Jean-François Bourlart sort du silence et se livre sur la fusion entre Lotto et Intermarché
Jean-François Bourlart, à la tête de Lotto-Intermarché, évoque les enjeux de la première saison de cette formation née de la fusion de deux équipes.
- Publié le 13-01-2026 à 12h02

Elle a alimenté les conversations depuis l'été. Elle a suscité pas mal de questions, aussi. Et d'inquiétudes également pour le monde du vélo en Belgique. La fusion entre les équipes Lotto et Intermarché a été complexe à mettre en place. Ses têtes pensantes ont peu communiqué sur l'intégration de ces deux formations en une seule.
"Je m'exprime effectivement pour la première fois face à la presse et je tiens à m'excuser du manque de communication lors de l'élaboration de ce projet, avance Jean-François Bourlart au moment de prendre la parole lors de la présentation officielle de Lotto-Intermarché, tenue ce lundi à son service course, à Tamise, et de répondre à nos questions. Cela n'a pas été une opération facile. L'Union Cycliste Internationale avait d'ailleurs des craintes à ce sujet. Mais, au bout du compte, elle nous a presque félicités…"
C'était vraiment compliqué, je ne tiens pas à refaire une telle opération de fusion un jour !
Il marque une pause, comme pour souligner le chemin parcouru ces derniers mois. "Ce qui est certain, c'est que je ne tiens pas à refaire une telle opération un jour ! Mais chez Intermarché-Wanty, cela devenait compliqué de continuer seuls. Nous avons eu une saison 2022 exceptionnelle, avec notre cinquième place au classement final du World Tour et un budget avec nos leaders comme Girmay qui a ensuite explosé. Mais nous n'avons pas trouvé dans la foulée les gros sponsors que nous espérions. Nous avons donc tâté le terrain avec l'équipe Lotto. On a eu une première rencontre dans le courant du mois de mai. Nous voulions y avancer sereinement après le Tour de France, mais l'info liée à ce projet a fuité. La mise en place a été compliquée à tous les niveaux. Car on ne parle pas que des coureurs, qui étaient 43 sous contrat (NdlR : pour un effectif qui devait en compter trente), mais aussi des membres du staff, des sponsors, des partenaires techniques, de la situation des deux sociétés, sans oublier les aspects administratifs et bien évidemment juridiques."
Le défi, maintenant, sera de faire cohabiter ce nouveau groupe. "Nous avions aussi des styles différents pour nos équipes respectives, poursuit le manager hennuyer. Mais aussi beaucoup de points communs : nous sommes des formations belges, nous travaillons avec des jeunes coureurs, essayons de tirer les talents vers le haut. L'idée, c'était de prendre le meilleur de nos deux projets. Au final, nous y sommes arrivés. Un plus un, cela ne fait pas trois, mais on va essayer de s'en approcher, de faire plus que deux… Et nous sommes fiers de l'équipe en place. Avec des contrats pour les trois prochaines années."
Trois leaders : De Lie, Van Eetvelt, Widar
Lotto-Intermarché s'articulera autour de trois leaders. Trois éléments issus des rangs de Lotto avec Arnaud De Lie et Lennert Van Eetvelt mais aussi le très prometteur Jarno Widar, qui arrive de la catégorie des espoirs avec une solide réputation. "Jarno est très talentueux et très ambitieux, détaille Kurt Van de Wouwer, le manager sportif, qui va travailler avec Aike Visbeek, le responsable de la performance. Nous allons lui donner un programme adapté à son âge et voir comment il va évoluer sur, déjà, pas mal de rendez-vous World Tour. Concernant Lennert et Arnaud, ils n'ont pas vécu une saison 2025 facile avec les blessures de Van Eetvelt et le printemps compliqué de De Lie. Mais quand vous voyez comment Arnaud a rebondi en fin de saison, c'est un super rappel de ses capacités. Est-ce qu'on l'attend à nouveau au printemps en 2026 alors qu'il n'a pas pu y performer comme il le souhaitait ces deux dernières années ? Oui, car il en a le potentiel. Mais l'erreur serait de lui remettre toute la pression."
Derrière nos trois leaders, notre noyau général est plus solide.
Concernant l'effectif de Lotto-Intermarché, Kurt Van De Wouver l'estime plus fort que celui de Lotto l'an dernier. "Derrière nos trois leaders, nous pourrons aussi nous appuyer sur un noyau général plus solide. Et sur de très bons jeunes, avec du potentiel, comme Huub Artz ou Felix Orn-Kristoff (NdlR : le demi-frère d'Alexander Kristoff). On peut espérer de bonnes surprises. Quand il a débuté chez nous, Maxim Van Gils était par exemple annoncé aussi comme un bon jeune avant de percer… Notre premier stage s'est bien passé. Dans une nouvelle saison, il y a souvent six-sept nouveaux coureurs dans une équipe. Là, on est à dix si on compte ceux qui viennent du noyau d'Intermarché-Wanty. Ce n'est donc pas beaucoup plus. Et la plupart des gars se connaissaient déjà. Nous espérons donc vivre une belle saison."
Avec, déjà, la conquête des précieux points pour se maintenir dans le World Tour. "Ce ne sera pas une obsession, nous n'allons pas nous prendre la tête tous les jours avec notre calculette, mais notre but est de rester à ce niveau dans trois ans, oui, termine Jean-François Bourlart. Nous devons avoir confiance dans notre équipe en ciblant bien les courses qui nous conviennent. Le but, en cyclisme, cela reste de gagner des courses ! Et de rouler de manière attractive. Nous voulons être performants. Si on peut en plus faire exploser au niveau mondial nos jeunes, ce serait parfait. Sans oublier la volonté de garder nos talents."