Les astronomes rêvent d'installer leurs instruments dans cet endroit extrême, pour deux milliards de dollars
Si les astronomes du passé se rendaient dans des endroits extrêmes pour étudier le ciel, les planètes et la terre, leurs homologues du XXIe siècle rêvent à présent de la surface lunaire pour installer leurs télescopes.

- Publié le 24-08-2025 à 20h16
- Mis à jour le 25-08-2025 à 11h17

À quoi ressemblent aujourd'hui les voyages des astronomes ? Ceux-ci se rendent désormais surtout dans des observatoires, installés dans des endroits à la météo favorable et loin de la pollution lumineuse. Ce n'est en effet que depuis le XXe siècle que les astronomes choisissent, à l'aide notamment de relevés météorologiques, les endroits les plus favorables sur la planète, pour y installer des télescopes.
"Il y a beaucoup de moins de risques personnels aujourd'hui, en comparaison avec tous ces gens du passé ! Aujourd'hui, on prend l'avion !, commente en riant l'astronome Yaël Nazé. Si vous voulez aller à l'observatoire de Paranal, dans le désert de l'Atacama au Chili, vous prenez l'avion jusqu'à Antofagasta et vous avez un bus de l'Observatoire européen austral qui vient chercher tous les gens de l'ESO. Vous arrivez directement à l'observatoire et vous avez la cantine, la chambre… L'air extérieur est très sec, mais de toute façon, tout se trouve à l'intérieur des bâtiments ! Et en réalité, si vous avez besoin d'observations chiliennes, il n'y a même plus besoin d'aller au Chili. Des scientifiques sur place prennent les observations et vous les envoient, même sur votre ordinateur portable dans votre jardin. Même chose pour les télescopes dans l'espace dont on reçoit les observations tranquillement à son bureau ! L'accès est évidemment beaucoup plus simple."
Il est en outre également possible de contrôler un télescope qui se trouve à l'autre bout du monde depuis son bureau. Sans compter les télescopes robotisés, qui suivent un programme que l'on leur envoie, notamment ceux dans l'espace.
"Se dédier à cette quête de connaissance"
Le point commun avec les explorateurs astronomes des siècles passé, en revanche, "c'est la volonté de vouloir connaître les choses avec précision et l'investissement que nous y mettons. De se dédier à cette quête de connaissance. Bien sûr, certains font leurs 38 heures semaine et puis basta. Mais beaucoup font plus ! Ce qui a poussé ces astronomes d'autrefois à se dépasser, c'était vraiment essayer de comprendre le monde. Ils n'étaient pas nécessairement à la base des aventuriers !"
Une autre similitude est que les astrophysiciens actuels restent dépendants de la météo. "Les observatoires sur des hautes montagnes permettent de se trouver en général au-dessus des nuages et donc de bénéficier d'une meilleure météo. Mais même depuis le Chili, vous n'observez pas 100 % du temps. Il y a parfois trop de vent, des nuages…"
Antarctique et surface lunaire
Il existe cependant encore quelques lieux extrêmes pour les astronomes, comme l'Antarctique, où sont installés des télescopes qui nécessitent des hivernages ardus pour la maintenance. "Tout l'intérêt de l'Antarctique est de pouvoir observer dans un environnement froid. En effet, tout ce qui n'est pas au zéro absolu émet de l'infrarouge. Si vous observez à l'infrarouge, imaginez une toute petite étoile, perdue dans tout ce brouillard. Mais si vous diminuez la température de ce qui est autour, vous la voyez beaucoup mieux !"
Le rêve de certains astronomes, c'est… la surface lunaire. "Depuis les années soixante, il y a des projets réguliers de télescopes sur la Lune, indique l'astronome. Certains veulent les installer dans des cratères qui sont constamment dans l'ombre, où il fait extrêmement froid, mais où il faudrait malgré tout amener de l'électricité… Cela semble donc compliqué."
Des scientifiques de la Nasa travaillent ainsi actuellement sur un tel projet de radiotélescope géant sur la face cachée de notre satellite. S'il est approuvé, sa construction pourrait débuter dès les années 2030 et coûter plus de 2 milliards de dollars.
