Ces lieux touristiques incontournables en Belgique: à La Roche-en-Ardenne, la saison bat son plein
À La Libre , nous avons décidé d'aller prendre la température de cinq lieux touristiques. De parler de la reprise avec les acteurs du secteur. Et de donner à tous envie de bouger dans cette terre de vacances réinventée qu'est la Belgique ! Après Knokke, troisième volet de notre série, ce lundi, à la Roche-en-Ardenne.

- Publié le 22-07-2020 à 11h28
- Mis à jour le 27-07-2020 à 13h28

La Roche-en-Ardenne, son château féodal datant du IXe siècle, son grès, son parc à gibier… et son fantôme. Entre Marche-en-Famenne, Rochefort, Houffalize et Bastogne, la ville se réveille après le confinement. Et plus tôt que prévu… "La saison a recommencé sur les chapeaux de roues le 1er juillet, constate, dans l'enthousiasme, Sophie Molhan, l'échevine du Tourisme. Habituellement, on attend le 15 avant d'avoir la grosse foule." Elle poursuit : "Les gens sont de nouveau là, dans les gîtes, campings et hôtels, dans les attractions aussi. La saison a bien repris." Heureusement ! Et comme à Durbuy (voir LLB du 18 juillet), les gens qui d'habitude passent une nuit à l'hôtel, "y séjournent cette fois deux ou trois jours, parfois même une semaine, preuve que ce sont des gens qui ne partent pas à l'étranger".
Qui sont ces visiteurs ? "Beaucoup de Flamands, de Néerlandais aussi depuis la réouverture des frontières, relève Sophie Molhan, tout en répondant, dans la langue de Vondel, aux clients qui se succèdent à sa station-service. Beaucoup moins de Français et d'Allemands par contre." Même écho au Syndicat d'initiative, où on catégorise habituellement les visiteurs comme suit : "40 % de Flamands, 35 % de Néerlandais, 20 % de Wallons et 4 à 5 % d'Allemands et de Français."
Au parc à gibier, le début de juillet est positif : "On sent que les Belges ont été confinés et sont en manque de sorties." Au musée de la Bataille des Ardennes, "je n'ai ouvert qu'à partir du 20 juin, en même temps que le parc à gibier et le château, pas plus tôt, je trouvais cela inutile", explique Gilles Bouillon, le patron de l'endroit. Un musée "complètement privé et non subventionné" qui accueille 15 000 visiteurs par an. "Mes chiffres sont à la hausse en ce début juillet par rapport à la même période l'an dernier, ajoute Gilles Bouillon. On voit que les gens sont là mais encore faut-il qu'ils dépensent. Je dis toujours que si la dame qui passe dans la rue n'a pas de sac à main, la famille qui l'accompagne ne va pas dépenser…"
Durbuy et La Roche, villes concurrentes ?
Dans les rues justement, cela fleure bon les vacances. Hôtel Beau Rivage, Hôtel de Liège, plaque pour le camping Cosmopolite, pédalos sur l'Ourthe, gamins qui grimpent sur les chars tandis que les parents les prennent en photo. L'été est là.
"90 % des demandes au Syndicat d'initiative concernent les cartes de promenade, note une responsable. Cela a toujours été un produit très demandé mais on est quand même passé de 70 à 90 %." "Nous avons mis en avant notre capital nature avec les balades à pied ou à vélo. Nous sommes au cœur de l'Ardenne. Nous avons les mêmes arguments que Durbuy même si Durbuy, c'est une machine de guerre avec quelqu'un qui finance derrière, sourit Sophie Molhan. Nous n'avons pas Marc Coucke, mais nous avons aussi des investisseurs privés ! Ardenne Aventures est géré par deux jeunes indépendants, avec un FunRpark - le plus grand parc gonflable de Belgique -, des kayaks, VTT, de l'accrobranche, La Roche Discovery aussi, mise en place cette année."
Durbuy et La Roche, villes concurrentes séparées par trente petits kilomètres ? "La concurrence nous fait avancer . Et puis, même si aucun touriste ne vient à Durbuy sans aller au moins une fois à La Roche ou l'inverse, il y en a pour tout le monde et chaque ville a sa clientèle", explique celle qui a tenu un hôtel pendant 20 ans.
Bientôt un bongo
Pendant la crise sanitaire, les professionnels du tourisme ne sont pas restés inactifs. "Nous avons mis à jour le site, posté sur Facebook, développé Instagram", indique Audrey Carlier, chargée de projets à la Maison du tourisme d'Houffalize-La Roche-en-Ardenne. Pour "mettre les atouts de notre territoire en valeur. Faire revenir les gens chez nous. Et pérenniser". Les taxes touristiques (de séjour, sur les terrasses, etc.) ont été revues à la baisse, les terrasses des cafés et restaurants ont pu s'étendre pour recevoir plus de clients dans le respect des règles de distanciation sociale.
Les attractions sont aujourd'hui ouvertes (accès sur réservation), les marchés ont repris (dans les règles), les marches (Adeps et autres) aussi. Des animations déambulatoires ont été mises sur pied. Et si beaucoup d'événements ont été, logiquement, annulés (feu d'artifice du 21 juillet, fêtes médiévales du début août…), d'autres ont été revisités. Comme la Vélomédiane Claudy Criquielion. Exit, la course traditionnelle, bonjour le parcours en individuel ou petits groupes tout au long des deux mois de vacances. "Le but étant d'amener les gens de façon éparpillée, qui vont aussi manger et… loger sur place", déclare Sophie Molhan. Quant au spectacle du fantôme, il demeure, tous les jours jusqu'au 24 août mais "on l'a retravaillé de façon à pouvoir admirer le château des deux côtés pour préserver la distanciation".
Enfin, La Roche pense déjà à l'hiver. "Nous avons prévu de faire de la pub dans l'après-saison, dit encore l'échevine. Nous avons un peu peur que les visiteurs se fixent sur les deux mois d'été et ne viennent plus après. Nous travaillons sur un bongo lié aux fêtes de fin d'année et à la Saint-Valentin." Et de répéter : "Après l'été, on sera toujours là. Revenez, les couleurs sont splendides, les balades aussi !"
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