"Beaucoup de membres se sentent pris en otage" : la révolte gronde au David Lloyd d'Uccle, quatre mois après l'incendie
L'incendie est éteint mais le bras de fer continue au David Lloyd. Un collectif de près de 1 000 membres conteste la gestion de l'après-sinistre, les réductions tarifaires et l'absence de calendrier clair pour la réouverture du spa et de la piscine intérieure.
- Publié le 29-01-2026 à 08h01
- Mis à jour le 29-01-2026 à 10h13

Au David Lloyd d'Uccle, le feu est éteint depuis longtemps, mais la grogne continue de couver. Quatre mois après l'incendie qui a ravagé une partie du club le 8 septembre dernier, près de 1 000 membres ont décidé de sortir de leur réserve. Dans une lettre ouverte adressée à la direction, ils dénoncent une situation qui s'éternise, des compensations jugées insuffisantes et, surtout, un manque de communication qu'ils estiment inacceptable pour un club se présentant comme "premium", avec des abonnements mensuels dépassant la centaine d'euros.
L'incendie, survenu au sous-sol, a détruit le spa et etraîné la fermeture de la piscine intérieure. Depuis, plusieurs installations essentielles restent indisponibles. Si le club a pu maintenir une partie de ses activités, de nombreux abonnés estiment que le service presté ne correspond plus à celui pour lequel ils paient leur cotisation, onéreuse, depuis plusieurs mois.

"Pris en otage"
Dans leur courrier, les signataires expliquent vouloir privilégier une solution amiable. Ils reconnaissent les efforts des équipes sur place, mais affirment ne plus se sentir respectés. "Beaucoup de membres ont leurs habitudes au club et n'ont aucune envie de partir, mais se sentent pris en otage par les solutions proposées et par le manque de transparence", écrivent-ils.
Plusieurs mois après l'incendie, le spa et la piscine intérieure restent totalement inaccessibles, tout comme la salle Blaze, une salle de cardio et de musculation. D'autres infrastructures, comme le parking, les vestiaires ou la piscine extérieure, sont décrites comme fortement dégradées ou provisoires. Les membres rappellent aussi que certaines critiques existaient déjà avant le sinistre : vestiaires vieillissants, matériel défectueux ou remplacé au compte-goutte, gestion du parking régulièrement pointée du doigt. En bref, les abonnés payent pour un club premium, mais n'ont pas l'impression de bénéficier d'installations de ce standing.

La question financière cristallise d'ailleurs une grande partie du mécontentement. Après l'incendie, les abonnements mensuels ont été compensés par un mois non facturé, suivi d'une réduction de 75 % en novembre et de 25 % en décembre. Les abonnements annuels ont, eux, été prolongés de deux mois. Actuellement, une réduction de 25 % est appliquée sur les cotisations. Une compensation jugée largement insuffisante par les contestataires, qui réclament une réduction d'au moins 50 %, estimant que la dépréciation du service est bien plus importante.
La direction fixe une limite
Interrogé sur la situation, le directeur général du David Lloyd Uccle, Laurent Yernaux, remercie les membres pour "leur patience et leur compréhension" depuis l'incendie de septembre. Il assure que l'expérience des abonnés reste une priorité et que les équipes travaillent activement à une réouverture complète des installations.

Si la piscine intérieure et le spa demeurent fermés, la direction rappelle que les autres activités du club restent accessibles, notamment les cours collectifs, le tennis, les activités pour enfants, le restaurant, le Pilates Reformer ou encore l'aquagym. Pour compenser la fermeture partielle du parking intérieur, la présence des voituriers a été triplée.
Concernant la pétition, Laurent Yernaux salue une mobilisation qu'il qualifie de "remarquable" et affirme avoir répondu aux préoccupations exprimées. Sur le plan financier, la direction maintient une réduction de 25 % sur les abonnements durant la période de rénovation, estimée "équitable", tout en laissant la possibilité aux membres les plus impactés de suspendre gratuitement leur abonnement.
Des avis partagés parmi les membres
Tous les abonnés ne se reconnaissent toutefois pas dans la contestation. Isabelle, membre depuis un an, se montre plus nuancée. "Le club n'a pas eu de chance, un incendie peut arriver. Ce que je leur reproche surtout, c'est l'absence de communication. Il a fallu attendre décembre pour avoir un message clair avec des dates de réouverture", nous explique-t-elle. Elle reconnaît les efforts consentis pour permettre de continuer à nager et estime que le prix reste en adéquation avec les services proposés. "Ceux qui viennent ici ne vont pas pleurer pour 20 euros. J'ai tout à fait conscience qu'on paie cher, mais on paie pour des services qu'on ne retrouve pas ailleurs", ajoute-t-elle.
Bien qu'elle en ait entendu parler, Isabelle n'a pas signé la pétition. Elle explique avoir toujours obtenu des réponses rapides lorsqu'elle contactait le club directement. Elle se dit toutefois attentive à la suite des événements, qui pourraient s'avérer décisifs pour son futur au David Lloyd. "S'ils respectent les délais annoncés, je reste. S'il y a encore du retard ou un manque de communication, j'irai ailleurs."
Face aux critiques sur la communication, le directeur reconnaît une reprise plus complexe que prévu en raison de la localisation du sinistre, mais assure qu'un plan clair est désormais établi. Les travaux ont débuté cette semaine. L'investissement global annoncé dépasse les 8 millions d'euros et vise la rénovation et la création de nouveaux espaces, avec un objectif de finalisation du spa d'ici à la fin de l'année. L'enquête sur l'origine de l'incendie est toujours en cours.
Reste à savoir si ces promesses et les échéances avancées suffiront à calmer la fronde.