Geen commentaar: les gouverneurs poussent au boycott de la chaîne publique
Une chronique signée Vincent Rocour.

- Publié le 28-08-2022 à 10h32
- Mis à jour le 16-09-2022 à 23h02

Ce mardi, au cours d'une conférence de presse aux allures de grand barnum, la VRT a présenté les nouvelles grilles de ses programmes tant en télévision qu'en radio. Il fallait, de toute évidence, répondre à une injonction assez paradoxale : moderniser l'offre audiovisuelle de la VRT tout en mettant en œuvre un plan de transformation qui devrait, à terme, coûter leur emploi à 200 personnes.
Le changement le plus spectaculaire de la nouvelle grille radio de la VRT, c'est incontestablement la suppression, dès 2023, de la matinale d'informations régionales décentralisée sur Radio 2 et son remplacement par une émission combinant infos locales et divertissement, diffusée sur tout le territoire de la Flandre.
C'est le présentateur vedette Peter Van de Veire qui pilotera le nouveau rendez-vous, de 6 à 9 heures du matin. L'homme est chanteur, DJ, acteur et, surtout, animateur de renom. Il est notamment le monsieur Eurovision en Flandre, qui commente le grand rendez-vous musical pour la télévision depuis des années. Peter Van de Veire ne sera pas dépaysé puisque, pendant 13 ans, il a animé la matinale de MNM, la radio de jeunes, également de la galaxie VRT.
Boycott de la Flandre profonde
Ce changement a cependant provoqué un véritable séisme dans la Flandre profonde. Cette Flandre, garde-chiourme des patois et des accents locaux, s'est rebellée contre une décision qui "accentuera un peu plus le fossé avec la population". C'est le gouverneur de la province du Limbourg Jos Lantmeeters (N-VA) qui a sonné le premier la charge. "Il y a déjà tellement peu d'informations régionales sur la VRT, a-t-il clamé. Le moins qu'on puisse faire, c'est de boycotter la VRT." Il a été suivi par ses homologues de Flandre occidentale, Carl Decaluwé (CD&V) et de la province d'Anvers, Cathy Berx (CD&V) qui ont fustigé la décision de l'opérateur public.
La direction de la VRT a bien tenté de se justifier en disant que l'info locale est inscrite dans l'ADN de Radio 2 - le pendant de Vivacité - et qu'elle ne disparaîtrait pas de la chaîne. Mais elle n'a pas convaincu les barons locaux qui refusent la mort des décrochages régionaux chaque matin.
Tant la présidente du conseil d'administration Frieda Brepoels (N-VA elle aussi) que le ministre flamand des Médias Benjamin Dalle (CD&V pour sa part) ont dès lors dû promettre qu'une concertation serait organisée avec les gouverneurs.
L'issue du bras de fer semble incertaine. En 2015 déjà, la VRT avait voulu fermer, pour des raisons budgétaires, les cinq antennes radios régionales. Mais les gouverneurs l'avaient - déjà - contrainte de faire marche arrière.