Les ouvriers de Duferco-NLMK bloquent l'entrée de La Louvière
Le bras de fer se poursuit dans le Hainaut entre la direction de Duferco-NLMK et les syndicats.
- Publié le 21-11-2012 à 17h44
- Mis à jour le 21-11-2012 à 18h25

Alors que les négociations sur le plan de restructuration et de réduction des coûts chez les sidérurgistes louviérois Duferco et NLMK battent, leur plein dans la sérénité, les travailleurs ont marqué leur mécontentement mercredi après-midi sur le non-paiement d'une prime. Une sortie de l'autoroute E19, entre autres, a été bloquée. La FGTB et le SETCa appellent à la compréhension et à la retenue.
Des travailleurs de Duferco à La Louvière ont bloqué plusieurs accès routiers mercredi après-midi à La Louvière en raison du report du paiement d'un prime de 600 euros acquises, selon la FGTB, dans le cadre d'une convention conclue au pritemps dernier.
Les instances syndicales régionales n'ont pas compris la réaction des travailleurs et de leurs délégués. "Nous pensons qu'il y a une incompréhension du problème de paiement de la part de certains délégués", a indiqué Daniel Vandergoten de la FGTB. "Nous sommes au fait de ce non-paiement de 600 euros d'une prime de 1.200 euros convenue au printemps dernier dont la moitié a été déjà été liquidée. Mais il faut comprendre que la situation financière de l'entreprise ne permet pas immédiatement ce paiement. Nous en appelons donc à la sérénité dans la cadre des négociations actuelles avec les directions de Duferco et de NLMK."
Ces négociations se sont terminées mardi sur le volet financier. Les différentes parties devaient se retrouver ce jeudi pour entamer les discussions sur le plan organisationnel et, donc, sur le futur cadre de l'emploi et sur les salaires. Les sidérurgistes louviérois avaient annoncé, le 25 octobre dernier, un plan de réduction de coûts qui pouvaient porter sur 601 des 1.357 emplois dans les deux entreprises louviéroises.
"Notre volonté est en tous cas de poursuivre dans la voie des négociations entamée il y a une semaines avec les directions, surtout, dans le cadre d'une cohésion sociale et dans la sérénité. Nous souhaitons, avant de reprendre toute négociation ce jeudi, informer l'exécutif de" la FGTB Mons-La Louvière de la situation de mercredi", a précisé Daniel Vandergoten.
Du côté du SETCa, on parle de "gens qui font feu de tout bois". Nous sommes étonnés de la réaction de certains dans la cadre du mouvement de mercredi", a indiqué Manuel Morais du SETCa-Centre. "Le souci principal dans nos négociations avec les directions est l'emploi futur et les salariés dans la sidérurgie à La Louvière. Nous ne pouvons qu'en appeler à la raison."
La situation pourrait durer toute la nuit, selon la police
Selon la police de La Louvière, la situation de blocage des sidérurgistes louviérois pourrait durer toute la nuit mercredi. Un rond-point a été démonté. Si la circulation à l'intérieur de La Louvière tendait à se fluidifier mercredi en fin de journée, l'action des sidérurgistes louviérois n'en restait pas moins très importante.
Selon la porte-parole de la zone de police de La Louvière a indiqué que l'action des travailleurs pourraient durer toute la nuit de mercredi à jeudi et que, donc, de entrées et sorties d'autoroute su l'E19 à La Louvière resteraient bloquées. Des centaines de travailleurs sont en effet descendus dans la rue avec des clarks, des camions, des tôles, suite à l'annonce du non-paiement immédiat d'un prime de 600 euros.
Le rond point du magasin Cora a même été démonté par les grévistes, indique-t-on à la zone de police de La Louvière. "Même si la circulation se fluidifie tant bien que mal dans le centre-ville, il semble que le mouvement des travailleurs durera toute la nuit. Nous avons fait appel à des renforts auprès des zones voisines et auprès de la police fédérale", a précisé la porte-parole de la police louviéroise.
La bourgmestre de La Louvière estime la situation "dommageable"
Plusieurs centaines de travailleurs de NLMK et de Duferco ont bloqué plusieurs accès routiers mercredi dès 15h00 à La Louvière. En cause, le non-paiement immédiat d'une prime de 600 euros. Le bourgmestre de La Louvière, Jacques Gobert, estime la situation dommageable au moment où les négociations ont repris entre directions et syndicats. La circulation dans le centre de La Louvière a été fortement perturbée mercredi dès 15h00 suite à une action spontanée des travailleurs des entreprises sidérurgiques NLMK et Duferco.
En cause, le non-paiement immédiat d'une prime de 600 euros aux travailleurs de NLMK qui ont voulu marquer, par leur action, la crainte d'une escalade négative pour eux dans les négociations actuellement menées par les syndicats et les directions des sidérurgistes louviérois.
"Je peux comprendre l'inquiétude des travailleurs et leurs sentiments mais je pense que leur réaction est assez dommageable dans le cadre des négociations actuelles avec les directions quant à l'avenir des deux entreprises sidérurgiques de La Louvière", a indiqué Jacques Gobert, bourgmestre de La Louvière. "Etant en contact permanent avec les deux entreprises, je crains une rupture du dialogue aves les directions, ce qui serait catastrophique."
Une réunion entre les syndicats et les directions de NLMK et de Duferco est en principe programmée ce jeudi à Nivelles où il doit être question du futur plan organisationnel des deux entreprises louviéroises.
