Geen commentaar: la Flandre accorde à ses profs un droit à la déconnexion
Une chronique signée Vincent Rocour.

- Publié le 18-09-2022 à 08h03

Plus encore sans doute que la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Flandre a beaucoup investi pour faire passer ses écoles à l'ère digitale. Elle a vu assez tôt le bénéfice que l'enseignement pouvait tirer des nouvelles technologies numériques tant sur le plan pédagogique que pour son bon fonctionnement.
C'est d'ailleurs grâce à ces nouvelles technologies que les écoles flamandes ont globalement réussi, malgré la vague de confinements successifs, à préserver vaille que vaille le niveau des apprentissages durant la crise sanitaire. En particulier, l'utilisation - généralisée en Flandre depuis quelques années déjà - de la plateforme Smartschool a offert aux directions, aux enseignants et à leurs élèves la possibilité de maintenir un contact permanent entre eux.
Mais l'envahissement des écoles par les écrans peut aussi constituer une charge. Les nouveaux moyens de communication ont considérablement élargi la disponibilité des enseignants. Les élèves peuvent désormais leur envoyer des questions à n'importe quelle heure et de toute nature - horaire de cours, matière d'examens, etc. Les communications au sein des équipes pédagogiques se font de plus en plus souvent grâce à des messageries - du type Whatsapps -, qui peuvent être très pratiques, mais se révèlent à l'usage chronophages.
Stress et burn-out
Cette disponibilité de tous les instants crée du stress et de la frustration chez les enseignants, parfois même chez les élèves. Des profs sont interpellés par des parents qui leur reprochent de répondre trop lentement à leur question. D'autres, estimant qu'un bon enseignant doit être le plus disponible possible, mettent un point d'honneur à répondre sans attendre aux messages des élèves. La frontière entre vie professionnelle et vie privée a dès lors tendance à s'estomper. Ce qui alimente le burn-out, qui toucherait un enseignant flamand sur cinq.
Comme révélé par le Standaard, le ministre flamand de l'Enseignement, Ben Weyts (N-VA), vient de négocier avec les syndicats un droit à la déconnexion dans les écoles. Désormais, chaque établissement scolaire doit fixer un cadre pour toutes les communications digitales. Ce cadre peut, par exemple, déterminer une heure au-delà de laquelle un élève ne peut plus envoyer de message à son prof.
Il s'agit de délimiter clairement la disponibilité des enseignants. Mais cette limite sera fluctuante. Elle est en effet fixée par les établissements eux-mêmes, en fonction des besoins.
Ben Weyts n'a d'ailleurs pas manqué de vanter cette souplesse. Pour mieux fustiger la rigidité du droit à la déconnexion tel qu'il a été mis en œuvre dans la fonction publique fédérale et qui impose les mêmes règles à tous les fonctionnaires.