Des questions toujours sans réponse

Huit ans et demi après l'enlèvement de Julie et de Mélissa, les questions concernant l'enlèvement des fillettes restent toujours sans réponse. L'audition du juge Langlois, pendant près de 6 heures, devant la cour d'assises d'Arlon n'a pas permis de déterminer avec certitude par qui, comment, quand, où et pourquoi ont été enlevées Julie et Mélissa.

BELGA

Huit ans et demi après l'enlèvement de Julie et de Mélissa, les questions concernant l'enlèvement des fillettes restent toujours sans réponse. L'audition du juge Langlois, pendant près de 6 heures, devant la cour d'assises d'Arlon n'a pas permis de déterminer avec certitude par qui, comment, quand, où et pourquoi ont été enlevées Julie et Mélissa.

Le juge s'en excuse presque. A plusieurs reprises, il rappelle qu'il n'a pu travailler que sur les déclarations brutes des quelques rares témoins -il précise qu'il n'existe qu'un seul témoin oculaire, qui varie dans ses déclarations mais est, selon lui, "crédible"- et sur les explications des deux accusés principaux, à savoir Marc Dutroux et Michelle Martin, qui ne se base que sur les confidences de son ex-époux.

Selon le juge, celle-ci est restée constante tout au long de l'instruction. Qui a enlevé Julie et Mélissa ? Weinstein et Lelièvre, selon Dutroux. Weinstein et Dutroux, selon Martin. Le témoin oculaire ne parle que d'un seul homme, jeune et avec les cheveux foncés, qui est sorti de la voiture pour ouvrir la porte arrière et faire entrer les deux fillettes. Michel Lelièvre nie toute participation à l'enlèvement. Sa version des faits serait crédible, selon le juge Langlois, l'accusé se trouvant à l'étranger au début du mois de juillet, à la date à laquelle Dutroux dit avoir "reçu" les enfants à son domicile. Selon les aveux que Dutroux a livrés à Martin, Weinstein aurait joué un rôle passif, restant au volant. Il aurait été "un peu perdu" et Dutroux aurait dû le sommer de démarrer.

Comment ? A l'aide d'une voiture volée par Weinstein, dit Michelle Martin. Le véhicule n'a cependant jamais été retrouvé. Les faits ont été commis sans aucune trace de violence, affirment tant Martin que le témoin oculaire. Se basant sur les éléments du dossier, le juge Langlois corrobore les informations de Martin selon lesquelles cet enlèvement serait "fortuit".

Quand ? Le 24 juin 1995 en fin d'après-midi. Mais l'heure exacte n'est pas déterminée avec certitude. Vers 17H00, selon le juge Langlois qui se base sur les déclarations de la maman de Mélissa ; vers 16H50 selon le procureur du Roi, Michel Bourlet, qui accrédite la déclaration d'une voisine.

Où ? A Grâce-Hollogne, non loin de la rue Dierain Patard, c'est-à-dire de la maison de Mélissa Russo. Selon le juge d'instruction, qui s'en réfère au témoin oculaire, les gamines seraient montées dans une voiture, rue de Fexhe, derrière la maison de la famille Russo. Ce que semble confirmer Michelle Martin qui dit que, selon Dutroux, les fillettes auraient été enlevées "dans un endroit en coin ou en arrondi, non visible au départ d'habitations existantes". Pour Michel Bourlet, qui se base sur la trace relevée par le chien pisteur, elles auraient disparu sur le pont qui enjambe l'autoroute Liège-Namur, voire le long de cette voie rapide.

Pourquoi ? Selon les déclarations de Marc Dutroux, les fillettes enlevées -"par erreur"- étaient trop jeunes. Son intention était donc de les garder jusqu'à ce qu'elles grandissent et s'attachent à eux. Lui et Weinstein auraient attendu leur puberté avant de pouvoir mener une vie de couple avec elles. Mélissa, devenue Isabelle, aurait alors été "attribuée" à Weinstein, Dutroux se réservant Julie.

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