Maxime Prévot : "Je ne cherche pas à tout prix à devenir ministre, mon cœur est à Namur"
Le président des Engagés, candidat bourgmestre dans la capitale wallonne, espère que son parti confirmera au scrutin local de ce dimanche sa victoire des élections de juin.

- Publié le 11-10-2024 à 19h45
- Mis à jour le 11-10-2024 à 20h07

Maxime Prévot peut voir venir le scrutin local de ce dimanche avec sérénité. Son parti, Les Engagés, héritier du défunt CDH, a créé la surprise aux élections fédérales et régionales de juin en décrochant 20 % des voix en Wallonie et 10 % à Bruxelles. Le contexte politique actuel et les sondages lui permettent d'espérer une nouvelle progression, cette fois dans les communes.
Avez-vous déjà mis le champagne au frais pour dimanche soir ?
J'aurai l'humilité de ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, même si on sent sur le terrain le même enthousiasme qu'en juin. On a eu une démarche similaire dans la confection des listes : un mix entre des mandataires aguerris et un fort renouveau avec des citoyens issus de la société civile, séduits par le projet des Engagés. Donc, oui, je suis optimiste, d'autant qu'on a toujours eu un très bon ancrage local. Dans un tel contexte, il n'y a pas de raisons de penser que cet ancrage sera moindre après les élections.
À quoi jugerez-vous la performance des Engagés ? À la progression dans les grandes villes, où l'ex-CDH avait fait de très mauvais résultats en 2018, sauf à Namur et Mouscron ?
Nos indicateurs seront triples : le nombre de mandataires, le nombre de majorités auxquelles nous participerons, et le nombre de bourgmestres. C'est vrai que, s'agissant des mandataires, on observera dans quelle mesure on regagne du terrain dans les pôles urbains. Mais je pense que le résultat de 2018 était un résultat plancher. Avec l'entrain de nos militants et de nos électeurs, qui saluent le travail fait pour crédibiliser une offre politique différente, on sent de l'enthousiasme au niveau local. Et j'espère qu'on le verra aussi dans les grandes villes.
Beaucoup de cartels MR-Engagés ont été formés, notamment en Région bruxelloise. Y aura-t-il une alliance privilégiée avec le MR dans les communes ?
On a des cartels avec tous les partis, sauf le PTB, même s'il est vrai qu'on en a plus avec le MR. Mais il n'y a aucun mot d'ordre nulle part parce que les réalités locales sont tellement diversifiées. Ce n'est pas en imposant des mariages depuis Bruxelles qu'on constitue les meilleurs attelages. Il y a une totale liberté en fonction des réalités territoriales. Y compris pour la constitution des majorités au niveau des provinces.
Le résultat de dimanche vous permettra très probablement de prolonger votre mandat de bourgmestre à Namur. Mais resterez-vous bourgmestre jusqu'en 2030 ou bien deviendrez-vous ministre dans le futur gouvernement fédéral (toujours en cours de formation) ?
Honnêtement, je n'en sais rien. D'abord, mon cœur et mes tripes sont à Namur. Ça, c'est incontestable. Maintenant, j'ai aussi des responsabilités nationales (en tant que président de parti, il négocie la formation du gouvernement, NdlR). Disposer d'un gouvernement fédéral qui permette à la Belgique de prendre une série de décisions est aussi un enjeu important. Mais c'est trop tôt pour savoir si je ferai partie du casting ministériel. Cela dépendra des circonstances, des compétences que nous obtiendrons. Je ne cherche en tout cas pas à tout prix à devenir ministre.