L'Iran, tel que vous ne le verrez pas
Téhéran n'a accordé de visa qu'à deux reporters belges (de la RTBF et de la VRT). Ils ont pu obtenir le sésame, in extremis, pour travailler actuellement sous très étroite surveillance. Commentaire
- Publié le 13-06-2013 à 12h07
- Mis à jour le 13-06-2013 à 12h49

"La situation en Iran n'est pas celle que vous imaginez en Europe." Elle est meilleure, nous avait assuré un haut diplomate de la République islamique au mois de mars dernier. Le pays est magnifique et chargé d'histoire, les universités sont performantes, la femme vit en toute sécurité, Internet fonctionne parfaitement. La perspective de l'élection présidentielle était trop belle pour ne pas plonger dans cet Iran que - nous disait-on - nous gagnions à découvrir. Il est vrai que nous ne le connaissons finalement qu'à travers les rapports accablants des ONG de défense des droits de l'homme, la censure des médias, les diatribes du président Ahmadinejad, les propos des ayatollahs, les dénégations quant au projet réel ou supposé d'acquérir l'arme atomique.
Nous avions donc le projet de confronter ce que nous lisions et entendions à la réalité sur place, de rendre compte de la vie et des préoccupations quotidiennes dans ce pays de 75 millions d'habitants. Mais Téhéran n'a accordé de visa à aucun de nos quatre journalistes et photographe qui en avaient fait la demande voici plusieurs semaines déjà. Seuls deux reporters belges (de la RTBF et de la VRT) ont pu obtenir le sésame, in extremis, pour travailler actuellement sous très étroite surveillance. Comme nous, de très nombreux journalistes étrangers sont restés dans les mailles du comité interministériel (Culture et Orientation islamique, Renseignement, Intérieur et Affaires étrangères) chargé d'analyser les demandes. Le ministre Mohammad Hosseini voulait à tout prix empêcher que "des espions sionistes viennent en Iran" (sic).
Cette expérience a plutôt tendance à conforter notre appréciation initiale : l'Iran est tel que nous l'imaginions, une dictature qui n'octroie pas de visa aux journalistes étrangers et entrave le travail des reporters présents sur place.
Un commentaire de Sabine Verhest
