Logement : la nouvelle coalition bruxelloise promet des incitants pour les propriétaires qui appliquent le loyer de référence
Pas de grand chamboulement dans la politique de logement du nouveau gouvernement même si de nouveaux outils devraient arriver pour faciliter l'accès à la propriété et encourager les bailleurs à ne pas pratiquer de loyer abusif.

- Publié le 21-02-2026 à 17h59

En matière de logement, l'accord du nouveau gouvernement bruxellois a misé sur la continuité. Peu de nouvelles mesures sont sur la table. On peut toutefois noter la création d'"une politique de conventionnement volontaire sur base des loyers de référence avec des incitants nouveaux à la clé pour les propriétaires qui choisissent de s'inscrire dans ce cadre".
Autrement dit, les bailleurs qui choisiront d'appliquer le loyer de référence auront droit à des incitants. Fiscalité ? Primes ? Aucun détail encore sur ces mécanismes.
Une réforme de la grille indicative des loyers était déjà dans les cartons. Le nouveau gouvernement la confirme.
La justesse du loyer de référence a pourtant largement fait débat au cours de la mandature passée. Une réforme de la grille indicative des loyers était déjà dans les cartons. Le nouveau gouvernement la confirme : "La Région poursuivra l'élaboration d'outils permettant d'obtenir une information statistique transparente sur les loyers médians à l'échelle des différents quartiers et d'établir un référentiel permettant d'identifier les loyers qui ne sont pas en phase avec le marché afin de lutter contre les loyers abusifs."
Le gouvernement s'engage aussi à développer "de nouveaux outils financiers et législatifs innovants (prêts à taux réduit ou à taux zéro, "revolving funds", prêts en second rang, démembrement de droits réels, habitats partagés, options, garanties, etc.) en vue de permettre à davantage de personnes un accès à la propriété."
Parmi les nouveautés, on retrouve le doublement de la prime Be Home. Cette prime régionale automatiquement déduite du précompte immobilier est uniquement destinée aux propriétaires qui occupent leur bien. Elle passera de 160 à 320 euros.
La réforme du financement du logement social arrive à grands pas
Pour le reste, l'accord reste assez flou et dans la droite ligne de ce qui existait déjà. Selon la RTBF, un accord a été conclu pour renflouer la Société du logement de la Région Bruxelles-Capitale (SLRB, en charge des logements sociaux) à hauteur de 400 millions d'euros.
La réforme du financement du logement social, promise par la précédente mandature, devra voir le jour. La première version préparée par l'administration doit arriver en mars prochain sur la table du gouvernement. Il s'agira donc d'un des premiers dossiers chauds du jeune gouvernement. Sur la table des discussions, on retrouvera, la vente de logements sociaux pour renflouer les caisses mais aussi une potentielle augmentation des loyers. Notons que la présidence de la SLRB est aujourd'hui vacante et que l'administrateur délégué de cette société est lui aussi absent.
La rénovation des logements sociaux reste indiquée dans la note de l'accord mais très brièvement, tout comme la lutte contre les marchands de sommeil et la reconversion de bureaux en logements.
L'allocation loyer (versée aux ménages qui pourraient prétendre un logement social mais qui n'y ont pas accès) et la socialisation de logements (logement privé qui passe dans le parc social via une convention) restent mentionnées comme des mesures qui permettront de "faire reculer la précarité – et le risque de précarité – et de renforcer l'accessibilité au logement".
Les expérimentations déjà existantes de "démembrement de droit réel" pour faciliter l'accès à la propriété seront également poursuivies. On parle ici de dissocier le bâtiment du foncier. L'acheteur achète la brique mais pas le terrain ce qui réduit le prix d'achat.
Les agences immobilières sociales mobilisées
Les agences immobilières sociales, un secteur pourtant en crise puisque de moins en moins attractif pour les bailleurs qui préfèrent laisser leurs biens sur le marché privé, sont aussi mentionnées dans l'accord comme un outil à mobiliser. Mais pas de réforme du dispositif au programme. Juste un "renforcement."
La MR annonçait ce jeudi vouloir miser sur une meilleure articulation entre création de logements publics et privés. "Une augmentation de l'offre de logements privés réduira la pression sur les loyers", nous expliquait un libéral. Et ce point figure en effet dans l'accord. "Il conviendra de lever les barrières qui nuisent à la maximisation de l'offre en matière de logement (simplification administrative, délai de permis,…)" Ici les mesures sont plus précises.
Sans abris et logement d'urgence : peu de détails
"En matière de logement et d'accueil d'urgence, une politique d'occupation temporaire volontariste des bâtiments inoccupés pourra être actionnée", comme c'est déjà le cas aujourd'hui. "Le gouvernement veillera à développer des politiques de prévention pour éviter la perte d'un logement mais également le renforcement des politiques d'urgence et de réinsertion grâce à une meilleure coordination et opérationnalisation des acteurs." Ici encore, peu de détails.