Une application de traçage prend tout doucement forme: "Nous essayons de cartographier l'étendue de la pandémie"
Un groupe de travail est à l'oeuvre, même si le traçage humain reste la priorité.

- Publié le 29-04-2020 à 00h20
- Mis à jour le 15-05-2020 à 10h24

"Data against corona task force " : le nom paraît barbare mais l'objectif de l'équipe qui compose cette unité est clair : lutter contre le covid grâce au data et aux outils numériques.
Cette task force, menée notamment par le ministre Philippe de Backer (Open VLD), a été lancée mi-mars en vue de mettre au point une stratégie digitale de lutte contre le coronavirus. "Nous avons très vite compris que nous avions besoin des technologies et du data pour, tout d'abord, comprendre comment se propage la pandémie en Belgique", explique Philippe De Backer. Objectif n°1 : cartographier la pandémie
La task force est notamment composée de virologues, de membres de l'Autorité de la protection de la vie privée mais aussi de "data modelers". "Ensemble, nous essayons donc de cartographier l'étendue de la pandémie, mais aussi d'utiliser les données qui sont déjà disponibles chez les différents opérateurs pour mesurer l'efficacité des mesures. Cela nous a déjà permis de voir, par exemple, qu'au début du confinement, les déplacements avaient diminué de près de 80 %, alors que, lors du week-end de Pâques, la mobilité a augmenté de 30 %, ce qui signifie que le confinement a été moins respecté. Des données qui permettent de voir comment le coronavirus circule et comment lutter contre cela correctement".
Un cadre légal pour la future application
Une analyse basée donc sur les données des personnes (anonymes), fournies par les trois opérateurs nationaux – Proximus, Telenet et Orange – également membres de cette task force. Une présence logique puisque les travaux de cette équipe concernent également la création d'une application de "tracing" (ou traçage). Un outil qui permettrait de suivre les personnes infectées et d'éviter la propagation du coronavirus en situant les foyers de la maladie.
Une application est donc bien en cours d'élaboration, mais son utilisation est une option qui restera, selon Philippe De Backer, entre les mains des Régions, compétentes en matière de tracing. "En attendant, au niveau fédéral, nous travaillons sur le cadre juridique de cette application, qui mentionnera certains critères comme le fait qu'il s'agisse d'une application open source, basée sur l'utilisation du Bluetooth et non du GPS. Le système sera également décentralisé pour que les données des personnes soient disponibles uniquement sur leur propre smartphone, sans oublier les aspects liés au respect de la vie privée. Tour sera coulé sous un projet de loi qui sera discuté probablement la semaine prochaine."
Philippe De Backer rappelle que le fédéral vient en soutien sur ce dossier. "Nous travaillons avec les entités pour savoir s'il est possible d'implémenter le dispositif de traçage manuel réalisé par call center avec une application qui viendrait en complément, pas en remplacement de ce dispositif".
"La priorité, c'est le dispositif call-center"
La task-force travaille donc sur un projet qui pourrait ne pas être utilisé ? "La priorité, c'est le dispositif des call-centers et nous apportons aussi notre aide aux régions pour ce travail. Les entités décideront de la suite à apporter à une application qui, telle que nous la balisons actuellement, est un outil complémentaire utile dans la lutte contre la propagation du virus", conclut le ministre.