"Il ne devrait pas y avoir de pénurie de pétrole en Belgique"
Selon Energia, la fédération pétrolière belge, 10 % de notre approvisionnement vient du Moyen-Orient.
- Publié le 09-03-2026 à 17h58
- Mis à jour le 10-03-2026 à 10h45

Après avoir clôturé à 92,71 dollars vendredi, le baril de Brent est reparti à la hausse, ce lundi, franchissant la barre symbolique des 100 dollars. Il a même atteint 119,5 dollars en cours de séance, avant de redescendre.
Le prix du gaz est aussi reparti vers le haut, évoluant aux alentours de 55 euros par MWh sur le marché européen de référence.
En ce qui concerne le pétrole, on n'est plus très loin du niveau atteint lors de la crise énergétique de 2022 (128,87 dollars à la clôture, le 8 mars 2022).
Au niveau du gaz, le prix actuel est encore plus de cinq fois moins élevé que celui atteint durant l'été 2022.
Mais comment expliquer que les prix du pétrole et du gaz continuent de monter alors qu'aucune infrastructure énergétique majeure n'a été touchée au Moyen-Orient ces derniers jours ?
"Je le dis depuis le début de la guerre, le détroit d'Ormuz ne sera pas rouvert en quelques jours, nous explique Bob McNally, fondateur du Rapidan Energy Group et ancien conseiller de George W. Bush. Mais en raison de l'impact catastrophique d'une fermeture d'Ormuz et de l'historique des victoires militaires rapides des États-Unis, les marchés n'ont pas pu concevoir que le détroit resterait fermé longtemps. Ils le comprennent désormais."
Pour rappel, un cinquième de la production mondiale de pétrole et produits pétroliers passe normalement par le détroit d'Ormuz chaque jour. Tout comme un cinquième du transit du gaz naturel liquéfié (GNL). Sa quasi-fermeture a donc un impact gigantesque sur les marchés pétroliers et gaziers.
"Au cours du week-end, il y avait certains espoirs d'une diminution de la tension, ajoute Bill Farren-Price, responsable de la recherche sur le gaz à l'Oxford Institute for Energy Studies. Mais avec le choix du nouveau leader iranien, il est devenu clair qu'une négociation américano-iranienne avait peu de chances d'avoir lieu."
Pour rappel, le nouveau Guide suprême de la révolution iranienne est Mojtaba Khamenei, le fils d'Ali Khamenei, dont on anticipe qu'il suivra la ligne dure de son père vis-à-vis des États-Unis et d'Israël.
Donald Trump accentue la hausse
"En outre, les commentaires de Donald Trump ont accentué la hausse du prix du baril, ajoute Bill Farren-Price. Il a déclaré qu'il n'était pas inquiet par la hausse du prix du baril, mais il n'a même pas mentionné le détroit d'Ormuz, qui est pourtant le plus gros problème."
"Les commentaires de l'administration américaine laissent penser qu'il n'y a actuellement aucune solution pour rouvrir Ormuz, ajoute cet expert. Les prix du pétrole doivent donc monter pour détruire une partie de la demande et rééquilibrer la production et la consommation."
En outre, plusieurs gros producteurs d'or noir de la région du Golfe, dont l'Arabie saoudite, ont commencé à réduire leur production faute d'espace de stockage disponible. Un élément qui a logiquement aussi fait monter les prix.
Il reste à voir quand une solution pourra être trouvée. "Cela devrait prendre 3 à 4 semaines, en partant du début de la guerre, pour relancer complètement le trafic dans Ormuz, estime Bob McNally. Le trafic pourrait donc reprendre dans le courant de la semaine prochaine".
En ce qui concerne l'utilisation des réserves stratégiques, Bill Farren-Price estime qu'il ne s'agit que d'une solution de court terme. Quoi qu'il en soit, le Financial Times rapporte qu'aucun accord n'a été trouvé, au sein du G7, autour de l'utilisation des réserves stratégiques des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Mais une nouvelle réunion devrait avoir lieu ce mardi. Toujours selon le FT, 300 à 400 millions de barils, au sein d'une réserve totale de 1,2 milliard de barils, pourraient être mis sur le marché.
Pour rappel, l'AIE a été créée en 1974, dans la foulée du premier choc pétrolier. Chaque pays, parmi la trentaine de membres, a pour mission de constituer une réserve stratégique permettant de couvrir 90 jours d'importations nettes.
Aux États-Unis, Donald Trump a été fortement critiqué pour ne pas avoir reconstitué la réserve stratégique américaine au moment où le prix du baril était bas.
Jean-Benoît Schrans, responsable communication d'Energia, la fédération pétrolière belge, avance que la réserve belge est répartie sur plusieurs sites de stockage en Belgique et à l'étranger.
"Environ 10 % de l'approvisionnement belge vient du Moyen-Orient, ajoute-t-il. En outre, tout ce pétrole ne passe pas par le détroit d'Ormuz. Il ne devrait donc pas y avoir de pénurie de pétrole et produits pétroliers en Belgique."
