La sidérurgie louviéroise plonge dans l'angoisse
Après l'annonce de la fermeture de Ford Genk, c'est au tour des travailleurs des groupes Duferco et NLMK, tous deux basés à La Louvière, de plonger dans l'angoisse. Comme l'industrie automobile, le secteur de l'acier est confronté à des problèmes de surcapacités. Pour tenter de se redresser, Duferco et NLMK ont annoncé la suppression de 601 emplois sur les 1 357 que comptent les deux entités. Les syndicats ont été surpris par l'ampleur de cette restructuration. "Nous ne nous attendions pas du tout à l'annonce d'un plan de réduction des coûts aussi drastique" , a indiqué Camillo Daloisio de la CSC-Métal. Pour le moment, il n'est pas question d'une fermeture des deux sites. Les directions des entreprises affirment que différentes pistes ont été présentées aux partenaires sociaux pour permettre le maintien des activités. "Les partenaires sociaux n'ont pas voulu discuter des propositions de la direction et ont quitté prématurément la réunion" , indique-t-on chez Duferco. Le Setca exige, lui, avant toute négociation du volet social, une présentation d'un plan industriel sérieux et crédible et les perspectives sur les cinq prochaines années.
- Publié le 26-10-2012 à 04h15
Après l'annonce de la fermeture de Ford Genk, c'est au tour des travailleurs des groupes Duferco et NLMK, tous deux basés à La Louvière, de plonger dans l'angoisse. Comme l'industrie automobile, le secteur de l'acier est confronté à des problèmes de surcapacités. Pour tenter de se redresser, Duferco et NLMK ont annoncé la suppression de 601 emplois sur les 1 357 que comptent les deux entités. Les syndicats ont été surpris par l'ampleur de cette restructuration. "Nous ne nous attendions pas du tout à l'annonce d'un plan de réduction des coûts aussi drastique" , a indiqué Camillo Daloisio de la CSC-Métal. Pour le moment, il n'est pas question d'une fermeture des deux sites. Les directions des entreprises affirment que différentes pistes ont été présentées aux partenaires sociaux pour permettre le maintien des activités. "Les partenaires sociaux n'ont pas voulu discuter des propositions de la direction et ont quitté prématurément la réunion" , indique-t-on chez Duferco. Le Setca exige, lui, avant toute négociation du volet social, une présentation d'un plan industriel sérieux et crédible et les perspectives sur les cinq prochaines années.
NLMK justifie ces licenciements par la crise que traverse le secteur de l'acier en Europe. Le groupe russe ne tourne actuellement qu'à 50 % de ses capacités et anticipe une perte de 100 millions d'euros cette année.
Duferco pointe, lui, la mauvaise santé des secteurs de l'automobile et de la construction. Le marché des produits longs (fils pour machines ) a enregistré une baisse de production de 30 % depuis 2007. "Le site doit faire face à des pertes importantes" , précise un communiqué de Duferco. Cette année, le groupe italo-suisse devrait essuyer une perte comprise entre 35 et 50 millions d'euros.
Duferco et NLMK ont fait partie du joint-venture Steel Invest Finance entre 2006 et 2011. Grâce à une clause qui leur permettait d'y mettre fin, les Russes ont rompu cette alliance en avril 2011. NLMK a repris les activités les plus intéressantes comme les produits plats liés au laminoir de Clabecq. Il s'agit de produits à haute valeur ajoutée et spécialement adaptés aux demandes des clients. Mais la crise économique qui lamine bon nombre de ses clients a également plongé cette activité dans le rouge.
Suite à la fin du joint-venture, Duferco a, lui, repris le haut-fourneau de Carsid qui depuis lors a été définitivement fermé après être longtemps resté à l'arrêt.
Certains secteurs des entreprises Duferco et NLMK ont débrayé jusqu'à vendredi à 6 heures, à la suite de l'annonce du plan de restructuration. Les travailleurs des laminoirs de Clabecq ont déposé les outils jeudi midi. Les conciergeries ont également marqué un arrêt de travail. Il n'y a plus d'entrées ni de sorties au niveau des deux entreprises. Du côté des produits longs, les travailleurs sont en chômage jusqu'au 5 novembre.
"Une assemblée générale des travailleurs devrait être programmée en début de semaine prochaine pour faire le point sur la situation et définir nos objectifs face au plan avancé par les directions des deux entreprises" , a conclu Manu Morais du Setca.L.Lam. (Avec Belga)
