Un Bart De Wever aux accents thatchériens défend "des choix inévitables pour assurer la prospérité et le bien-être de tous nos citoyens"
Le nouveau Premier ministre a présenté la déclaration gouvernementale, mardi après-midi, à la Chambre. Le vote de confiance interviendra jeudi.

- Publié le 04-02-2025 à 20h27
- Mis à jour le 05-02-2025 à 11h24

La photo de famille est cette fois réussie. La lumière est bonne. Chaque bouille – souriante ou pas, c'est selon – apparaît de manière distincte. Il n'y a toujours que quatre femmes ministres, mais, au moins, elles sont visibles sur la photo du nouveau gouvernement fédéral, prise mardi sur l'escalier d'honneur de la Chambre des représentants, alors qu'on les distinguait à peine sur le cliché de la veille au Palais royal.
Il est 15 heures. Les membres du gouvernement (N-VA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit) rejoignent l'hémicycle de la Chambre où le nouveau Premier ministre Bart De Wever (N-VA) va prononcer la déclaration gouvernementale.
L'ambiance est à la rigolade. Les socialistes Paul Magnette et Pierre-Yves Dermagne comparent leurs cravates – noire pour le premier, bordeaux pour le second. Par affection liégeoise sans doute, Frédéric Daerden (PS), bien que dans l'opposition, félicite chaleureusement les nouveaux ministres Mathieu Bihet (MR) et Vanessa Matz (Les Engagés). Le Premier ministre sortant Alexander De Croo (Open VLD), devenu député de l'opposition, prend un selfie avec le président du MR Georges-Louis Bouchez, avec qui il avait pourtant entretenu des relations difficiles sous la précédente législature.
Flou autour de la taxe sur les plus-values
Il est 15 h 15, la séance commence. Comme d'habitude – c'en devient presqu'un gag de répétition –, les partis de l'opposition réclament les tableaux budgétaires avant que le Premier ministre ne prononce sa déclaration gouvernementale.
Sofie Merckx, pour le PTB, demande aussi la version finale de l'accord de gouvernement. Il est en effet apparu une différence entre les versions française et néerlandaise concernant la future taxe sur les plus-values. Le gouvernement en a d'ailleurs reparlé mardi, mais le flou demeure (sur d'autres mesures aussi), ce qui n'a pas manqué d'animer les discussions dans les couloirs du Parlement.
Il est 15 h 51, Bart De Wever monte enfin à la tribune de la Chambre. "Notre prospérité est menacée, prévient-il. Les chiffres ne mentent pas. Si l'on n'intervient pas, le déficit budgétaire de la Belgique sera bientôt le plus important du monde occidental. […] La priorité absolue de ce gouvernement est d'inverser cette tendance. Et je vais être tout à fait honnête : cela demandera plus de temps qu'une seule législature."
L'intention du gouvernement est de ramener le déficit public du pays sous la barre des 3 % du PIB (produit intérieur brut), contre 4,6 % en 2024.
L'ombre de Margaret Thatcher
Pour réussir ce défi, la coalition Arizona va poser "des choix qui sont inévitables pour assurer la prospérité et le bien-être de tous nos citoyens", assène un Bart De Wever aux accents thatchériens – l'ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher avait utilisé le slogan "there is no alternative" ("il n'y a pas d'alternative") pour faire passer des mesures impopulaires.
"L'augmentation des impôts, c'est comme la tonte des moutons : il faut s'arrêter quand on arrive à la peau. Dans ce pays, nous avons atteint ce point. Le gouvernement choisit donc un autre chemin. Nous demandons une contribution équitable aux épaules les plus larges (la fameuse taxe sur les plus-values, NdlR) au profit des gens qui travaillent. […] Mais, à l'échelle globale, nous ne visons pas une augmentation, mais bien une réduction d'impôt de 1,5 milliard d'euros."
Le Premier ministre a été applaudi lorsqu'il a défendu "la fusion nécessaire" des six zones de police bruxelloises.
Le Premier ministre a été applaudi par sa majorité lorsqu'il a rappelé la volonté de son gouvernement de faire en sorte que les travailleurs gagnent au moins 500 euros en plus que les inactifs. Il l'a aussi été lorsqu'il a annoncé l'abrogation de la "loi dépassée" de sortie du nucléaire, "la fusion nécessaire" des six zones de police bruxelloises, la suppression du Sénat, ou encore la limitation à deux ans des allocations de chômage – sur ce point, les applaudissements des socialistes de Vooruit étaient tout de même fort timides.
"Je comprends l'inquiétude de nombreuses personnes […] mais toute procrastination rendrait les mesures encore plus difficiles à prendre", a-t-il conclu en demandant la confiance des députés. Place ce mercredi, 10 heures, aux débats parlementaires sur la déclaration gouvernementale. Le vote de confiance aura lieu jeudi après-midi.