Maroc - Espagne : on calme le jeu

La diplomatie a paru reprendre ses droits mardi dans la crise qui oppose le Maroc et l'Espagne à propos de l'îlot Leila (Perejil), sur la côte méditerranéenne, après un geste d'ouverture marocain et les exhortations de l'Union Européenne en faveur de la reprise du dialogue. Ce déblocage diplomatique s'est esquissé malgré le refus réitéré du Maroc de retirer ses soldats déployés sur le rocher contesté, proche de sa côte nord. Cette présence avait suscité des protestations conjuguées de l'Espagne et de l'Union Européenne

Belga et AFP
Maroc - Espagne : on calme le jeu
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La diplomatie a paru reprendre ses droits mardi dans la crise qui oppose le Maroc et l'Espagne à propos de l'îlot Leila (Perejil), sur la côte méditerranéenne, après un geste d'ouverture marocain et les exhortations de l'Union Européenne en faveur de la reprise du dialogue.

Ce déblocage diplomatique s'est esquissé malgré le refus réitéré du Maroc de retirer ses soldats déployés sur le rocher contesté, proche de sa côte nord. Cette présence avait suscité des protestations conjuguées de l'Espagne et de l'Union Européenne.

Le ministre marocain des Affaires étrangères Mohamed Benaïssa a annoncé mardi sur la BBC son intention de contacter son homologue espagnole, Ana de Palacio, pour tenter de "résoudre par le dialogue" le différend qui a éclaté le 11 juillet avec l'installation d'un "poste de surveillance" marocain sur l'îlot.

M. Benaïssa, dans ce geste d'ouverture, a appelé de ses voeux une reprise de contact directe pour "trouver une solution par le dialogue, par la voie diplomatique". De son côté, le gouvernement espagnol a assuré mardi qu'il entend "épuiser tous les recours diplomatiques" avant de "prendre une quelconque décision" dans la crise qui l'oppose à Rabat.

L'Union Européenne, de son côté, a atténué mardi la formulation de sa position, estimant qu'"il appartient maintenant aux diplomates de trouver la solution" au différend, tout en rappelant sa "solidarité" avec l'Espagne qui reste "tout à fait claire". L'expression "contentieux territorial" a ainsi remplacé, dans la déclaration de Gunnar Wiegand, un porte-parole européen, les allusions très fermes de la Commission à la "violation de l'intégrité territoriale espagnole". "C'est aux diplomates de faire leur travail", a insisté ce porte-parole, en estimant que "cela a commencé au niveau adéquat", et en se refusant à "d'autres commentaires sur le sujet".

La commission des Affaires étrangères du Parlement européen (PE) et la délégation parlementaire pour les relations avec le Maghreb ont annoncé le même jour la tenue d'une réunion extraordinaire conjointe le 23 juillet pour examiner la situation sur l'îlot. Interrogé sur la position de l'Union Européenne, le chef de la diplomatie marocaine s'était dit "persuadé" que l'UE "comprendra les arguments historiques et juridiques" que son pays allait fournir. Il s'est étonné que Bruxelles n'ait pas "demandé la version marocaine des choses", avant de réagir comme elle l'a fait.

La crise diplomatique entre Rabat et Madrid a éclaté après le déploiement par le Maroc d'une douzaine de soldats sur l'îlot, un rocher situé à moins de 200 mètres de la terre ferme marocaine, et à quelques kilomètres de l'enclave espagnole de Ceuta. L'Espagne a estimé que la militarisation de l'îlot rompait un "statu quo" existant depuis 1991. Tout en réaffirmant la volonté de "dialogue" de son pays, Mohamed Benaïssa avait estimé que l'îlot de Leila "ne fait pas partie du contentieux territorial subsistant entre le Maroc et l'Espagne au sujet des enclaves qui demeurent sous occupation espagnole sur la côte nord du Maroc".

Le chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, avait déclaré lundi que son pays "n'acceptera pas les faits accomplis" sur cet îlot. Il avait estimé que l'arrivée des soldats marocains "ne fait que détériorer les rapports" entre Madrid et Rabat.

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