Engie a notifié l'arrêt définitif de Tihange 1 auprès du gendarme du secteur nucléaire
Quand sa demande aura été acceptée, Engie pourra lancer les opérations de préparation au démantèlement.
- Publié le 10-09-2025 à 17h54
- Mis à jour le 10-09-2025 à 18h01

Selon nos informations, Engie a officiellement envoyé à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) la "notification de cessation d'activités" du réacteur Tihange 1.
"Ce document est en cours d'approbation, nous explique Mélanie Boulanger, porte-parole de l'AFCN. L'objectif est d'approuver la notification avant le 30 septembre, date de la mise à l'arrêt définitif de Tihange 1".
Une fois qu'il aura reçu cette approbation de l'AFCN, le groupe Engie sera autorisé à préparer le démantèlement de Tihange 1. Et cela alors que le gouvernement De Wever souhaite toujours prolonger la durée d'exploitation du réacteur.
Le gouvernement pas impliqué
La "notification de cessation d'activités" est un document permettant de valider les actions prévues par Engie après l'arrêt définitif de Tihange 1, prévu le 1er octobre prochain. Notons que l'approbation de ce document ne nécessite ni l'aval du gouvernement fédéral ni du conseil d'administration de l'AFCN. "Cela relève uniquement de la compétence de l'AFCN", nous précise Mélanie Boulanger.
A priori, aucune intervention politique ne pourra donc empêcher l'AFCN d'approuver ce document. Du moins si les exigences de sûreté nucléaire sont respectées par Engie. "Pour rappel, l'exploitant a indiqué le souhait de démanteler Tihange 1, l'AFCN suit ce processus", précise Mélanie Boulanger.
Que pourrait entreprendre Engie s'il reçoit cette approbation de l'AFCN ? Le démantèlement, proprement dit, de Tihange 1 ne pourra pas commencer tout de suite (un permis de démantèlement devra être délivré plus tard). Ce sont plutôt des activités préparatoires au démantèlement qui pourraient commencer : "déchargement du cœur, nettoyage des systèmes qui ne sont plus nécessaires, évacuation de produits dangereux et d'outils, aménagement de la salle des machines"…
Or, selon nos informations, certaines actions pourraient rendre impossible la reprise du réacteur par d'autres acteurs qu'Engie. Rappelons que le groupe français EDF, actionnaire à 50 % de Tihange 1, a été approché.
Ceci dit, des négociations ont lieu entre Engie et le cabinet du ministre de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR). Le libéral va-t-il réussir à convaincre Engie de postposer les opérations de préparation au démantèlement ? À suivre… Aux dernières nouvelles, Engie voulait avancer selon le planning initial.
Notons enfin que certaines actions, comme la démolition des tours de refroidissement de Tihange 1 et 2, nécessiteront de recevoir un permis de la Région wallonne.
