Le Grand Journal: "Allez, Antoine, lâche-toi!"
"Le Grand Journal" de Canal Plus a suscité la polémique après son premier numéro version De Caunes lundi. Il s'est un peu repris par la suite...
- Publié le 29-08-2013 à 05h45
- Mis à jour le 12-09-2013 à 11h51

Il a fallu attendre le deuxième numéro du "Grand Journal" version De Caunes pour que revive, l'espace d'une chronique météo, l'esprit du grand Canal. Doria, pulpeuse et piquante Miss Météo, a fait la démonstration en quelques minutes que la (vraie) déconne était encore possible sur Canal+, en clair et en prime. Comment ? En parodiant avec talent son chef d'équipe, grimée en Didier l'embrouille, clin d'œil au personnage fortement amoché incarné par Antoine De Caunes il y a près de vingt ans dans "Nulle Part Ailleurs". Hélas, la belle époque de la chaîne à péage semble loin.
On oubliera rapidement les atermoiements du premier numéro, tout de même suivi par 1,9 million de téléspectateurs (mieux que les 1,2 million obtenus par la neuvième rentrée de Michel Denisot), et l'extrême fébrilité d'un De Caunes qui sait pourtant manier l'autodérision à la perfection dans ses brillants lancements. Par contre, difficile d'oublier les promesses de renouveau martelées ces dernières semaines : "moins de promo, plus de convivialité, plus de proximité avec le public". On assurait aussi que tout pouvait arriver sur le plateau. Mais il n'y eut point de happenings. Jusqu'ici. Même les sketches écrits pour les invités (belges) de la deuxième partie - Benoît Poelvoorde appelant Woody Allen à venir tourner à Namur et François Damiens décriant l'équipe du film "Tip Top" -, ont fait flop.
Après une première partie branchée sur l'actualité, avec un invité questionné (Manuel Valls, puis BHL) par des chroniqueurs redondants (Jeannette Bougrab, Jean-Michel Apathie, Hélène Jouan et Karim Rissouli), la deuxième partie laissa plutôt une impression de malaise. De louvoiement permanent entre la déconne fabriquée et un conducteur trop classique. Le comble, c'est lorsqu'un Benoît Poelvoorde ne peut aller au bout de ses délires, corseté par la promo.
Dix-huit ans après avoir quitté Canal+, Antoine De Caunes, des cheveux gris en plus, n'a perdu ni sa plume ni sa classe. Mais le costume taillé pour lui à la présentation d'un "Grand Journal" ni plus déjanté ni plus révolutionnaire que le précédent semble étriqué.
Allez, Antoine lâche-toi ! Ce ne sont pas les commentaires suscités par l'émission sur les réseaux sociaux, sur les antennes et dans les coulisses des conférences de rentrée des grands médias qui nous contrediront. Dès lundi soir, "Le Grand Journal" a même suscité la polémique. En cause : la séquence (peu réussie) "Pendant ce temps". Une pastille vidéo directement inspirée de "Meanwhile", une vidéo Youtube signée Thomas Ridgewell, qui a cartonné sur le Net en septembre 2012. Le créateur britannique a réagi dans un tweet après la diffusion. Pas de panique. Selon le producteur du "Grand Journal" Renaud Le Van Kim, qui ne nie pas s'être inspiré de cette vidéo et assure avoir contacté Ridgewell, ce dernier serait "plutôt flatté que gêné" d'avoir été copié.
