Tomorrowland fait monter sur scène des start-up qui veulent changer le monde
Entre deux week-ends où les "DJs" auront fait vibrer plus de 400 000 personnes, le célèbre festival flandrien a donné l'occasion à plusieurs dizaines de start-up belges de présenter des solutions répondant aux grands défis sociétaux et environnementaux.

- Publié le 26-07-2024 à 17h39
- Mis à jour le 26-07-2024 à 17h45

Live today, love tomorrow, unite forever… Bienvenue à Tomorrowland ! Cela fait 20 ans que la petite ville de Boom, en province d'Anvers, accueille ce qui est devenu le plus grand festival au monde de musique électronique. Répartie sur deux week-ends (la clôture aura lieu ce dimanche soir), l'édition du 20e anniversaire aura attiré plus de 400 000 personnes, de 200 nationalités différentes, dans le domaine provincial de De Schorre transformé, comme chaque année, en Disneyland de l'electronic dance music.
Avec plus de 800 artistes, 400 DJ sets, une quinzaine de scènes (dont la célèbre mainstage de 36 mètres de haut et 160 mètres de large), sa DreamVille (un camping pouvant accueillir plus de 60 000 festivaliers), Tomorrowland est devenu un événement et un business monstrueux. Comme si cela ne suffisait pas, les frères Beers, fondateurs du festival, ont lancé Love Tomorrow en 2022. Le concept ? Rassembler, pendant toute une journée, plusieurs dizaines de conférenciers et musiciens. Un peu à la manière des conférences TEDx, des personnalités viennent partager, devant près de 6000 visiteurs, des idées et récits inspirants. "L'objectif est de tracer la voie pour un avenir meilleur", résument les organisateurs.
17 start-up pour 17 ODD
Jouant la carte, très en vogue, de l'entrepreneuriat à impact, Love Tomorrow est aussi l'occasion de mettre en évidence des start-up actives dans l'énergie renouvelable, la mobilité douce, la lutte contre le dérèglement climatique, le bien-être au travail, l'agriculture verte… Au risque, dénoncent certains, de basculer dans le greenwashing, comme l'illustre la polémique apparue, cette année, à la suite au refus de Tomorrowland d'appliquer la nouvelle législation interdisant les gobelets en plastique à usage unique.
"Avec cette initiative, on veut faciliter des partenariats qui peuvent changer l'approche des Objectifs de développement durable."
Toujours est-il que Vito, Institut flamand de recherche dans le domaine des technologies propres et du développement durable, et Start it @KBC-CBC, réseau belge d'accélérateurs de start-up, ont fait venir, jeudi, une série de jeunes pousses soucieuses de bâtir un avenir meilleur. "Nous avons sélectionné, au sein de notre réseau, une start-up pour chacun des 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies, (en dix ans, Start it @KBC a déjà accéléré plus de 1500 start-up, NdlR). Elles ont disposé, chacune, de trois minutes pour "pitcher" leur projet devant un panel d'investisseurs et d'entrepreneurs. Nous avons aussi fait venir des top managers de plusieurs grandes entreprises (Eneco, De Lijn, Telenet, Agfa, KBC, etc.) pour les mettre en contact avec les fondateurs de start-up. Ce sont deux mondes qui interagissent encore très peu en Belgique, alors que les opportunités de collaboration sont nombreuses. Avec cette initiative, on veut faciliter des partenariats qui peuvent changer l'approche des ODD", explique Lode Uytterschaut, fondateur de Start it @KBC.

Minagro, seule pépite wallonne en scène
Seule entreprise wallonne parmi les 17 sélectionnées par Start it @KBC, la start-up de Louvain-la-Neuve Minagro est venue défendre ses solutions agrochimiques biosourcées (conservateurs, adjuvants, solvants et bio stimulants) destinées à la protection et à la nutrition des cultures agricoles. Cette ancienne entité du groupe Minafin, qui vole de ses propres ailes depuis 2022, démontre qu'il est possible de combiner performance et durabilité dans le domaine de l'agriculture.
"Il y a une une dynamique très active en Flandre et il est important de se faire connaître auprès de cet écosystème des AgTech."
"Depuis un peu plus d'un an, nous avons intégré Start it @CBC à Liège, confie Arnold de Maere, cofondateur et directeur général de Minagro. Pouvoir venir à Love Tomorrow pour pitcher notre projet est précieux en termes de visibilité. Nous sommes déjà fortement impliqués dans l'écosystème wallon des AgTech (cette contraction des mots "agriculture" et "technologie" désigne l'utilisation de nouvelles technologies dans l'agriculture, NdlR). Mais il y a aussi une dynamique très active en Flandre et il est important de se faire connaître auprès de cet écosystème".
Santé féminine, palettes recyclées…
Pour Emma Balimaka, CEO et cofondatrice de Sanza Cycle, Love Tomorrow est également un tremplin pour se faire connaître. Sélectionnée pour l'ODD n°10 (réduction des inégalités), cette start-up bruxelloise a développé une plateforme en vue d'aider les femmes à aligner le suivi de leurs cycles menstruels avec leurs activités professionnelles.
Parmi les quinze autres start-up, on épinglera notamment The Green Revolution (transformation de déchets de noix de coco en palettes de transport écologiques et abordables), Alari Technologies (logiciel qui optimise la production d'énergie solaire) ; Airflora (prévention de l'asthme infantile), Clean Water Global (solution pour lutter contre la pollution de l'eau par l'industrie des revêtements) ou encore Sealution (collecte de données pour la maintenance prédictive, la réduction des émissions de CO2 et l'amélioration de l'efficacité du transport maritime).