La RTBF est fière de son label Ouftivi
Le label jeunesse qui remplaça Bla-Bla fête ses trois années d'existence.
- Publié le 26-09-2013 à 08h02
- Mis à jour le 27-09-2013 à 22h05

Lancé le 25 septembre 2010, Ouftivi "a trouvé sa place et son public" , se félicite Coralie Pastor, responsable du secteur de la jeunesse à la RTBF depuis 2011. Réalisatrice active au sein de la maison Reyers depuis 1997 - où elle a notamment travaillé sur des captations théâtrales -, Coralie Pastor avait pour mission de développer une offre jeunesse 360° (radio, télé, Web) pour les 3-6 ans et les 7-12 ans. Un sacré défi puisque le département était tombé en déshérence depuis le départ à la retraite de Marianne Nihon.
En deux ans, "de gros chantiers ont été abattus", poursuit la responsable. Outre l'engouement suscité par le JT des enfants "Les Niouzz" (récompensé par la Fondation pour l'enfance en 2011), Ouftivi diffuse désormais 3 000 heures de programmes par an, sans publicité. Soit 34 % de l'offre de La trois, sur laquelle sont diffusés les programmes pour enfants. "C'est plus que France 2 et France 3 réunis", s'était d'ailleurs félicité Jean-Paul Philippot, administrateur-délégué de la RTBF. C'est aussi 1 000 heures de plus qu'en 2010. En revanche, il est encore difficile d'évaluer la visibilité de ces programmes. Jusqu'à présent, aucun chiffre d'audience n'a, en effet, été communiqué.
Le label s'est également doté d'un site Internet qui centralise l'ensemble de l'offre jeunesse de la RTBF. Détail important : les hyperliens ont été réduits afin de sécuriser l'espace Web dédié aux plus petits.
Maintenir l'identité du service public
"Contrairement à nos concurrents, nous ne jouons pas la carte du MacDo", indiquait Jean-Paul Philippot en 2012. Quatre-vingts pour cent des œuvres jeunesse de La trois sont en effet d'origine européenne, alors qu'un tiers des programmes diffusés sont des productions propres ou des coproductions (les deux tiers restants sont des achats).
"Chaque année, nous nous battons pour augmenter la part du budget de fonctionnement consacrée à la production propre (55 % à l'heure actuelle, NdlR)", indique Emmanuel Tourpe, directeur de la programmation. "Il n'a pas augmenté mais il reste stable", poursuit-il. "Nous produisons des programmes en partenariat avec des groupes privés tels que TF1. Mais nous restons un opérateur public et nous maintenons donc une spécificité par rapport au privé. Une chaîne pour enfants ne peut plus se contenter de proposer des contenus strictement éducatifs comme avant. Aujourd'hui, les gosses doivent aussi y trouver du plaisir. Mais nous ne sommes pas pour autant un robinet à dessins animés. Autour de ces diffusions, on implique les enfants. A travers les Ouftivi reporters par exemple, nous les sensibilisons à l'éducation aux médias."
La trois : entre Arte et TV5 Monde
L'anniversaire du label jeunesse de la RTBF coïncide également avec celui de la troisième chaîne du service public, lancée elle aussi le 25 septembre 2010. En dehors des horaires réservés aux enfants et donc à Ouftivi, La trois est en effet une chaîne à part entière, qui se cherche encore une identité. Les mauvaises langues diront d'ailleurs qu'elle a permis à la RTBF de se débarrasser de certains programmes, culturels et éducatifs notamment, imposés par son contrat de gestion mais dont les audiences ne permettent pas de rivaliser avec la concurrence.
Emmanuel Tourpe s'en défend : "Cette troisième chaîne n'est pas un canal de rediffusions composé des miettes dont les autres chaînes ne veulent pas. On apprend seulement aujourd'hui à savoir ce que l'on peut faire de La trois. Selon les dernières études, elle a une audience de trentenaires et de quadragénaires. Ce n'est pas une Arte bis avec un public de seniors qui aime l'opéra et le théâtre ou de professeurs à la retraite. C'est un public éclectique qui ne parvient pas à se retrouver dans l'offre généraliste. Ce n'est pas une chaîne pointue, culturelle au sens dur, mais une chaîne qui permet de susciter la curiosité. Notre positionnement, c'est donc d'être une alternative, entre Arte et TV5 Monde."
Un souhait qui se traduit par une programmation variée, à savoir des documentaires en prime time ("pas seulement des rediffusions", précise Emmanuel Tourpe), des films et des séries en version originale, la mise en valeur des riches archives de la Sonuma et des œuvres issues de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
