Un Baudouin plutôt moyen dans Mise au Point
En prélude de ce "Mise au Point" de rentrée, Baudouin Remy étrennait aux commandes du volet "Revu et Corrigé" ses nouvelles fonctions de co-pilote de l'émission.
- Publié le 01-09-2013 à 14h34
- Mis à jour le 06-09-2013 à 12h25

En prélude de ce "Mise au Point" de rentrée, Baudouin Remy étrennait aux commandes du volet "Revu et Corrigé" ses nouvelles fonctions de co-pilote de l'émission. Il remplace en effet Thomas Gadisseux, parti s'essayer à l'exercice du JT après 3 ans d'antenne en tandem avec Olivier Maroy. Pour accompagner celui qui fut jadis pourfendeur pertinent du regretté "Projet X", une équipe de fraîches recrues qu'on a, nous dit-on, choisies pour "leur caractère bien trempé". Dans la désormais famille de Remy, il y a l'éternel lieutenant dessinateur Pierre Kroll, l'excellent Sébastien Ministru – journaliste littéraire et rédacteur en chef adjoint de Moustique – , la charmante Sophie Heine – docteur en sciences politiques attachée à l'ULB – et le très sérieux Drieu Godefridi - philosophie, juriste, dirigeant d'entreprise et auteur libéral.
Leur mission? "Commenter l'actualité récente, la décrypter, l'analyser, la décoincer ou la faire sourire", avec "franchise, humour, pertinence, impertinence", au moyen de sacrosaints buzzs et "d'images jamais vues, étonnantes ou franchement drôles." Que d'envies annoncées... Pourtant, après l'autopsie, le cadavre n'a pas fière allure.
Certes, on a souri en voyant ces images du craquage princier de Laurent ("on a chacun nos rois et nos reines" [cit.]), mi-embarrassé mi-vexé, quand une intervieweuse inspirée lui demande ce que ça lui fait d'être aujourd'hui "le frère du Roi". Mais, du reste, nos zygomatiques ont peu vibré.
Baudouin Remy nous a fait du (pâle) Baudouin Remy. Du politiquement incorrect d'opérette, du cynisme poussif, de la vanne seconde main ou du jeux de mots puissance 5 (présentant un "Kroll en forme après une semaine de plongée sous-marine à explorer le grand fond"). Sauf que c'était plus drôle avant. Pour sa rentrée des classes, celui dont on a bien souvent apprécié le verbe et l'a-propos a sans doute voulu en faire trop.
L'équipe est donc revenue sur l'abdication d'Albert II, mais aussi sur la rentrée ratée du gouvernement, la gaffe de Rudy Demotte sur le nationalisme ouvert ou la question du Grand Prix de Spa-Francorchamps... Elle s'est aussi un peu moquée de l'été zélé d'Elio Di Rupo sur tous les fronts, foires et salons; de Gérard Depardieu à Néchin en opération séduction barbecue/saucisse/pinard/jambon; et de l'ami Stromae certes un peu trop médiaticomniprésent pour quelques balbutiements en interview. Comme souvent dans ce genre d'exercices, beaucoup de quolibets et de bons mots ont été agités, peu de véritables infos ou de réels débats par contre à noter.
Pire, lorsque Sébastien Ministru – visiblement un peu perdu – tente de ramener le débat sur les salaires des patrons à l'échelle populaire, affirmant à raison que les gens qui travaillent eux aussi leurs 8h/jour se demandent ce qui justifie des fiches de salaires si mirobolantes, sa parole est rapidement balayée - voire snobée - par ses camarades de jeu. Dommage... Mais ça laisse à l'émission une belle marge de progression. "Peut beaucoup mieux faire" sera la mention.
