À Wavre, la majorité communale en mode "Dalton Terror": "Je suis abasourdi par cette rumeur"
L'ancien bastion libéral ressemble de plus en plus à une attraction bien locale : ça secoue, ça s'agite, ce qui plaît aux uns déplaît aux autres... et personne ne sait vraiment quand viendra la chute et qui tiendra jusqu'à la fin.

- Publié le 10-09-2025 à 06h00
- Mis à jour le 10-09-2025 à 08h35

À Wavre, lors des élections communales d'octobre 2024, et après cinquante ans de règne sans partage, le MR omnipotent a été catapulté dans l'opposition par une alliance surprise Engagés-PS-Ecolo. Un choc politique qui laisse encore aujourd'hui bien des estomacs retournés.
À 77 ans, Benoît Thoreau n'avait pas l'intention de devenir le "Joe Biden de la Dyle". Mais ses 840 voix — deux de plus que la tête de liste — et surtout l'envolée spectaculaire de sa formation (+ 22 %, de 2 à 12 sièges) en ont décidé autrement. En s'alliant à la gauche, il a décroché le mayorat, presque malgré lui.
Mais l'atterrissage est rude. Le MR était usé, certes, mais la nouvelle majorité peine à s'accorder et à offrir le nouveau souffle attendu.
Une grande passoire
Cet embarras se traduit par des départs. La conseillère Catherine Jongen-de Cumont, excédée par une coalition trop à gauche à son goût, quitte le navire pour siéger en indépendante. Elle n'est pas la première : deux conseillers socialistes, Carina Laghmaoui et Aziz Bourhanzour, avaient déjà pris la tangente. La première regrettait de servir d'"attrape voix" et d'avoir été oubliée au moment des nominations. Le second a suivi sa consœur par loyauté. Résultat : la majorité actuelle – 18 sièges sur 33 – ressemble à un manège où les sièges se vident rapidement.
À la tête de la Cité du Maca, le flegmatique Benoît Thoreau peine à imposer son autorité. "Il anticipe peu", "il subit", "sa femme est la vraie bourgmestre" : les commentaires vont bon train et proviennent de partout. Plusieurs interlocuteurs, qui ne sont pas tous des politiques, dénoncent une administration communale qui aurait totalement pris la main. "Je ne suis pas du tout autoritaire, c'est vrai, et je déteste les polémiques", nous confie le mayeur, qui s'étonne toutefois de ces critiques.
Scénarios de fin de manège
Ces départs et reproches pourraient-ils provoquer un changement de majorité en cours de législature ? Benoît Thoreau l'exclut, estimant le travail de son collège "constructif", et qu'un retour du MR aux manettes irait à l'encontre de sa promesse de campagne : le changement ! Même si les libéraux en rêvent, il faut légalement attendre encore plusieurs mois avant de pouvoir remettre en cause le pacte de majorité. Et surtout, une alliance avec le MR, qui devançait la liste Les Engagés de 3 petites voix, ferait basculer le poste de bourgmestre dans le camp des libéraux, où là aussi une rivalité existe entre l'ancienne bourgmestre Anne Masson (1 609 voix) et Gilles Agosti (1 325 voix), soit entre l'héritage de Charles Michel et une nouvelle génération de libéraux de Wavre.
Un autre scénario circule largement dans les couloirs de l'Hôtel de Ville : la démission du bourgmestre Thoreau en janvier prochain, au profit de son colistier Benoît Raucent. "Je suis abasourdi par cette rumeur. J'ai souvent expliqué que la relève était là si je devais quitter mes fonctions, nous confie Benoît Thoreau, mais je n'ai pas l'intention de partir." Malgré les secousses, l'homme attache fermement sa ceinture…