30 ans d'immobilier : une évolution contrastée des prix en Belgique
Série d'été | Trente ans. Une génération. Soit un laps de temps durant lequel on garde une maison familiale. Où l'on voit que certains ménages ont fait de meilleures affaires que d'autres…

- Publié le 27-07-2024 à 10h36

Une génération en immobilier, la belle affaire |
En Belgique, et c'est la réputation du pays à l'échelle européenne, les valeurs immobilières vont toujours de l'avant. Même dans les pires difficultés – la crise financière de 2008, le Covid en 2020, le boom des taux d'intérêt hypothécaires en 2022… -, les prix continuent à progresser. En tous les cas, jamais ils ne dégringolent comme cela peut se voir – et s'être vu – en Espagne, France, Irlande, Grande-Bretagne…
Mais s'ils vont de l'avant, ce n'est pas toujours en ordre serré. En une génération – soit, au niveau de l'immobilier, entre 30 et 40 ans -, des communes ont bien mieux performé que d'autres : ici, les prix médians ont été multipliés par cinq, là par sept, dix ou plus.
"Les critères de recherches qui dominent aujourd'hui sont ceux qui prévalaient il y a 20 ou 25 ans."
En 30 ans, tant de choses peuvent se passer…
C'est très visible pour les communes de la Région de Bruxelles-Capitale qui entament cette nouvelle série d'été. En 30 ans, entre 1987 et 2017, les prix médians ont été multipliés par huit (+790 %). Davantage qu'en Flandre orientale (+690 %) ou en province d'Anvers (+594 %), et largement plus que partout ailleurs dans le pays où les hausses se situent quasi toutes sous les 500 %.
Certes, l'aura de sa condition de capitale a joué, de même que son exiguïté (que sont 19 communes, sachant, par exemple, que le Hainaut en compte 69 et Liège 84), avec l'impact que l'on imagine sur les disponibilités en matière de foncier.
Mais tant d'autres choses peuvent influer les choix des candidats acquéreurs et donc les rapports entre l'offre et la demande : une autoroute, une gare, une politique urbanistique, une modification fiscale, la proximité d'un parc scientifique, la découverte d'une belle vallée, un projet neuf ou, au contraire, de jolies fermes en pierre à rénover… Où l'on voit, par exemple – et sans trop dévoiler le meilleur de cette série -, que, sur une génération immobilière, le nord du Namurois et l'est de la province de Liège ont été marqués par leur proximité avec Bruxelles, que Tournai et environs ont été ciblés par des Français en mal de domicile fiscal, que les alentours de Louvain-la-Neuve ont découvert l'incidence du voisinage d'une ville nouvelle, que la petite commune d'Onhaye dans la vallée de la Molignée a trouvé ses aficionados, etc.
Même si, "curieusement, relève le notaire Renaud Grégoire, porte-parole de Fednot, le mode de fonctionnement de l'habitat n'a pas fondamentalement changé. Les critères de recherches qui dominent aujourd'hui sont ceux qui prévalaient il y a 20 ou 25 ans. Les candidats acquéreurs cherchent le bien de leur rêve dans une région géographique préétablie qui dépend pour l'essentiel de deux choses : la mobilité par rapport à leur travail (et aujourd'hui au télétravail) et la proximité du cercle familial (parents, beaux-parents). Ceci alors que la société, elle, a terriblement évolué : davantage mobile, davantage connectée…"
Même si au final, rien ne change…
"Et ils cherchent quasiment tous la même chose, poursuit-il. À savoir une maison de trois ou quatre chambres ! Qui s'avérera immanquablement trop grande une fois les enfants partis. Je suis impressionné que les promoteurs et constructeurs ne changent rien de ce qui se faisait il y a 20 ans. Sauf qu'il y a plus de deux et trois façades et que les lots sont plus petits." Tout au plus a-t-il vu, tout au long de sa carrière entamée en 2004, "un dépassement de l'âge moyen au cours duquel on cherche son premier bien."
Série d'été : une génération en immobilier, la belle affaire
En une génération, les valeurs immobilières d'une commune peuvent avoir fameusement évolué par rapport à celles d'une voisine ou d'une consœur. C'est assurément ce que démontrent les chiffres de Statbel, l'office belge de statistiques, avec des progressions d'une commune à l'autre qui peuvent être deux à trois fois plus importantes dans une même province, et jusqu'à cinq fois dans des provinces différentes. Ainsi, entre 1987 et 2017, les valeurs médianes d'une maison d'habitation ont été multipliées par 2,5 à Eupen ou Malmedy, mais par plus de 12 à Ixelles !
- Samedi : Bruxelles-Capitale
- Lundi : le Brabant wallon
- Mardi : la province de Liège
- Mercredi : la province du Luxembourg
- Jeudi : la province du Hainaut
- Vendredi : la province de Namur
