtout si on transpire beaucoup.
4. Hygiène : une bonne douche froide, ou pas ?
Si la tentation de prendre des douches froides fréquentes pour se rafraîchir est grande, ce ne serait pas forcément une bonne idée. Pourquoi ? Parce qu'une douche trop froide peut provoquer un choc thermique, augmentant la production de chaleur par le corps pour compenser le refroidissement, et donc la sensation de chaleur après un certain temps, ce qui n'était pas le but au départ. En outre, l'eau froide peut entraîner une vasoconstriction, réduisant ainsi l'évacuation de la chaleur. L'eau froide peut contracter les vaisseaux sanguins, ce qui augmente la pression artérielle avec pour effet de mettre davantage le cœur à contribution.
La bonne attitude à adopter : prendre des douches ni chaudes ni froides, mais bien tièdes ou fraîches, pour faire diminuer progressivement la température corporelle. Quant à la fréquence, inutile d'abuser des douches. Cela peut fragiliser la barrière cutanée et paradoxalement faire transpirer davantage ensuite. Sinon, utiliser un brumisateur d'eau fraîche pour se rafraîchir régulièrement n'est pas une mauvaise idée.
Utiliser plusieurs fois par jour un déodorant ou un antiperspirant est par contre une fausse bonne idée : un usage excessif peut boucher les pores et empêcher la régulation thermique naturelle. A priori, une application le matin doit suffire.
5. Sommeil : dormir tout nu, ou pas ?
Ici encore, l'envie de dormir complètement nu pour éviter la transpiration est sans doute légitime mais est-ce à faire pour autant ? A priori, non, mieux vaut se vêtir un tee-shirt léger en coton, en lin ou toute autre matière naturelle pour absorber la transpiration plutôt que mouiller ses draps et risquer de perturber son sommeil. La peau nue colle en effet aux draps et empêche l'évaporation. Quant à diriger un ventilateur directement sur soi, toute la nuit, c'est une fausse bonne idée dans la mesure où cela peut provoquer des contractures musculaires, des maux de gorge et une déshydratation. Pour faire circuler l'air, mieux vaut l'orienter vers le plafond. Sinon, à défaut de ventilateur, rafraîchir l'atmosphère de la chambre est la vraie bonne idée. Et donc, penser à aérer la maison aux heures fraîches, du petit matin ou de fin de soirée, et à bloquer le soleil par des rideaux ou des volets en journée.
6. Activité physique : bouger ou pas ?
Autant il n'est pas recommandé de pratiquer une activité physique intense aux heures chaudes de la journée, autant rester immobile pour éviter de transpirer ne serait pas nécessairement une bonne idée. Tout simplement parce que l'inactivité peut entraîner une stagnation de la chaleur corporelle. On conseille donc de continuer à bouger, calmement. Quels que soient les domaines, de manière générale, l'idée est d'éviter les chocs thermiques brutaux et de privilégier la progressivité dans tous les gestes de rafraîchissement.