À l'Onu, le monde répond au discours climatosceptique de Trump : "Ce n'est pas un sujet de discussion"
La Chine a réaffirmé sa foi en la transition verte et présenté ses objectifs de réduction pour ses émissions de gaz à effet de serre.

- Publié le 25-09-2025 à 19h36
- Mis à jour le 27-09-2025 à 16h48

Le changement climatique n'est pas une "affaire d'opinion", car "la science est assez claire" en la matière, a déclaré mercredi le président français Emmanuel Macron à l'Onu. "Ce n'est pas un sujet de discussion, c'est une réalité que nous vivons. Que les gens viennent voir ce à quoi nous devons faire face", a renchéri Terrance Drew, Premier ministre des îles de Saint-Christophe-et-Niévès, dans les Caraïbes.
À New York, les nations ont ces dernières heures répondu – directement ou indirectement – au président américain Donald Trump, qui avait déclaré mardi à la tribune des Nations unies que le changement climatique était la "plus grande escroquerie jamais perpétrée au monde" et que les prédictions sur le sujet "étaient fausses" et faites par des "personnes stupides". Dans la foulée de cette diatribe climatosceptique dont il est coutumier, Donald Trump avait qualifié les sources d'énergie renouvelable comme l'énergie éolienne de "blague" et de "pathétiques", affirmant à tort qu'elles ne fonctionnent pas, sont trop chères et trop faibles.
La réaction de la Chine
Après ce discours également propétrole et énergies fossiles du président américain, son homologue chinois Xi Jinping a affirmé mercredi que l'avenir appartenait aux énergies renouvelables. "La transition verte et bas carbone est la tendance de notre époque", a défendu le président chinois, évoquant le solaire et l'éolien : "Bien qu'un certain pays agisse contre elle, la communauté internationale doit maintenir le cap."
Intervenant dans un message vidéo à un mini-sommet spécial de l'Onu à New York, Xi Jinping s'est également engagé à ce que la Chine réduise ses émissions nettes de gaz à effet de serre de 7 à 10 % d'ici 2035, par rapport à son pic qui pourrait intervenir dès cette année, "en faisant tous les efforts pour faire mieux".
Jusqu'à présent, elle s'était engagée seulement à un pic avant 2030, et à la neutralité carbone en 2060. Le chiffre est beaucoup moins ambitieux que les quelque 30 % que les experts estiment nécessaires pour freiner plus rapidement le réchauffement mondial, mais la déclaration démontre l'attachement de Pékin au multilatéralisme climatique, selon les spécialistes de la Chine.
"L'espoir est que la décarbonation réelle de l'économie chinoise ira sans doute plus vite que cet objectif sur le papier", ajoute Yao Zhe, de Greenpeace en Asie. L'objectif doit être vu "comme un plancher et non un plafond", commente pour sa part Lauri Myllyvirta, du centre de réflexion Crea, qui estime qu'au rythme actuel de croissance des renouvelables, l'objectif 2035 sera largement dépassé.
"L'annonce est un signal clair que l'économie mondiale du futur marchera aux énergies propres", a salué le patron de l'Onu Climat, Simon Stiell.
Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, avait convié au sommet les pays prêts à présenter un nouvel engagement pour 2035, à moins de deux mois de la Cop 30 la grande conférence de l'Onu sur le climat qui aura lieu à Belém, au Brésil. Mais à part la Chine, les annonces capables de faire la différence ont manqué.
L'Europe divisée
Pour sa part, l'Union européenne a critiqué jeudi l'objectif climatique "clairement décevant" de la Chine. Mais alors que les États-Unis vont se retirer de l'accord de Paris, les États membres de l'UE eux-mêmes peinent à s'accorder sur un objectif présenté comme ambitieux : la Commission européenne a en effet proposé en juillet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de -90 % dans l'UE en 2040, moyennant quelques flexibilités. Cette difficulté à s'entendre a poussé, ce jeudi, le coordinateur du PPE sur la politique climatique au Parlement européen, Peter Liese, à évoquer une cible à -87 % ou -88 %. Une majorité en ce sens pourrait être trouvée avec son parti, première force politique de l'assemblée, le S & D, Renew et l'ECR, voire avec les Verts "s'ils se montrent réalistes et constructifs", selon cet eurodéputé allemand.
"Nous maintiendrons le cap"
À défaut d'un accord au Conseil de l'UE dès la semaine dernière sur l'objectif contraignant 2040, dont aurait découlé l'objectif non contraignant de 2035 (contribution à l'accord de Paris), les Vingt-sept ont signé une simple déclaration d'intention mentionnant une fourchette de -66,25 % à -72,5 % par rapport à 1990.
L'Europe "maintiendra le cap de l'ambition climatique", a toutefois assuré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mercredi à l'Onu. Et "nous présenterons officiellement" l'objectif 2035 "dans la perspective de la Cop 30", a promis la présidente de la Commission. "Nos émissions ont baissé de presque 40 % depuis 1990. Elles ne représentent plus désormais que 6 % des émissions mondiales", a-t-elle aussi souligné.