Plutôt que de rivaliser avec les mastodontes américains et asiatiques, l'Europe a choisi sa propre stratégie pour l'avenir tech
Voici les cartes sur lesquelles misent les entreprises européennes pour l'IA en 2025.

- Publié le 10-01-2025 à 12h00
- Mis à jour le 10-01-2025 à 12h47

Face à la domination des géants américains et chinois de l'intelligence artificielle, les entreprises européennes ne comptent pas rester en retrait. En 2025, elles entendent jouer leurs propres cartes pour se faire une place dans ce secteur.
Avant tout, l'Europe mise sur une spécificité : le développement d'une intelligence artificielle responsable et éthique. Les nouvelles réglementations prévues par l'IA Act, entrées en vigueur en août dernier, devraient créer un cadre bien utile pour cette technologie qui n'en est encore qu'à ses débuts. "Nous voulons que l'IA européenne reflète nos valeurs fondamentales de transparence et de respect des données personnelles", déclarait Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, en janvier 2024.
Selon les analystes, les entreprises européennes comptent s'appuyer sur cette différenciation pour attirer des utilisateurs et investisseurs sensibles aux enjeux de protection des données et de transparence.
"Mistral est notre réponse audacieuse aux sceptiques qui doutent de la capacité de la France et de l'Europe à innover au plus haut niveau."
Des marchés spécifiques
Plutôt que de rivaliser directement avec les mastodontes comme OpenAI sur les modèles de langage génératifs comme ChatGPT, les entreprises européennes semblent avoir fait le choix de concentrer leurs efforts sur des applications ciblées. Des secteurs comme la santé, l'énergie ou encore les services publics figurent parmi les priorités.
En Belgique par exemple, des entreprises comme le louvaniste Icometrix utilisent l'IA pour analyser des images médicales, notamment dans le domaine des neurosciences. Fin 2024, elle a d'ailleurs annoncé une coopération avec le géant Philips pour accélérer le processus. Autre exemple : en Allemagne, Siemens Energy déploie des outils d'IA pour optimiser les réseaux d'énergie renouvelable.
Mais parmi les acteurs européens émergents, la start-up française Mistral.AI fait sensation. Fondée en 2023 par Arthur Mensch, un ancien de chez le spécialiste IA DeepMind (racheté par Google) et deux chercheurs français formés chez Meta, elle s'est rapidement imposée avec un modèle de langage de nouvelle génération. Rien qu'en juin dernier, Mistral.AI a levé près de 600 millions d'euros pour développer des solutions open source, une stratégie qui lui permet d'attirer une communauté internationale de développeurs et de chercheurs. "Mistral est notre réponse audacieuse aux sceptiques qui doutent de la capacité de la France et de l'Europe à innover au plus haut niveau", avait-il affirmé au journal Les Echos.
Des investissements massifs, mais…
Les partenariats transfrontaliers se renforcent également. Des initiatives comme le programme Horizon Europe, doté de 95,5 milliards d'euros pour la période 2021-2027, financent les projets collaboratifs pour mutualiser les compétences et accélérer le développement des technologies comme l'intelligence artificielle. En 2025, l'objectif est donc de créer une sorte de "Silicon Valley européenne" capable de concurrencer les écosystèmes américain et chinois.
Mais malgré ces efforts, les entreprises européennes devront surmonter plusieurs obstacles pour réellement rivaliser avec les leaders mondiaux. Le premier défi reste le financement, mais surtout la guerre des talents. Attirer et retenir les meilleurs chercheurs et ingénieurs reste une priorité pour les entreprises européennes, qui devront rivaliser avec les salaires et opportunités offerts par leurs homologues outre-Atlantique et asiatiques.