Marie Lecocq, coprésidente d'Écolo : "On sent bien que les dés sont pipés"
Les verts francophones avaient remporté une belle victoire en 2018. Mais, six ans plus tard, les élections locales de dimanche s'annoncent plus délicates. La coprésidente d'Écolo garde toutefois espoir.

- Publié le 11-10-2024 à 19h45
- Mis à jour le 12-10-2024 à 08h51
Écolo n'aborde pas ces élections dans la meilleure des configurations… Après la grosse défaite de juin, les verts ont dû, en urgence, se doter d'une nouvelle coprésidence. Marie Lecocq et Samuel Cogolati ont succédé à Rajae Maouane et à Jean-Marc Nollet. Mais, à peine installés à la coprésidence, une nouvelle élection s'est présentée sans que le duo ait eu le temps de réorganiser le parti. Interrogée par La Libre, Marie Lecocq ne perd toutefois pas espoir pour ce dimanche. Elle décoche même quelques flèches à ses adversaires. "L'enjeu de ce scrutin est de montrer que les mandataires Écolo ne sont pas comme les autres, explique-t-elle. Ils sont humains, solides, crédibles et s'engagent à 100 %. Contrairement à ce que l'on connaît dans l'intégralité des autres partis qui pratiquent le cumul (des mandats)."
La jeune écologiste se veut aussi réaliste. Elle devine que les négociations locales qui suivront les élections de dimanche pourraient jouer des tours aux verts : "On sent bien que les dés sont pipés, il y a une volonté très assumée de faire des accords préélectoraux entre le MR et les Engagés. Ces partis ont le désir de faire comme au gouvernement wallon et comme ce qui se prépare au fédéral. Mais les citoyens gardent fondamentalement le choix de décider comment leur commune doit être gérée dans les prochaines années."
On sent bien que les dés sont pipés, il y a une volonté très assumée de faire des accords préélectoraux entre le MR et les Engagés."
Écologie populaire et locale
Reste que l'enjeu est important pour Écolo. L'échelon communal fait partie des priorités de la nouvelle coprésidence. Il importe, aux yeux de Marie Lecocq, que les verts s'y maintiennent au pouvoir. "C'est au niveau local que l'on peut monter pourquoi l'écologie est une solution de bon sens. On n'est pas dans une discussion philosophique sur le futur. On doit trouver des solutions tout de suite pour que, par exemple, les enfants mangent de bons repas à la cantine, pour que l'on puisse sortir de chez soi et se balader en toute sécurité, qu'il n'y ait pas sur le trottoir des sacs et dépôts clandestins. C'est l'écologie populaire que nous défendons, Samuel et moi : répondre à des besoins quotidiens."
La jeune écologiste craint-elle malgré tout un ressac électoral pour sa formation ? "Le niveau local est particulier : pas les mêmes listes, pas la même manière de constituer des majorités. Bien malin celui qui arriverait à deviner le résultat de dimanche ; et cela vaut pour toutes les formations. On a vraiment la conviction – vu le travail formidable de nos élus et le travail de porte-à-porte de nos candidats durant cette campagne – que l'on peut conserver une présence écologiste dans les communes. On sent à quel point c'est nécessaire. Qui a perdu en juin, en réalité ? Les habitants de Herstal et de Seraing qui ont perdu l'extension du tram liégeois, les Bruxellois qui ont perdu la possibilité d'avoir une meilleure qualité de l'air dans les deux prochaines années (report de la LEZ)…"