En campagne avec Rodrigue Demeuse (Écolo) : "J'ai toujours voulu être bourgmestre de Huy"
L'ex-député wallon emmène une liste où se mêlent Écolo, Défi et citoyens. Huy en commun s'est fixé l'objectif de visiter chaque logement de la commune mosane.

- Publié le 24-09-2024 à 06h38
- Mis à jour le 24-09-2024 à 08h25

Ce mercredi 18 septembre, en fin de matinée, lorsque Rodrigue Demeuse arrive sur le marché de Huy, quelques-uns de ses colistiers l'accueillent en chantant "joyeux anniversaire". Aujourd'hui, le conseiller communal Écolo a 32 ans. Il fait sans doute un peu moins que son âge, mais affiche déjà une solide expérience puisqu'il est conseiller communal depuis ses 19 ans et a siégé au Parlement wallon et au Sénat (il n'a pas été réélu en juin). Ce soir, il ira au restaurant avec son père pour fêter ça, mais auparavant, une grosse journée de campagne l'attend. Rodrigue Demeuse, juriste de formation, emmène la liste Huy en commun, un mix de candidats Écolo et Défi et de citoyens sans carte de parti.
Placé à l'entrée du marché, le petit groupe accoste les habitants venus faire leurs achats. Hutois depuis toujours, Rodrigue Demeuse connaît beaucoup de monde. Une dame l'interpelle sur un mégaprojet immobilier dans son quartier, pour lequel elle n'a pas été consultée. Il lui répond que Huy en commun veut justement "la fin du far-west et une réflexion sur le développement des quartiers avec leurs habitants". Un homme se plaint de ses fenêtres sur lesquelles "il y a de la condensation en hiver". Le candidat-bourgmestre lui signale que sa liste entend "multiplier par quatre la prime communale pour le remplacement des châssis". Rodrigue Demeuse croise ensuite Éric, le curé rwandais de la ville, et évoque le soutien aux fabriques d'église. "On a une équipe du feu de Dieu, si je peux dire", rigole-t-il.
Un moment de flottement
Les interlocuteurs défilent, les sujets de discussion changent, mais l'écologiste reste très à l'aise dans cet exercice. "Je le sens bien, commente Rodrigue Demeuse. Nous sommes la seule alternative à la majorité actuelle, où le PS a dicté la danse au MR et aux Engagés pendant des années. Oui, c'est vrai, les résultats d'Écolo aux élections de juin nous ont déçus, mais en juin, les gens voulaient du changement. Et à Huy, le changement, c'est nous ! Nous avons fortement ouvert la liste. Je n'ai jamais vu une dynamique pareille, un tel enthousiasme." Face aux Hutois, Rodrigue Demeuse affiche clairement ses ambitions : "Je suis candidat-bourgmestre !". Il confie : "La maison dans laquelle j'ai grandi, au Mont Falise, sur la rive gauche de la Meuse, offre la plus belle vue sur Huy. C'est pour cela que j'ai toujours voulu être bourgmestre de Huy."

Seul moment de flottement, sur le marché, lorsque Rodrigue Demeuse veut prendre place dans une chaise roulante apportée par l'équipe pour démontrer à quel point c'est "une galère" de se déplacer en ville pour les personnes à mobilité réduite. Alors qu'il s'assoit dans la chaise, Samuel Cogolati, le tout frais coprésident d'Écolo qui pousse la liste hutoise, vient lui souffler à l'oreille : "Je ne le sens pas". Sans doute la crainte que cette mise en situation soit mal interprétée… La tête de liste renoncera.
Des affiches au sommet du Mur de Huy
Après la pause sandwich, Rodrigue Demeuse et sa colistière Sandrina Gaillard rendent visite à un projet qui leur tient à cœur. La Ruche des artistes et les Ateliers d'Emma se sont rassemblés pour créer un lieu convivial qui fait se rencontrer l'art, la solidarité et la créativité pour toutes les générations. Actuellement, les deux initiatrices mettent de leur poche pour faire vivre ce lieu intergénérationnel. "C'est le rôle des pouvoirs publics de vous soutenir, assure la tête de liste. D'ailleurs, nous voulons remettre des critères objectifs dans l'attribution des subsides communaux."
Rodrigue Demeuse retrouve ensuite d'autres colistiers pour aller coller des affiches dans le quartier de la Sarte, au-dessus du Mur de Huy, mondialement connu des cyclos. L'écologiste est clairement moins à l'aise pour fixer un panneau et coller une affiche que pour séduire un électeur, mais le travail se fait dans la bonne humeur, à défaut d'une grande efficacité.
Des tracts spécifiques pour chaque quartier
Puis, sur le coup de 17 h 00, vient le moment du porte-à-porte, celui que préfère Rodrigue Demeuse. Suivant un programme préparé par les parents de Samuel Cogolati, et avec l'aide d'une application qui leur permet de cocher les rues qui ont été visitées, les candidats de Huy en commun se sont fixés pour objectif de visiter les 13 000 logements de la commune. Cinq à six soirs par semaine, ils se retrouvent donc à dix ou quinze pour quadriller la ville, sonner aux portes, discuter avec les habitants et leur distribuer leurs tracts. Des tracts spécifiques pour chaque quartier, où figurent des propositions élaborées en concertation avec les habitants, lors de précédentes rencontres.
Ce mercredi, Huy en commun opère à Statte. "Un quartier un peu abandonné. Cela ne va pas être facile", prévient Rodrigue Demeuse. Effectivement, si dans les premières maisons, le candidat est reconnu et l'accueil chaleureux, ce n'est pas toujours le cas dans les rues plus défavorisées. Un homme, méfiant de prime abord, reste à l'abri derrière la barrière de son jardin. Mais après une minute, la tchatche de Rodrigue Demeuse fait son effet. L'homme ouvre la barrière et se confie sur les difficultés du quartier : nuisances sonores, rodéos urbains, enfants qui ne peuvent jouer en sécurité dans la rue…"Nous sommes un quartier délaissé", déplore-t-il. "Nous voulons justement investir dans les quartiers et améliorer le quotidien des Hutois, plutôt que de réaliser des projets pharaoniques comme le téléphérique ou l'esplanade bétonnée des tours Batta", lui assure Rodrigue Demeuse. Avant de le saluer et d'aller sonner à la maison voisine. La journée sera encore longue.