Discours de politique générale agité pour Bart De Wever: "Je comprends l'inquiétude de certains"

Le Premier ministre a prononcé sa déclaration de politique générale, ce mardi à 15h, à la Chambre. Retrouvez l'essentiel ci-dessous.

Prime Minister Bart De Wever pictured during a plenary session of the chamber with the political declaration of the Belgian Prime Minister at the federal parliament, in Brussels, Tuesday 04 February 2025. Negotiators from the five parties that make up the Arizona coalition - the N-VA, MR, Engages, Vooruit and CD&V - reached a government agreement last Friday evening. BELGA PHOTO ERIC LALMAND
Le Premier ministre Bart De Wever

Notre nouveau Premier ministre avait rendez-vous à la Chambre, ce mardi à 15h, pour sa déclaration de politique générale. Après avoir été la cible des critiques en raison de la faible présence féminine au sein de son exécutif, Bart De Wever a défendu son accord de gouvernement devant les députés.

Pour rappel, la coalition Arizona est parvenue à un accord ce vendredi après de longs mois de négociations. Plusieurs points, dont la taxation des plus values, ont fait l'objet de discussions animées. Durant deux jours, les négociateurs se sont retrouvés à l'Ecole royale militaire pour enfin parvenir à la formation d'un gouvernement fédéral.

"Ce ne sera pas une promenade de santé"

La séance à la Chambre, qui a débuté à 15h, a été agitée. Plusieurs députés ont d'emblée déploré l'absence de tableaux budgétaires, donnant le ton de cette législature. "Faites respecter la démocratie", a demandé Pierre-Yves Dermagne, chef de file socialiste à la Chambre, au président de l'hémicycle Peter De Roover. D'autres collègues ont rejoint le socialiste, qui a été jusqu'à demander une suspension de la séance.

Le Premier ministre a finalement annoncé qu'il fournirait tous les documents nécessaires, après sa prise de parole. Si cela n'a pas plu à l'opposition, Bart De Wever a tout de même finalement pu exposer sa déclaration de politique générale. Le nationaliste flamand a voulu être honnête face aux députés et n'a pas caché que certains choix avaient été difficiles. "Notre prospérité est menacée. Les chiffres ne mentent pas. Si l'on n'intervient pas, nous nous retrouverons sur le banc des mauvais élèves de l'Europe. Il nous faut éviter ce scénario à tout prix. Cela demandera plus de temps qu'une seule législature. Nous sommes partis pour une trajectoire à long terme. Nous allons réaliser l'exercice d'assainissement budgétaire le plus difficile de l'histoire de notre pays", a expliqué le Premier ministre.

Retrouvez le discours de politique générale dans le direct ci-dessous.

La séance est levée

Le président de la Chambre a levé la séance en invitant les députés à discuter de l'accord de gouvernement ce mercredi à 10h. Un vote sera organisé dans 48 heures (ou plus). 

Bart De Wever conclut en affirmant (une nouvelle fois) que ça n'allait pas être "une promenade de santé"

"Le voyage qui nous attend n'a rien d'une promenade de santé mais celles et ceux qui feront l'effort de gravir cette montage pourront apprécier la vue depuis le sommet. Cet accord de gouvernement assainit nos dépenses publiques et assure nos engagements en termes de climat. (...) Cet accord est équilibré face aux défis collectifs. Je vous demande de m'accorder votre confiance." 

Des mesures pour juguler la migration

Le Premier ministre a reconnu vouloir durcir les conditions d'asile dans le pays. "Notre politique en matière migratoire restera une politique humaine", a-t-il toutefois rassuré. 

"Je comprends l'inquiétude"

"Le gouvernement vivra selon ses moyens tout en veillant à rester humain. Je comprends l'inquiétude qui domine chez certains. Mais toute procrastination ne rendrait que plus difficile la prise de mesure à l'avenir. On ne le fait pas pour nous mais pour la génération de nos enfants et de nos petits enfants", a affirmé Bart De Wever.

"Ce ne sera pas agréable"

"Ce gouvernement se mettra en quête d'une majorité des deux tiers pour conclure le chapitre d'une institution qui n'a plus sa place à l'heure actuelle: j'en appelle à ce parlement à acter la suppression du sénat." 

"De simples coupes politiques ne nous mèneront pas loin. On va faire une cure d'efficacité approfondie au sein de l'administration. Ce ne sera pas agréable, mais un régime contraignant est parfois la seule option pour continuer à vivre sainement. Ce gouvernement va mettre en oeuvre des réformes historiques sur le marché du travail et concernant les pensions."

"Nous continuerons sans relâche à soutenir l'Ukraine"

"Nous investissons dans le matériel et le personnel de la Défense", a indiqué le Premier ministre. "Le contexte géopolitique international est tendu. Il y a des conséquences sur notre sécurité. Nous mènerons une politique internationale juste et ambitieuse. Dans ce cadre, nous continuerons sans relâche à soutenir l'Ukraine."

"Plus de sécurité à Bruxelles"

"L'accord de gouvernement conserve le principe de l'indexation automatique des salaires pour protéger le niveau de vie des travailleurs face à l'augmentation des prix", a continué le Premier ministre. "Ce gouvernement n'entend pas réaliser des économies sur les missions essentielles des autorités.(...) On ne peut pas accepter que les économies en termes de sécurité soient légitimes. Ce gouvernement entend renforcer ces départements sur le plan financier. Nous appliquerons la tolérance zéro envers la violence qui vise ceux qui nous protègent. Nous fusionnerons les zones de police bruxelloises. Ce qui conduire à plus de sécurité dans notre capitale." 

Les épaules les plus larges mises à contribution

"Ce gouvernement décide de s'engager dans une autre voie: nous demandons aux épaules les plus larges une contribution", a poursuivi le Premier ministre. "(...) Quelqu'un qui travaillera sera toujours récompensé avec un montant de 500 euros de plus par rapport à quelqu'un qui ne travaille pas. Nous allons augmenter les salaires minimum en deux étapes."

"Des choix pas toujours faciles", affirme De Wever

Le Premier ministre a admis avoir dû faire des choix "pas toujours faciles". "Notre prospérité est menacée. Les chiffres ne mentent pas. Si l'on n'intervient pas, nous nous retrouverions sur le banc des mauvais élèves de l'Europe. Il nous faut éviter ce scénario à tout prix. Cela demandera plus de temps qu'une seule législature. Nous sommes partis pour une trajectoire à long terme. Nous allons réaliser l'exercice d'assainissement  budgétaire le plus difficile de l'histoire de notre pays." 

Bart De Wever prend la parole

"C'est un plaisir de prendre la parole depuis la tribune. Pour la première fois en 16 ans, on va présenter un accord soutenu de part et d'autre de la frontière linguistique. J'espère que c'est le début d'une nouvelle culture politique", a débuté Bart De Wever.

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