Ekwip, la start-up qui se veut le "Vinted du sport" : "À terme, notre ambition, c'est d'être présent partout en Europe"
La jeune start-up belge veut allier écoresponsabilité et accessibilité. En proposant des articles de sport de seconde main mais aussi des invendus. Sur la plateforme, on compte déjà plus de 3 000 références.

- Publié le 24-01-2025 à 08h12
- Mis à jour le 24-01-2025 à 10h34

Rendre le sport plus accessible mais aussi plus écoresponsable pour les sportives et sportifs, en Belgique aujourd'hui, en Europe demain. Telle est l'ambition de la start-up Ekwip qui a créé une plateforme en ligne permettant de vendre et d'acheter des équipements sportifs de seconde main mais aussi des invendus d'enseignes sportives et de marques. "C'est un projet qui est né il y a un certain temps déjà avec Nicolas Amiel, mon premier associé. Nous avions en commun d'avoir le goût de l'entrepreneuriat et d'être tous les deux sportifs", raconte Arnaud de Chevigny (37 ans), cofondateur d'Ekwip.
En Belgique et en Europe, il y a encore énormément de matériel sportif qui traîne dans les caves et les garages des particuliers qui changent de disciplines, qui se blessent ou dont les enfants grandissent…".
Et de poursuivre : "J'ai joué toute ma vie au hockey sur glace, qui n'est pas un sport très courant en Belgique. Trouver du matériel quand on est gardien de but de hockey sur glace en Belgique, sans se ruiner, c'est juste impossible. Acheter du bon matériel neuf coûte aujourd'hui une fortune. Une bonne raquette de tennis, c'est entre 250 et 300 euros, un stick de hockey jusqu'à 400 euros et le golf, je n'en parle même pas… Très rapidement, nous nous sommes fait la réflexion qu'il y avait quelque chose à faire dans le sport, en se concentrant dans un premier temps sur le marché de la seconde main. En Belgique et en Europe, il y a encore énormément de matériel sportif qui traîne dans les caves et les garages des particuliers qui changent de disciplines, qui se blessent ou dont les enfants grandissent…".
Davantage qu'une "marketplace"
Le concept Ekwip est lancé : l'achat-vente de matériel et équipements sportifs de qualité à bon prix. La start-up, qui compte aujourd'hui trois personnes (Grégoire de Launoit a rejoint l'équipe), a réellement commencé ses activités l'été dernier. "Tous les clubs nous le disent : l'accès à l'équipement est devenu une barrière à l'entrée du sport pour un certain nombre de personnes, d'autant qu'il faut ajouter les cotisations dans les clubs et le reste. C'est un budget qui devient considérable. Avec Ekwip, nous sommes en quelque sorte un "Vinted du sport", en mettant la circularité et l'écoresponsabilité, qui sont au cœur de notre projet, au service de l'accessibilité. Nous sommes une marketplace mais notre ambition est beaucoup plus grande : encourager le réflexe de la seconde main et valoriser cette filière, au travers de nos partenariats avec les clubs sportifs qui vont jouer un rôle d'ambassadeur de notre projet mais aussi les magasins spécialisés (NdlR : une dizaine actuellement) et les marques."
Nous avons actuellement sur notre plateforme environ 3 000 produits."
Dans un premier temps, Ekwip, qui perçoit une commission sur les équipements vendus, s'est concentré sur quatre sports : le tennis, son petit frère le padel, qui est en pleine croissance en Belgique comme ailleurs en Europe, le golf et le hockey.
On peut déjà aussi y trouver quelques équipements liés aux sports d'hiver. Et, à terme, Ekwip pourrait encore diversifier son offre, en s'attaquant notamment au marché du vélo. "Nous avons actuellement sur notre plateforme environ 3 000 produits. Notre objectif tant pour les vendeurs, qu'ils soient professionnels ou particuliers, que pour les acheteurs est que les transactions se fassent de manière simple, rapide et sécurisée", explique encore Arnaud de Chevigny.
Une levée de fonds cette année
Si la start-up n'en est encore qu'à ses débuts, les premiers résultats sont plutôt prometteurs. Et, en dehors de la Belgique, des ventes ont déjà été réalisées en France, en Italie, en Espagne et aux Pays-Bas. "À terme, notre ambition, c'est d'être présent partout en Europe. Nous nous sommes lancés il y a quatre mois et nous affichons une croissance mensuelle de 50 %", précise encore le cofondateur de la plate-forme. Et pour accélérer sa croissance cette année, la jeune start-up compte multiplier les partenariats avec les clubs sportifs et les enseignes mais aussi passer par la case levée de fonds. "Nous sommes en train de contacter des business angels et les montants levés devraient se situer entre 400 000 et 500 000 euros ; ce qui nous permettra aussi d'engager deux personnes supplémentaires", ajoute Arnaud de Chevigny qui, confiant dans la pertinence de son projet, vise d'ici trois ans un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros.
À long terme, l'ambition de la start-up est de développer elle-même des programmes de reprise de matériel via ses partenaires, les marques et magasins. En attendant, Ekwip vient de nouer un partenariat avec l'Adeps et le campus de l'ULB. "L'ULB, c'est 40 000 étudiants, dont la moitié fait du sport", conclut notre interlocuteur.
