Benoît Thoreau: "Je n'avais jamais imaginé devenir bourgmestre de Wavre"
Wavre, l'un des fiefs du MR en Brabant wallon, est tombé face à une coalition tripartite Engagés-PS-Écolo. Un pacte de majorité a été signé ce mardi soir et c'est Benoît Thoreau (76 ans) qui devient bourgmestre.
- Publié le 16-10-2024 à 11h19

Après 23 années passées dans l'opposition, Benoît Thoreau (76 ans) devient le bourgmestre de Wavre. Il doit cette accession au trône à un accord de coalition formée avec le PS et Écolo ce mardi matin, suite à des résultats incroyables ce dimanche où les Engagés ont raflé 12 des 33 sièges du conseil communal. La Liste de la Bourgmestre reste cependant le premier parti de la ville, à 3 voix près, avec 12 sièges. Écolo a 4 sièges (-4) et le PS en a 5 (+2).
Il aura fallu attendre une journée entière pour que les accords soient adoubés par les sections locales des différents partis. Tentés par une possible participation au pouvoir à la Province avec les réformateurs, les socialistes ont freiné la conclusion du préaccord intervenu à l'échelon des instances locales lundi soir. Une forte pression venue des hautes instances du MR a, semble-t-il, été mise sur les Engagés afin de permettre à la Liste de la Bourgmestre de conserver le mayorat d'Anne Masson, en vain. Le changement réclamé par les Wavriens dans les urnes ce dimanche aura bien lieu.
C'est ce message que Benoît Thoreau a tenu à livrer dans un communiqué, très laconique, diffusé ce mardi soir: "Par leurs votes du 13 octobre, les Wavriens ont demandé du changement. Ce changement, nous l'avions promis au cours de la campagne électorale et, suite aux résultats des élections, nous ne voulons pas le traduire par des demi-mesures […] À Wavre, une page se tourne. La nouvelle coalition mettra tout en œuvre pour faire de la ville de Wavre un lieu où la qualité de vie est au rendez-vous pour chaque habitant et chaque habitante."
Le pacte de majorité établit la composition du nouveau collège communal: 5 Engagés, dont le bourgmestre Benoît Thoreau, 2 PS et 1 Écolo, ce qui peut étonner dans la mesure où les verts accusant une lourde défaite ce dimanche, avaient annoncé ne rien revendiquer, et certainement pas un échevinat.
"Je ne m'accrocherai pas au pouvoir"
Alors, qui est Benoît Thoreau, ce nouveau bourgmestre élu avec 840 voix de préférence ? Wavrien pure souche, Benoît Thoreau est d'un caractère plutôt conciliant, il n'a pas l'allure d'un homme assoiffé de pouvoir mais plutôt celle d'un homme patient, persévérant et assidu. Il siège dans l'opposition depuis 23 ans face à des réformateurs qui ne l'ont pas toujours épargné. En 23 ans, il n'a pas dû manquer plus de séances du conseil que sa main ne compte de doigts. Il réagissait ce mardi soir à nos questions, juste après la diffusion de son communiqué.
Benoît Thoreau, est-ce une sorte de rêve que vous réalisez en devenant bourgmestre ?
Je ne dirais pas que je réalise un rêve en devenant le bourgmestre, parce que le résultat que les Engagés ont obtenu était totalement inenvisageable avant les élections. Nous pensions gagner des élus, passer de 2 à 6, c'était déjà tripler notre présence, mais on n'a jamais cru décrocher 12 sièges. Cela a modifié les perspectives en ce qui me concerne.
Quelle est votre priorité à présent ?
Ma priorité, c'est évidemment le changement pour Wavre, car c'est la volonté principale que les électeurs ont exprimée ce dimanche. On était conscient qu'une impulsion nouvelle était nécessaire, on est là pour ça. Je pense qu'il est assez normal, ce besoin de changement, après 50 ans au pouvoir pour les libéraux. C'est ce qu'on nomme l'usure du pouvoir.
Vous avez 76 ans, vous êtes très expérimenté, mais pas trop âgé pour cette aventure ?
C'est la dernière année où je peux lire Tintin, c'est vrai. Et je passe de bonnes nuits, malgré les tensions des derniers jours. Je me sens en pleine forme.
Vous n'avez pas imaginé un préaccord dans lequel vous céderiez votre place dans 3 ans, à mi-mandat, par exemple ?
Non, nous n'y avons pas pensé mais je ne suis pas opposé à cette idée. Je ne vais pas m'accrocher au pouvoir si ma santé ne suit plus, ça, c'est certain.
Y a-t-il d'emblée un dossier pour lequel vous souhaitez rapidement changer le cap ?
Il y a plein de dossiers qui réclament notre attention. Mais une impulsion qui m'est chère, c'est la lutte contre les inondations. Wavre a vu 2 000 de ses bâtiments endommagés en juillet 2021. C'est énorme. Je refuse de penser qu'on doit vivre avec cette menace à Wavre. Nos voisins du Nord nous prouvent qu'on n'est pas obligé de vivre avec ça. La majorité d'Anne Masson avait déjà entamé le travail mais je vais y mettre un coup d'accélérateur.
Vous n'avez pas encore défini les compétences des échevins ni les vôtres ?
Non, car il y a encore des doutes et une réflexion à avoir pour certaines personnes parce que nous avons tous été surpris, en tout cas chez les Engagés… Donc ce sera pour plus tard.