Georges-Louis Bouchez se met beaucoup de monde à dos, les résultats d'un sondage interpellent
Chaque vendredi, La Libre vous propose de retrouver les dernières actualités marquantes concernant les élections communales du 13 octobre.

- Publié le 27-09-2024 à 14h53
- Mis à jour le 27-09-2024 à 15h13

C'est reparti ! Peu de temps après les élections fédérales, régionales et européennes, les partis se sont relancés dans la bataille. Cette fois, dans le cadre du scrutin communal. Et cette campagne se révèle d'autant plus périlleuse qu'elle se déroule en même temps que les négociations pour la formation des gouvernements fédéral, bruxellois et flamand. Temps forts, candidatures surprises, tensions… La Libre vous propose chaque vendredi de retrouver les faits les plus marquants de la semaine de campagne.
1. Bouchez et le "coup de génie" qui ne passe pas
Coutumier des petites phrases qui choquent (on se souvient, entre autres, des ingénieurs et des poètes), le président du MR a encore une fois fait mouche en qualifiant de "coup de génie" l'attaque aux bipeurs qui a visé le Liban et fait des dizaines de morts. La sortie de Georges-Louis Bouchez a immédiatement suscité de vives réactions et fait des remous. Y compris dans les rangs de son parti. Des personnalités libérales ont fait savoir leur désarroi par rapport à la position de leur président. La tête de liste du parti à Molenbeek a ainsi tenu à exprimer "son désaccord": "Un discours politique doit toujours viser à apaiser et à construire des ponts, pas à les détruire. La souffrance humaine est intolérable, peu importe son origine", a-t-elle commenté sur Facebook.
Désireux de mettre un terme à la controverse, M. Bouchez s'est justifié, estimant que ses propos avaient été instrumentalisés. "En tant que jeune papa, je ne peux supporter que certains, pour gagner quelques voix, puissent laisser penser que le sort de ces enfants morts m'indiffère", a-t-il scandé. "De telles méthodes sont ce qu'il y a de plus détestable en politique. Ceux qui se livrent à de telles pratiques pour quelques voix ont perdu toute dignité."
Mais le discours du leader libéral n'a pas calmé les ardeurs de ses opposants, loin de là. A la chambre ce jeudi, le Montois a été la cible de nouvelles critiques, notamment de la part de l'ancienne co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane. L'intéressé a voulu répliquer à plusieurs reprises et a interrompu depuis son banc ses détracteurs. Mais ne pouvant prendre la parole, M. Bouchez a fini par perdre patience et est monté au perchoir, où siège le président. Le comportement de l'homme fort du MR lui a valu une nouvelle levée de boucliers. Chez Ecolo, on a ainsi estimé que c'était une "honte" de voir un président de parti porter ainsi atteinte à la démocratie.
2. Les Belges pourraient être bien moins nombreux à aller voter
C'est un scrutin historique qui nous attend. Ce 13 octobre, pour la première fois depuis 131 ans, une partie du pays ne sera pas obligée de se rendre aux urnes. En effet, la Flandre a décidé de mettre un terme à l'obligation de vote dans le cadre de ce scrutin communal et provincial.
Et, selon un récent sondage mené par Ipsos pour Le Soir et RTL, ce changement pourrait fortement impacter le taux d'abstention. 14% des électeurs interrogés ont affirmé être certains de ne pas aller voter et 13% n'ont pas encore pris leur décision. Ces chiffres interpellent. D'autant que les jeunes seraient les principaux concernés.
Vu ces données, se pose la question de la raison pour laquelle les partis politiques flamands ont opté pour la suppression de l'obligation de vote. Quel intérêt avaient-ils à faire monter le taux d'abstention ? Pour Caroline Sägesser, il s'agissait surtout pour eux d'endiguer la montée des extrêmes. "Ils se sont dit que l'obligation profitait au Vlaams Belang et au PTB/PVDA. Et que si on supprimait l'obligation, ces électeurs mécontents ne voteraient pas", a détaillé la politologue du Crisp, dans une interview à La Libre. "C'est un pari peut-être un peu risqué. La seule chose qui m'incite à penser qu'ils n'auraient pas tout à fait tort, c'est que les jeunes sont une part importante de l'électorat du Vlaams Belang et PTB. Or, visiblement, ce serait ces jeunes qui pourraient s'abstenir..."
3. La vidéo d'un élu socialiste à Molenbeek fait polémique
"Un candidat ne devrait pas dire ça." A Molenbeek, on est catégorique: le socialiste Ali Hayder Syed a dérapé. Le jeune homme - qui figure à la 26e place sur la liste de la bourgmestre - est apparu dans une vidéo promotionnelle pour un événement religieux. Dans la séquence, on le voit prononcer une formule religieuse avant d'expliquer le déroulé de la journée: "Après le cortège, on organisera un programme […] Après, nous pourrons participer à un tirage au sort qui verra gagner deux billets pour pratiquer la omra (pèlerinage dans la ville de La Mecque, NDLR)."
Les images ont fait grincer des dents jusque dans les rangs socialistes. "Ce genre de pratiques n'est pas du tout dans la ligne de la liste", a dénoncé un militant. Mais, pour le principal intéressé, c'est l'incompréhension. "On m'a demandé de faire un peu la promotion de l'évènement pour ramener du monde. C'était pour célébrer notre prophète, un peu comme Noël. Mais cela n'aurait jamais dû se retrouver sur les réseaux", a-t-il expliqué à nos confrères de la DH. "C'est un autre compte qui a posté cette vidéo. Je ne l'ai pas postée moi-même et elle n'était pas sur mon compte politique. Quand elle est sortie, j'ai demandé, de mon initiative, à la faire retirer quand j'ai vu l'ampleur que cela prenait. Plusieurs personnes me faisaient alors des remarques dans mon entourage. Je suis candidat, je ne suis pas là pour promouvoir telle ou telle religion."
Selon le jeune homme, cette controverse vise avant tout à l'affaiblir avant les élections. Il a balayé d'un revers de la main les accusations "assez lourdes" qui lui ont été adressées. Et a réfuté avoir eu de mauvaises intentions en tournant la vidéo.