Raël renonce à fournir des preuves
Le gourou de la secte des raéliens, Claude Vorilhon, alias "Raël", a affirmé qu'il avait demandé à la présidente de Clonaid, Brigitte Boisselier, de renoncer aux tests d'ADN sur le présumé premier bébé clone, en raison de poursuites judiciaires en Floride
- Publié le 03-01-2003 à 00h00

Le gourou de la secte des raéliens, Claude Vorilhon, alias "Raël", a affirmé qu'il avait demandé à la présidente de Clonaid, Brigitte Boisselier, de renoncer aux tests d'ADN sur le présumé premier bébé clone, en raison de poursuites judiciaires en Floride.
"La mauvaise nouvelle, c'est qu'il y a deux jours un juge de Floride a signé un papier disant que le bébé Eve devrait être retiré à sa famille, à sa mère", a expliqué Raël, interrogé jeudi soir sur la chaîne CNN.
"Le Dr Boisselier était sur le point de débuter les tests d'ADN avec (le journaliste américain) Michael Guillen afin de prouver au monde que c'est vrai (l'existence d'un clone). Alors je l'ai appelée immédiatement (...) et je lui ai dit: si j'étais vous, je ne testerais rien", a poursuivi Raël, qui avait demandé aux journalistes de CNN de l'appeler "Sa Sainteté Raël".
Il a justifié sa demande par la crainte que le lieu où se cachent les parents avec le supposé bébé soit découvert.
Un avocat de Floride, Bernard Siegel, a demandé à la justice de l'Etat de retirer la garde du supposé bébé clone à ses parents, au motif que l'enfant pourrait souffrir de troubles génétiques graves.
Il affirme dans sa plainte déposée mardi devant le tribunal de Fort Lauderdale, près de Miami, que le bébé est "un "cobaye humain", objet d'une "dangereuse expérience médicale". Il réclame à la justice qu'elle ordonne une expertise médicale pour déterminer son état de santé.
La société de clonage humain Clonaid, dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada), a été fondée par les raéliens, une secte ufologique installée au Canada et qui professe que des extraterrestres ont créé l'espèce humaine par clonage il y a 25.000 ans.
L'annonce faite sans preuves aucune de la naissance du premier bébé clone a été reçue avec le plus grand scepticisme dans la communauté scientifique. Interrogée jeudi soir sur la chaîne de télévision française France 2, Brigitte Boisselier, également membre de la secte des raéliens, avait affirmé que les prélèvements d'ADN avaient été "repoussés".
"Il n'est pas encore certain qu'ils aient lieu", a-t-elle même ajouté. "Les parents m'ont dit qu'ils se donnaient encore 48 heures pour décider si oui on non ils le faisaient".
Leur décision, selon elle, sera influencée par la crainte de poursuites judiciaires. Une audience préliminaire a été fixée au 22 janvier devant un tribunal de Floride, à laquelle sont convoqués les parents d'"Eve", Brigitte Boisselier et Raël, selon l'avocat à l'origine de la plainte civile.
Mme Boisselier a indiqué que des avocats examinaient la portée de cette plainte pour savoir quels étaient "les risques" que le bébé soit retiré aux parents.
Elle a dit craindre, en outre, que l'expert indépendant chargé d'effectuer les prélèvements d'ADN sous la supervision du journaliste américain Michael Guillen, et dont elle a refusé de dévoiler l'identité, ne soit forcé à témoigner sous serment devant la justice.
