Quels sont les avantages et les inconvénients d'une construction en bois ?
L'aspect naturel et durable du bois saute, bien entendu, aux yeux quand il s'agit de lister les avantages de la construction bois.

- Publié le 07-10-2021 à 14h52
- Mis à jour le 07-10-2021 à 15h02

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"C'est un matériau naturel. À l'exception de la pierre massive, aucun autre matériau de structure n'est aussi naturel que le bois. Et il est recyclable", indique d'emblée Hugues Frère, directeur de Hout Info Bois. "C'est également un matériau éternellement renouvelable. Quand on prélève un arbre, dans le même temps, on peut en replanter un autre." Ce que les gestionnaires privés et publics des forêts wallonnes ne manquent pas de faire, les prélèvements étant en moyenne inférieurs aux accroissements.
Autre atout facilement perceptible : le bois est léger, de l'ordre de 400 kg/m³ contre 2 000 à 2 500 kg/m³ pour le béton. "Le rapport poids/performance mécanique est faible", détaille l'expert. "Cela sous-entend que pour une même performance, on utilise une moindre quantité de matériau." Avec, pour conséquence, des nuisances sonores inférieures puisque son transport nécessite moins de trajets en camion, une exécution plus facile pour les ouvriers puisqu'il est plus léger à déplacer et la possibilité de réaliser des fondations moins lourdes et épaisses. "Ce qui vaut partout, et notamment en ville, dans le cadre d'une rénovation, puisqu'on peut rehausser un bâtiment d'un ou deux étages en bois sans devoir renforcer les structures porteuses", ajoute Hugues Frère.
Préfabriqué et sec
Les caractéristiques du bois jouent aussi sur la durée d'un chantier. D'une part, la plupart des éléments (montants, panneaux, isolant…) sont préfabriqués, et donc prompts à être mis en œuvre. "En quelques jours, un gros œuvre peut être terminé", confirme le directeur de Hout Info Bois. D'autre part, ce matériau est sec et le bâtiment peut donc être immédiatement occupé, évitant doubles loyers, intérêts intercalaires et autres crédits-ponts. Alors que laisser sécher la maçonnerie prend du temps et pas mal d'énergie (chauffage, aération…), sachant que dans une maison de 100 m², la quantité d'eau à évacuer peut monter jusqu'à 14 000 litres. Ces économies doivent rentrer dans les coûts globaux et, de ce fait, ne pas rendre automatiquement la construction traditionnelle plus attractive. "En intégrant tous les coûts et toutes les économies, et à condition que le bois soit envisagé dès la phase de conception par l'architecte, la construction bois n'est pas plus chère."
Faibles performances acoustiques
Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'inconvénients. Au rang desquels arrivent, en premier lieu, de plus faibles performances acoustiques. "À moins que l'utilisation du bois soit décidée aux prémisses de la conception du bâtiment", tempère Hugues Frère. Et c'est pareil pour la réaction au feu, sa combustibilité pouvant être atténuée, voire corrigée. Impossible toutefois de compenser son manque d'homogénéité, très certainement à comparer avec celle du béton, de l'acier ou du PVC. "Le bois a un comportement différent selon les planches - l'une n'est pas l'autre - ou le sens où il est utilisé…", convient-il. Ce qui nécessite, de la part des architectes, davantage de connaissances et de gestion. "C'est un matériau difficile à enseigner. Ils ont peu d'heures de cours sur le bois dans leur cursus. Mais cela s'améliore."
Ce qui est sûr, par contre, c'est que le bois ne pâtit plus d'éventuelles réticences dans le chef des services urbanistiques à octroyer des permis, comme c'était encore le cas il y a 20 ans. "La peur des chalets n'est plus de mise", sourit Hugues Frère. Il faut dire que dans leur toute grande majorité - 95 %, voire 97 % - les constructions en bois n'ont pas l'apparence du bois…
