Tapio réunit les professionnels belges de la transition : "C'est un tournant que les entreprises ne doivent pas louper"
Pas moins de 1 000 acteurs belges de la durabilité sont attendus, le 19 novembre, à Bruxelles. Louis Collinet, jeune entrepreneur et organisateur de l'événement, préface cette première édition du "Tapio Day".

- Publié le 16-11-2024 à 16h02

Transition, décarbonation, durabilité… Ces mots, associés aux dérèglements climatiques, font aujourd'hui partie du vocabulaire des entreprises. Elles sont de plus en plus nombreuses à s'engager sur la voie d'un développement qui soit durable. Les plus convaincues d'entre elles ont chargé des Heads of Sustainability ou Chiefs Impact Officers de définir des stratégies permettant de réduire l'impact de leur activité sur l'environnement. D'autres, encore très majoritaires, rechignent à les suivre. Mais un mouvement en faveur de la transition et de la décarbonation est aujourd'hui bel et bien en marche.
C'est pour accélérer ce mouvement que Tapio, jeune société belge spécialisée dans l'accompagnement des entreprises soucieuses d'adopter des modèles plus respectueux de la planète, a pris l'initiative d'organiser un "Tapio Day".
"L'intention première du Tapio Day est de créer une communauté de professionnels de la transition et de la durabilité. On veut que ces personnes, toutes confrontées aux mêmes défis, se rencontrent, se parlent, partagent leur expérience."
"Les métiers de la transition deviennent de plus en plus importants au sein des entreprises, explique Louis Collinet, cofondateur et CEO de Tapio. Mais, dans la très grosse majorité des entreprises, les personnes en charge de la durabilité se sentent isolées. L'intention première du Tapio Day est de créer une communauté de professionnels de la transition. On veut que ces personnes, toutes confrontées aux mêmes défis, se rencontrent, se parlent, partagent leur expérience".
Oui, c'est possible
Organisé le 19 novembre à l'ULB (1), l'événement devrait rassembler 1 000 professionnels de la durabilité. Avec un double menu. D'une part, une vingtaine de conférences données par des représentants d'entreprises ayant déjà engrangé des succès en matière de transition (Puratos, Carrefour, ING, Takeda, SNCB, Iscal Sugar, Javry…). D'autre part, les participants auront l'occasion d'échanger avec des experts de la transition. Les représentants de quarante cabinets de consultance et de bureaux spécialisés seront présents.
La date du 19 novembre n'a pas été choisie par hasard. La 29e conférence sur le climat de l'ONU se déroule actuellement en Azerbaïdjan. "Même si ces conférences ont perdu en crédibilité aux yeux des acteurs de la transition, confie Louis Collinet, la Cop 29 est là pour rappeler les enjeux". Surtout, à partir du 1er janvier 2025, environ 2 800 entreprises belges devront appliquer la directive européenne CSRD relative à la publication d'informations en matière de durabilité (un premier groupe, composé des grandes entreprises cotées en Bourse, a déjà commencé cet exercice, NdlR).
L'impact de la directive CSRD
"La directive CSRD, c'est un peu le coup de marteau ou le bâton pour faire avancer les entreprises, soutient Louis Collinet. La vie d'une entreprise, au final, c'est comme une course où il faut réussir à bien manœuvrer dans les tournants sans sortir de la route. La digitalisation, par exemple, fait partie des très grands tournants. Il y a plein de boîtes qui ont raté ce tournant du digital et qui ont aujourd'hui disparu. D'autres, a contrario, ont très bien manœuvré et sont devenues des leaders. La transition, c'est pareil : c'est un tournant qu'il ne faut pas louper".
Une autre dimension est celle du tempo. "C'est là que des normes ou des législations s'avèrent importantes, reprend le CEO de Tapio. Aujourd'hui, le tempo imposé par le CSRD fait en sorte que de plus en plus d'entreprises se mettent en mouvement. Et on espère que ça va s'accentuer jusqu'à un point de bascule, c'est-à-dire une situation où la prise en compte par les entreprises de la transition et de la durabilité deviendra aussi normale que la digitalisation".
Les sociétés belges doivent faire mieux
Face aux multiples signaux montrant que des Etats et de grandes entreprises ont tendance à relâcher les efforts contre les dérèglements climatiques, Louis Collinet fait preuve de pragmatisme. "Le fait de se rapprocher du point de bascule crée inévitablement des frictions".
La Belgique n'est pas particulièrement en avance dans la bataille contre la crise climatique. "Il reste un gros travail d'information et de sensibilisation à faire auprès des entreprises. Mais, fort heureusement, on n'a pas besoin que 100 % des entreprises aient pris conscience de l'urgence pour avancer et atteindre le point de bascule". L'idéal est que les entreprises agissent de façon volontaire et déterminée, ce que pas mal d'entre elles ont bien compris. Pour les autres, Louis Collinet estime que la contrainte, légale ou autre, est un moindre mal. "L'essentiel est que la durabilité est devenue, aujourd'hui, un vrai sujet pour les entreprises et qu'elles aillent de l'avant".
(1) ULB Solvay – Bâtiment R42, avenue Franklin Roosevelt, 42, 1050 Bruxelles. La participation, gratuite, requiert de s'inscrire sur https ://day.tapio.eco/
