Les auteurs de la carte blanche pour le maintien du décret Paysage avancent une solution : évaluer en septembre la finançabilité de certains étudiants
Cette solution serait "la plus juste et la plus humaine", veulent croire les signataires.

- Publié le 14-04-2024 à 16h00
- Mis à jour le 14-04-2024 à 23h14

Que faire de la réforme du décret paysage qui divise la majorité francophone ? Le monde académique – comme en a témoigné une carte blanche récente publiée dans La Libre et signée par plus de 1800 professeurs, assistants et conseillers pédagogiques – demande le maintien de la réforme de ce décret qui encadre le parcours étudiant et leur finançabilité. PS, Ecolo et le PTB souhaitent revenir sur cette réforme portée aujourd'hui par la ministre de l'Enseignement supérieur François Bertieaux (MR) : dans sa forme actuelle, elle mettrait en péril la finançabilité de certains étudiants.
Ce 14 avril, au nom du "Groupe de vigilance" créé au sein du monde académique autour de cette réforme, neuf personnalités académiques (1) issues des différentes universités francophones proposent une solution pour sortir de cette crise politique. Ils ne prônent pas une réforme globale du décret, ni un assouplissement général des conditions de finançabilité, qui pourrait porter atteinte au principe d'égalité entre les étudiants. Ils souhaitent que la réforme du décret paysage puisse avoir lieu mais en insérant dans ce décret "une disposition transitoire permettant aux universités et aux hautes écoles de déroger aux règles de finançabilité et de déclarer finançable, à l'issue de la session du mois de septembre 2024, un étudiant qui ne le serait normalement plus."
L'appréciation de la finançabilité ou non d'un étudiant se ferait donc "ex post", "après la révélation des cas problématiques", afin de "cibler au mieux les situations dans lesquelles un assouplissement des conditions se justifierait, soit en vue de la poursuite du cursus, soit en vue d'une réorientation".
Pour le Groupe de vigilance, cette proposition permettrait de pouvoir réformer, de manière juste et équitable, le décret Paysage.
De la sérénité pour les étudiants
Cette solution, admettent les signataires, "requiert toutefois une modification décrétale". Néanmoins, si elle était suivie, elle offrirait aux étudiants un filet de sauvetage supplémentaire et permettrait de corriger les effets non-anticipés de la réforme, sans remettre en danger l'équilibre d'ensemble. "Cette solution aurait aussi un autre mérite qui est de renvoyer au mois de septembre, une fois les trois sessions d'examens passées, les solutions à trouver à des problèmes spécifiques, et ainsi, de retrouver la sérénité nécessaire pour que les étudiants, puissent maintenant se concentrer sur le principal : étudier et tout mettre en œuvre pour réussir, dès maintenant. En cela, nous sommes convaincus que cette solution est la plus juste et la plus humaine", concluent les auteurs à destination des acteurs politiques francophones.
Découvrez le texte complet de la proposition
(1) Au nom du Groupe de vigilance, les signataires de ce communiqué sont Jérôme De Brouwer (ULB), Elise Degrave (UNamur), Caroline De Mulder (UNamur), Christine Dupont (UCLouvain), Raphaël Jungers (UCLouvain), Vincent Kelner (HELMo Gramme et ULiège) Nicolas Thirion (ULiège), Axel Tixhon (UNamur), Erik Van Den Haute (ULB)