Des chercheurs ont réussi à inverser les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Une découverte "spectaculaire" et "enthousiasmante"
À ce stade, l'étude a été menée sur des souris, mais les résultats prometteurs pourraient ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques pour les maladies neurodégénératives.

- Publié le 14-04-2026 à 18h43

Certes, il faut tempérer l'enthousiasme et ne pas crier victoire trop tôt au risque de créer de faux espoirs pour les nombreux patients atteints de la maladie d'Alzheimer et autres maladies neurodégénératives. Il n'empêche que la découverte, fruit d'une collaboration entre chercheurs espagnols et chinois, mérite que l'on y fasse écho même si, lors de sa publication il y a quelques mois, elle en était encore au stade préclinique.
Qualifié par certains de "spectaculaire", ce travail de recherche a en effet permis de développer des nanoparticules intelligentes qui, non seulement, ont permis de réduire une bonne partie des plaques amyloïdes responsables de la maladie, mais ont également restauré le système de défense naturel du cerveau.
Grâce à des nanoparticules qui ont le pouvoir de "nettoyer" les dépôts amyloïdes, les scientifiques seraient ainsi parvenus à inverser les symptômes d'Alzheimer chez les rongeurs soumis à l'étude, mais aussi à restaurer la mémoire défaillante, en réactivant une protéine clé (LRP1) chargée d'évacuer les déchets du cerveau.
Plus concrètement, l'étude, publiée fin 2025 dans Signal Transduction and Targeted Therapy, révèle que trois injections ont suffi pour éliminer jusqu'à 60 % des plaques amyloïdes en une heure chez des souris. "En six mois, les animaux souffrant de troubles sévères de la mémoire ont retrouvé un comportement normal, inversant des mois de déclin cognitif", selon l'étude.
Labyrinthes et piscines
Quant à savoir comment on teste la mémoire chez ces rongeurs en laboratoire, "Pour la souris, il s'agit habituellement soit de l'usage de labyrinthes que les souris Alzheimer n'apprennent absolument pas malgré leur usage et que les souris normales apprennent après quelques essais ou bien de la technique de la piscine, nous détaille le Pr Jean-Christophe Bier, neurologue à l'Hôpital Universitaire de Bruxelles (HUB) et coresponsable de la Clinique intégrée de la mémoire. Il s'agit d'un petit bassin rempli de liquide opaque avec une plateforme sur laquelle la souris peut se reposer. Les souris "normales" se souviennent du lieu de cette plateforme après un essai, alors que les malades ne s'en souviennent pas. La vitesse pour retrouver la plateforme reste donc stable chez les souris atteintes de la maladie, tandis qu'elle s'accélère chez les souris saines".
Ce qui rend cette découverte unique ? "C'est son approche ciblée sur la barrière hémato-encéphalique, qui protège le cerveau mais devient défaillante avec la maladie, peut-on lire sur le site des Actualités scientifiques/Futura sciences qui a relayé l'étude. Les nanoparticules ne se contentent pas de dissoudre les plaques ; elles réactivent une protéine clé (LRP1) responsable de l'évacuation des déchets, restaurant la capacité du cerveau à s'auto-nettoyer. Cette double action améliore le flux sanguin, réduit l'inflammation et aide le cerveau à réinitialiser ses processus de guérison".
Si l'on n'en est toujours qu'aux prémices, cette nouvelle piste qui consiste à "réparer les systèmes de nettoyage du corps plutôt que de traiter uniquement les symptômes" ouvre d'encourageantes perspectives. Comme nous l'a confirmé le Dr Bier, "toute nouvelle voie thérapeutique, en particulier avec de nouvelles technologies, est enthousiasmante. Dans le cas présent, l'usage de ces nouvelles techniques susceptibles de passer la barrière hématoméningée et d'atteindre le cerveau est intéressant et prometteur en général, mais pas spécifiquement et uniquement pour la maladie d'Alzheimer. Il faut aussi noter que la voie anti-plaque amyloïde choisie est déjà utilisée avec les anticorps anti-amyloïde qui ont été autorisés par la FDA et l'EMA avec un résultat bénéfique mais mitigé. À ce propos, la Belgique est en cours d'évaluation des conditions éventuelles de remboursement de ces nouveaux anticorps (donanemab)".