Geen commentaar: : une femme livre son envie d'avoir un enfant de son mari décédé
Une chronique signée Vincent Rocour.

- Publié le 21-08-2022 à 12h06
- Mis à jour le 16-09-2022 à 23h02

Laura Verhulst n'est pas - encore - une bekende vlamingen ("une Flamande connue"). Mais elle n'est déjà plus une anonyme. Sa pâtisserie, "Madam Bakster", située à deux pas de la cathédrale Saint-Bavon à Gand, ne désemplit pas. Ce succès, la jeune femme, 29 ans, l'a bâti en proposant des desserts sans sucre raffiné ni produits d'origine animale.
Mais cette semaine, ce ne sont pas ses tartes qui ont contribué à accroître sa notoriété en Flandre. C'est son intention, dévoilée dans un long entretien au magazine Flair, d'avoir un enfant de son mari décédé.
L'histoire, poignante, se joue au croisement de la mort et de la vie. Kobe Jacxsens, le mari et le bras droit de Madam Bakster dans la bonne marche de ses affaires, pensait avoir toute la vie devant lui. Un jour cependant, le médecin a décelé chez lui les traces d'un cancer de l'estomac. Kobe Jacxsens a commencé une chimiothérapie, mais le traitement n'a pu vaincre la maladie. Il est mort en décembre 2021, sans avoir pu vivre l'autre grand projet que le couple s'était juré de réaliser : avoir un enfant.
Avant même sa chimiothérapie et sentant bien la vie lui échapper, le jeune homme avait prélevé et congelé un peu de son sperme. L'intention était claire : laisser la possibilité à sa femme d'avoir in vitro un enfant de lui si le cancer devait l'emporter. Quand sa mort est devenue inéluctable, il a acheté un "livre de bébé" et a écrit à la première page, en s'adressant à cet enfant tant désiré mais pas encore conçu : "Même si je ne te connaîtrai jamais, je suis fier de qui tu es."
Un délai de réflexion
Cela fait maintenant neuf mois que Kobe Jacxsens est décédé. Laura Verhulst a pris le temps de mûrir la décision. Elle ne pouvait d'ailleurs pas entamer tout de suite le processus pour avoir son enfant car la loi impose un délai de réflexion de six mois minimum après le décès du partenaire avant le début du traitement. Le législateur voulait éviter que la future maman prenne une décision lourde de sens - élever un enfant seule - pour tenter d'échapper à la tristesse.
Le délai de réflexion n'a pas refroidi le désir de maternité de Laura Verhulst. La jeune femme nourrit cependant quelques appréhensions. La loi impose en effet un délai de deux ans maximum, à partir du décès du conjoint, pour tomber enceinte. Aujourd'hui, il lui reste 15 mois. "Que se passera-t-il si je perds mon enfant après six mois de grossesse", s'inquiète-t-elle.
Dans la presse flamande, des gynécologues expliquent que ce délai de deux ans rend presque impossible la possibilité d'avoir deux enfants de son mari décédé. Et de demander une réflexion sur une disposition qui, faut-il le dire, ne concerne que très peu de monde.