Manque de charisme ? Sophie Wilmès perd des points en Flandre
On reproche à la Première ministre son manque de leadership et de charisme. Et de laisser les scientifiques occuper le terrain.

- Publié le 17-04-2020 à 08h51
- Mis à jour le 30-04-2020 à 12h41

On reproche à la Première ministre son manque de leadership et de charisme. Et de laisser les scientifiques occuper le terrain.
Depuis le début de la crise, ses interventions médiatiques sont plutôt rares, savamment dosées. Il est vrai qu'elle marche sur des œufs en se retrouvant à la tête d'un gouvernement minoritaire de 38 sièges sur 150. En outre, il faut composer avec les Régions. La Première s'y conforme volontiers en prenant la parole dans les médias "mais uniquement lorsqu['elle] juge nécessaire de délivrer un message important", comme elle a tenu à le préciser jeudi sur Radio 1.
Manque de leadership
Mais depuis quelques jours, la cote de la Première ministre baisse en Flandre. On reconnaît qu'elle est aimable, posée, rigoureuse dans sa gestion des dossiers. Mais elle semble parfois peiner à rassembler les parties prenantes et à trancher après des heures de tergiversations. À la radio flamande jeudi, Sophie Wilmès s'en est défendue. "On travaille beaucoup […], c'est une bonne équipe, on fait le mieux qu'on peut dans un contexte très difficile."
Le politologue Carl Devos (UGent) reconnaît qu'elle a marqué quelques points. Mais il estime qu'elle manque cruellement de leadership. "Il nous manque un leader charismatique qui soit au-dessus de la mêlée , professe-t-il. Ce petit virus nous donne une grande leçon : en Belgique, nous n'avons actuellement pas de leader capable de redonner des perspectives, de rassurer les gens."
Certains Flamands prétendent que les virologues ont pris le pouvoir et souhaiteraient que la Première ministre communique davantage. Peter De Roover, chef de groupe N-VA à la Chambre, souligne ainsi que "le gouvernement ne peut se cacher derrière les experts, ils doivent prendre leurs responsabilités". Des propos relayés par Els Ampe, candidate à la présidence de l'Open VLD qui, dans un message vidéo diffusé mercredi, a appelé Sophie Wilmès à "faire preuve de leadership".
Cafouillage pour les maisons de repos
Mercredi soir, le chaos fut total après l'annonce par le Conseil national de sécurité d'une possibilité de visite limitée dans les maisons de repos. Une levée de boucliers s'est ensuivie, le ministre Wouter Beke (CD&V) s'est vu contraint de suspendre cette décision côté flamand. Selon Carl Devos, les ministres régionaux ont été mis au courant par les autorités fédérales en toute dernière minute sans concertation au préalable. Du jamais-vu…
Le politologue n'exclut pas que Sophie Wilmès puisse tenir le gouvernail du pays après le mois de juin. À condition toutefois qu'elle fasse montre d'autorité et de leadership au sein des équipes en place.
S'achemine-t-on vers une crise politique après la crise du coronavirus ? "Personne ne peut prédire l'avenir mais il est évident que d'autres candidats dans plusieurs partis sont aujourd'hui prêts à prendre la succession de Mme Wilmès," conclut M. Devos. Le grand défi du moment pour la Première ministre est d'arriver à ce que tous les nez soient pointés dans la même direction. L'avenir dira si le chef d'orchestre aura réussi sa mission.