Un sénateur belge en faveur du clonage

RACHEL CRIVELLARO

ENTRETIEN

Membre de la Commission de bioéthique du Sénat, le sénateur coopté et docteur en médecine Jan Remans (VLD) s'était déclaré en faveur du clonage reproductif sous certaines conditions, lors des travaux sur la proposition de loi autorisant la recherche sur les embryons. Les sénateurs ont toutefois rejeté le clonage humain.

Maintenez-vous votre position? Pour quelles raisons?

Je reste en faveur du clonage reproductif ainsi que de celui à finalité thérapeutique d'ailleurs car ils sont liés. Si l'on n'autorise pas la recherche sur le clonage reproductif, les expériences se poursuivront dans l'opacité. J'estime qu'il vaut mieux jouer la carte de la transparence dans un domaine où l'on sait très bien que les possibilités sont réelles, même si certains scientifiques et politiques s'obstinent à les minimaliser. Qu'adviendra-t-il une fois que quelqu'un aura prouvé la réalité du clonage humain?

En somme, il s'agirait de prendre les devants...

Oui, afin d'éviter toute une série de dérives dangereuses comme une commercialisation à outrance d'une technique qui trouvera toujours des interlocuteurs, que ce soit pour de bonnes comme des mauvaises raisons.

Vous êtes un des rares, semble-t-il, à estimer qu'il existe de bonnes raisons pour justifier le clonage humain...

Je ne vois pas de différence entre un enfant né par voies naturelles, par fécondation in vitro ou encore par clonage. Un enfant est un enfant.

C'est le mode conception qui est en cause. Le clonage suppose une création asexuée. C'est le développement futur de l'enfant qui suscite des craintes...

Ce ne serait pas bien différent que pour des enfants qui ressemblent beaucoup à leurs parents. Il faut corriger les conséquences néfastes, pas interdire la technique.

Sous quelles conditions autoriseriez-vous le clonage humain?

Il faudrait que les parents n'aient pas d'autres solutions pour avoir un enfant ou que l'un des parents soit porteur d'une maladie héréditaire. En réalité, il existe d'autres cas de figure qui dépendent de l'évolution de la société. Je pense notamment aux couples de lesbiennes. C'est pourquoi, je prône une loi aux règles éthiques évolutives plutôt que restrictives. Une Commission fédérale serait chargée d'évaluer les motivations des demandeurs.

© La Libre Belgique 2002

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