Climat: "Nous nous réjouissons de la présence de Greta Thunberg à nos côtés, c'est symboliquement important"
- Publié le 21-02-2019 à 09h31
- Mis à jour le 21-02-2019 à 10h35

Anthony Terroir, 20 ans, étudiant à l'Université libre de Bruxelles (ULB), est le porte-parole du Comité des élèves francophones (CEF). Selon lui, les marches étudiantes pour le climat ne sont pas près de s'essoufler.
Que vous inspire la présence de la Suédoise Greta Thunberg au milieu des marcheurs belges pour le climat, ce jeudi ?
Avec ou sans Greta, notre mouvement avance avec conviction. Mais nous nous réjouissons de la présence de Mlle Thunberg à nos côtés car cette présence est symboliquement importante. Son discours, lors de la Cop 24, à Katowice, a impressionné le monde entier. Elle est devenue une porte-parole emblématique des jeunes qui se battent pour le climat. Elle incarne l'unité de notre mouvement et son caractère universel. L'action que nous sommes en train d'entreprendre n'a pas de frontières, nous travaillons ensemble et nous sommes bien déterminés à continuer.
Les marches pour le climat en seront, ce jeudi, à leur septième édition. N'y a-t-il pas danger que le mouvement s'essouffle ?
Ce n'est pas ce que je ressens. Notre fougue est intacte. Certes, la manière de faire a quelque peu évolué. Rallier Bruxelles chaque jeudi n'était pas facile pour tout le monde et c'était cher pour beaucoup. Ce que nous voyons aujourd'hui fleurir, ce sont des initiatives dans diverses villes du pays qui sont souvent intéressantes et originales. Non, nous ne sommes pas près de nous fatiguer.
Que pensez-vous du soutien, d'une part des directions des écoles et des universités, d'autre part de la population en général ?
Selon moi, les directions des universités sont davantage derrière les étudiants qui manifestent pour le climat que celles des établissements scolaires du secondaire, où la situation fluctue davantage d'une école à l'autre. C'est peut-être lié à la population scolaire et à l'organisation même des réseaux. Nous observons, par ailleurs, une réelle sympathie de la part de la population plus âgée. Les "adultes" sont aussi concernés que nous par la problématique et devraient être soucieux de l'avenir de leurs enfants et petits-enfants.
Que pensez-vous des réactions de la classe politique ?
Je sais que le gouvernement est en affaires courantes et que nous sommes en période électorale. Mais l'enjeu est énorme, il dépasse le cadre strict de la petite Belgique et il y a urgence. Nous attendons donc des mesures rapides et concrètes et pas seulement des promesses. Tant que ce ne sera pas le cas, nous continuerons à descendre dans la rue.
D'aucuns vous font le reproche de profiter de la société de consommation (GSM, voyages en avion, etc.) et de faire le contraire de ce que vous revendiquez…
Nous devrons modifier notre manière de vivre, réduire notre consommation, changer nos habitudes. Nous avons nos responsabilités. Mais ce que nos aînés ne doivent pas oublier, c'est que le monde dans lequel nous sommes nés, le mode de vie dans lequel nous baignons depuis notre petite enfance, ce sont eux qui les ont créés.