Comment les consommateurs adaptent-ils leurs achats à la hausse des prix ?
Le Belge s'adapte au moment de remplir son caddie.

- Publié le 07-04-2022 à 17h48
- Mis à jour le 07-04-2022 à 17h50

Les budgets des ménages sont lourdement impactés par la hausse des prix de l'énergie, que ce soit pour se chauffer ou s'éclairer ou pour se déplacer. Comment les consommateurs adaptent-ils leur comportement pour les achats dont ils peuvent plus facilement contrôler le prix ?
1. Le consommateur achète moins et moins cher
La meilleure façon de compenser la hausse des prix, c'est d'acheter moins. "Nous observons une stabilité dans les dépenses de nos clients (ticket de caisse stable), mais avec des achats un peu moins diversifiés. Cela signifie un peu moins de lignes sur le ticket de caisse, mais avec chacune un montant plus haut, résultat à la fois de l'inflation, mais aussi d'achat en volumes", note Eva Biltereyst, porte-parole chez Colruyt. La chaîne Cora remarque pour sa part un glissement des achats vers des produits à plus faible valeur unitaire, notamment pour les boissons softs, où le choix se porte sur de plus petites bouteilles.
2. Le consommateur est plus réactif aux promos
Les promotions sont bien entendu un excellent moyen d'acheter plus pour un prix moindre. Ce n'est pas neuf. Ce qui l'est sans doute, c'est la sensibilité à ces offres. "Les clients sont effectivement nettement plus attentifs et réactifs aux différentes promotions", souligne Karima Ghozzi, porte-parole chez Delhaize. "Le client est en effet très demandeur de promotions", confirme Siryn Stambouli, porte-parole chez Carrefour. "Les produits Cora et les premiers prix en promo évoluent bien", note encore Julie Depas, pour la chaîne d'hypermarchés.
"Sur certaines promotions, nous remarquons jusqu'à 10 % d'augmentation par rapport aux semaines précédentes", note Julien Wathieu, porte-parole chez Lidl. Aldi, par contre, n'a pas enregistré d'évolution "significative".
3. Le consommateur privilégie les premiers prix
Le consommateur se tourne plus régulièrement vers des produits de la marque du distributeur, moins chers que les marques nationales. "Nous observons une très légère augmentation des volumes pour nos marques distributeur, de moins de 10 %", explique Delhaize. "Les clients favorisent les produits les plus accessibles", ajoute Carrefour. "La marque Carrefour, et notamment la marque Simply, est en croissance constante depuis ce début d'année au niveau des ventes."
C'est par contre nettement plus nuancé chez Colruyt. "La ventilation entre marques nationales, marques premiers prix et marque maison reste stable dans le panier moyen, à peine perçoit-on une légère augmentation des ventes de Everyday aux dépens des marques nationales", constate Eva Biltereyst. "Cela reste très léger en raison de notre politique des meilleurs prix et d'un assortiment limité en Everyday."
"Les marques de distributeur ont la cote", résume Julien Wathieu. Il est vrai que 90 % de l'assortiment de Lidl est composé de produits de marques propres.
"Comparé aux mois précédents, nous observons une hausse en popularité des marques propres depuis le mois de mars", relève Tine De Keersmaker, porte-parole chez Aldi. C'est notamment le cas pour l'eau minérale et pétillante de la marque Rocheval.
4. Le consommateur va vers d'autres produits
Autre tendance relevée : continuer à acheter de la viande ou du poisson, mais en optant pour des produits moins chers. Ce n'est cependant pas généralisé. "Les morceaux nobles de viande de bœuf ne souffrent pas d'une diminution d'achat", cite, comme exemple, Kharima Gozzi. "Par contre, les morceaux intermédiaires diminuent au profit des morceaux meilleur marché." "Les hachés se vendent de mieux en mieux", signale encore Siryn Stambouli.
Aldi, de son côté, n'a pas observé de "différences significatives" dans l'évolution des ventes de viande et de poisson, dont les assortiments sont, il est vrai, plus réduits que chez Delhaize et Carrefour.
5. Le consommateur freine ses achats "plaisir"
Comment le Belge se comporte-t-il à l'égard des achats "plaisir" ? Les magasins Cora enregistrent une forte chute des ventes de vin et d'alcool. Même constat chez Carrefour, pour qui cette baisse peut avoir un lien avec la réouverture de l'Horeca par rapport au printemps 2021, entraînant une baisse logique de la consommation à la maison. "Nous nous attendons à des retombées négatives" dans les mois à venir vu le contexte économique difficile.
Delhaize, pour sa part, n'a rien remarqué de tel alors que Colruyt décèle le fait que "les clients se laissent peut-être moins tenter par des achats plus impulsifs, tels que les fleurs et les plantes, par exemple".